Aller au contenu principal

Clotilde Hareau, présidente de CAPTAGES 14
Captages “grenellisés : attendre que les textes sortent au niveau national

Christian Leyrit, Préfet de Région, a réuni le 11 juin dernier son administration, les représentants des syndicats d’eau et de la profession agricoles (toutes tendances confondues), mais aussi parlementaires et collectivités territoriales. Objet de cette invitation datée du 31 mai : “évoquer la particularité de certains dossiers liés à la protection de la ressource en eau, notamment la procédure de déclaration d’utilité publique en cours sur les secteurs de Moulines et Tournebu”. Bilan de ce tour de table avec Clotilde Hareau, présidente de CAPTAGES 14.

“Pour les captages “grenellisés”, le Préfet nous a rassuré en nous précisant qu’il fallait attendre que les textes sortent au niveau national.”
“Pour les captages “grenellisés”, le Préfet nous a rassuré en nous précisant qu’il fallait attendre que les textes sortent au niveau national.”
© TG

Dans quel état d’esprit êtes-vous après cette réunion d’échanges ?
Alors que notre association n’a que 4 mois d’existence, j’ai le sentiment que nous avons été entendus et écoutés. Je tiens à en remercier Monsieur le Préfet de Région. L’autre motif de satisfaction, c’est que nous étions tous autour de la table : tous les représentants du monde agricole mais aussi tous les acteurs du dossier eau. 

Les projets d’arrêtés de protection autour des captages d’eau sont en cours d’écriture. Où en sommes-nous exactement ?
On comptabilise dans notre département 315 captages utilisés, 239 procédures sont terminées et 61 autres doivent impérativement être finalisées avant la fin de l’année. Rappelons que ces arrêtés sont écrits par l’ARS (Agence Régionale de Santé anciennement DDASS). L’une de nos revendications est d’y avoir accès avant qu’ils ne soient soumis à enquête d’utilité publique. C’est ce que nous avons obtenu concernant le projet de Moulines. Nous avons ainsi pu faire remonter nos observations. Il en est aujourd’hui à sa 3éme reécriture.

Vous avez obtenu des avancées significatives ?
Oui mais il faut rester très vigilant et précis quand à l’interprétation des textes. Concernant les périmètres rapprochés, le projet Moulines stipule “l’interdiction de tout point d’affouragement ou d’abreuvement permanent à moins de 200 mètres des limites des périmètres de protection immédiate des ouvrages. L’abreuvement et l’affouragement à partir d’installations mobiles restent possibles sous réserve du maintien d’un couvert végétal en bon état”. L’interdiction n’est pas levée mais abreuver et affourager sont autorisés sous conditions. C’est une avancée mais nuancée. 
Autre exemple concernant création, extension ou transformation d’installations regroupant des animaux d’élevage, notamment stabulation et équipements de traite, ouvrages d’évacuation, de stockage et de traitement des effluents et de silos à fourrages. Le même projet indique que “pour être autorisées, les créations et extensions des exploitations dont le siège est situé dans le périmètre de protection rapprochée devront être situées à l’extérieur des zones centrales. Les transformations de bâtiments d’élevage sans extension restent possibles”. Il faut donc rester très vigilant sur la lecture de ces projets.

Quelle est l’articulation entre ces arrêtés (définitifs ou en projet) et la Charte pour la mise en œuvre de nouveaux points d’eau et des périmètres de protection signée en juin 2006 ?
Je tiens a signaler que cette charte, signée par le Conseil général, la Chambre d’Agriculture, l’Union des maires et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, a le mérite d’exister. Son écriture a démarré en 2002, les choses ayant évolué, il est normal qu’elle soit aujourd’hui revue. D’autant plus que le comité de suivi, censé se réunir deux fois pas an, ne s’est jamais retrouvé autour d’une table. La volonté de CAPTAGES 14 est donc de faire évoluer cette charte. 
Quant à sa vocation première, c’est de fixer les indemnisations financières compensant les préjudices subis. Les nouveaux arrêtés sont plus restrictifs, les indemnisations doivent être à la hauteur et, bien entendu, s’inscrire dans la durée. CAPTAGES 14 compte bien peser dans les négociations.

Au delà des périmètres de captage, la politique de l’eau concerne également les bassins versants. La problématique est-elle identique ?
Pour les captages “grenellisés”, l’échéance est un peu plus lointaine : 2012. Il s’agit d’édicter des mesures de préservation de la ressource en eau dans des secteurs définis par l’Agence de l’Eau. Le Préfet nous a quelque peu rassurés lors de notre réunion du 11 juin dernier en nous précisant “qu’il fallait attendre que les textes sortent au niveau national”. Néanmoins, je suis inquiète sur un point. C’est la DDTM, donc l’administration agricole, qui tient la plume. La préservation des ressources en eau ne concernerait-elle que les agriculteurs ? J’ai l’impression que l’on stigmatise notre profession alors que cela fait des années que nous travaillons dans le bon sens. Nous réclamons par ailleurs un état des lieux de la qualité des eaux à un point zéro pour savoir d’où l’on part et où on veut nous amener. C’est un passage obligé pour appréhender ensuite les questions d’indemnisation.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Marie Lecardonnel n'a pas pu se séparer d'un morceau d'obus conservé dans une boîte recouverte de l'inscription "morceaux de bombe ou d'obus ramassé dans la cour par Clermont Lecardonnel".
[EN PHOTOS] A 101 ans, Marie Lecardonnel reste un témoin précieux
A 101 ans, Marie Gires Lecardonnel, retraitée du monde agricole à La Chapelle-Enjuger, a mis sur papier ses récits authentiques d…
Bertrand Detroussel a consacré 43 ans de sa vie au service de la commune de Neuilly-le-Bisson. Lors des municipales en mars 2026, il a rendu son écharpe de maire.
Bertrand Detroussel : 42 ans au service de Neuilly-le-Bisson
Nous consacrons cette série aux anciens maires ornais qui ont un lien avec l'agriculture. Place à Bertrand Detroussel,…
Retraité d'Agrial depuis juin 2025, Ludovic Spiers est à la tête de la Communauté de communes de la Baie du Cotentin.
Ludovic Spiers, de directeur d'Agrial à président de la Communauté de communes de la Baie du Cotentin
A la Communauté de communes de la Baie du Cotentin, depuis le 9 avril, Ludovic Spiers succède à Jean-Claude Colombel à la…
Béatrice Caplet et Thierry Bizeul : "ce Bachelor agro permet d'acquérir diverses compétences relatives au management d'une exploitation agricole dans un contexte de transition. Il permet de développer ses compétences en stratégie d'entreprise et de pilotage de projet, de se préparer à accompagner et seconder des exploitants dans leur fonction de dirigeant".
Au Campus du lycée de Sées : un Bachelor agro à la rentrée
Un Bachelor agro (Entreprendre, Accompagner et Manager en agriculture) ouvre à la rentrée prochaine au Campus Terre et Avenir du…
Le Syndicat Charolais du Calvados organise sa troisième édition des portes ouvertes.
Le grand retour des portes ouvertes du syndicat Charolais du Calvados
Le Syndicat Charolais du Calvados organise sa troisième édition des portes ouvertes. Les rencontres ont lieu cette fois-ci sur…
La remise de La Croix de commandeur dans l'ordre du mérite agricole à Gilles Beaufils s'est faite en mairie de Moyon, mairie qu'il a côtoyée pendant plusieurs décennies.
Promu commandeur dans l'ordre du Mérite Agricole, Gilles Beaufils reste humble
À 84 ans, Gilles Beaufils, ancien maire de Moyon pendant 30 ans, a reçu des mains du député Philippe Gosselin, parrain pour l'…
Publicité