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Canicule
Canicule : surmortalité inédite en porc et volailles avec 260 tonnes de cadavres en trois jours

La canicule a entraîné une mortalité exceptionnelle dans les élevages de la Manche : 260 tonnes de volailles porcs en trois jours, conduisant les éleveurs à enfouir les cadavres sur place sous certaines conditions. Une catastrophe économique pour les éleveurs.

Dans la Manche, les élevages avicoles ont enregistré de lourdes pertes.
Dans la Manche, les élevages avicoles ont enregistré de lourdes pertes.
© SB

Les cadavres se ramassent à la pelle, notamment en élevage porcin et avicole. Dès les premiers coups de chaleur, les producteurs de volailles et de porcs savaient qu'ils seraient fortement impactés.

Une catastrophe

Le 24 juin, au lendemain de la première journée de vigilance rouge, Lucie Morin, présidente de la section avicole de la FDSEA, a contacté les adhérents de la section pour faire un état. " C'est une catastrophe ", déplore-t-elle. Pour les volailles, au-delà de 37 °C, c'est difficile. Le point de fléchissement est à 38 °C. " Or, nous avons eu le 23 juin 39 °C dans le bâtiment ", confie-t-elle. Résultat, elle enregistre une perte de 7,5 % du lot. " Pourtant, nous avons des surfaces ombragées ", explique-t-elle.

De lourdes pertes économiques

Mais l'air extérieur conduit les poules à se réfugier dans les bâtiments. " Elles cherchent la fraîcheur, s'entassent et meurent par étouffement. Le pire, c'est qu'il n'y a rien à faire ", ajoute-t-elle. " C'est sans compter la perte économique ", se désole l'éleveuse qui s'est installée il y a un an avec son père. Au total, c'est "une trentaine d'élevages avicoles et une dizaine d'élevages porcins qui sont impactés dans la Manche", note Pol Kermorgant, directeur de la DDPP (protection des populations).

Sur les trois premiers jours de canicule, Atemax comptabilise 520 tonnes de cadavres contre 141 tonnes l'année précédente. Ce qui correspond à une évolution de 368 %.

Un mardi noir

Pour l'entreprise d'équarrissage, le 23 juin a été une journée noire avec 93 tonnes de volailles, 49 tonnes de porcs et 79 tonnes de bovins. " Nous sommes passés dans la Manche sur 6 jours de 313 tonnes en 2025 à 810 tonnes en 2026 sur la même période correspondant à un bond de plus de 250 %", indique l'entreprise. "Nous aurons livré 500 tonnes de matière en enfouissement chez Séché Environnement basé à Changé (Mayenne) et fait collecter environ 200 tonnes dans des élevages de Mayenne, Sarthe, Orne, Calvados et Manche", poursuit-il.

Eviter les enfouissements sauvages

Tous les animaux n'ont pas pu être collectés, conduisant la DDPP à accorder des autorisations d'enfouissement sous conditions. Les derniers chiffres atteignent 28 autorisations en volailles et 10 en porcs.

Un site de poules pondeuses dans le centre Manche a déploré la perte de 50 000 poules pondeuses correspondant à 60 tonnes. Le dimanche, elles ont pu être acheminées vers l'entreprise mayennaise. Depuis samedi 27 juin, un autre site à Pétosse, à l'est de Niort (Vendée), a réouvert avec une capacité de 5 000 tonnes.

"Ce sont des situations très pénibles à vivre pour les exploitants comme nos salariés agricoles ", reconnaît François Rihouet.

Pour Marc Chappuis, préfet de la Manche, " on est tous conscients de la nécessité d'agir ". "Car il faut éviter des enfouissements sauvages", insiste Hervé Marie, président du GDS.

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