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Carottes : les producteurs suspendus à la dérogation

Le 28 avril dernier, Philippe Jan, producteur de légumes à Créances et particulièrement de la carotte de Créances, élu de la commune et membre du conseil d’administration de Légumes de France, a interpellé le ministre de l’Agriculture sur la dérogation de 120 jours pour l’application du dichloropropene contre le nématode sur les carottes. Une dérogation attendue et espérée pour l’avenir de la production.

Philippe Jan a interpellé le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, sur la dérogation tant attendue des producteurs de carottes pour pouvoir désinfecter les sols.  DR
Philippe Jan a interpellé le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, sur la dérogation tant attendue des producteurs de carottes pour pouvoir désinfecter les sols. DR
© SB

llll Depuis le 10 avril, les producteurs de carottes ont demandé au gouvernement français une dérogation de 120 jours pour l’application du dichloropropene contre le nématode sur les carottes. Désormais, « ils sont suspendus à cette décision gouvernementale », explique Philippe Jan, producteur de carottes à Créances et membre du conseil d’administration de Légumes de France.

Un engagement présidentiel
Alors, lors du déplacement du ministre de l’agriculture à la fête du bulot à Pirou le 28 avril, Stéphane Travert, le producteur l’a interpellé dans le but que la décision soit prise rapidement. « Chaque jour qui passe est un jour de trop », déplore Philippe Jan. « Pour le moment, il n’y a aucun produit de substitution pour désinfecter nos sols. Or, le président de la République, Emmanuel Macron, s’était engagé au Salon de l’agriculture à nous trouver une solution ou à nous laisser notre produit s’il n’y avait pas d’alternative. C’est le cas aujourd’hui, mais la décision se fait attendre », note-t-il.

Une filière en danger
Le temps presse pour deux raisons : avant le 15 mai, date de clôture de la PAC, les producteurs doivent déclarer leur production. Et après le 6 juin, « il n’est plus possible de faire de la carotte enrobée », se désole Philippe Jan. « Si cela continue, on ne sait pas si on va pouvoir emblaver un kg de carotte », poursuit-il. Sans dérogation ou alternative, c’est toute une filière qui est en danger.

Un produit maîtrisé
Le dichloropropene un produit qui « est très bien maitrisé », souligne le producteur, autorisé dans d’autres pays comme l’Espagne.  Un produit qui « n’a aucun effet. Des analyses d’eau et d’air ont été réalisées. Un appareil a été installé pour mesurer le taux de pesticide dans l’air pour les habitants. Tout est pris en compte » assure Philippe Jan. 

Faire vivre le territoire
Si la dérogation est acceptée, il faudra attendre encore 14 jours pour pouvoir semer. Or, la carotte enrobée est autorisée jusqu’au 5 juin. Le temps est donc compté. « On veut un droit à produire et à faire vivre nos exploitations et la filière carotte », conclut-il, exprimant l’inquiétude de ses collègues et du territoire qui vit de la carotte.

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