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Parole de Jeune Agriculteur
“Ce sera difficile de lâcher”

Loïc Donval, 26 ans, qui cherche activement une ferme dans l’Orne pour s’installer, mène de front, emploi salarié agricole à temps plein, vie de famille, pompier volontaire, ainsi qu’un petit atelier allaitant.

© AD

Tout jeune père de famille d’un petit garçon de quatre mois, salarié agricole, pompier volontaire et éleveur d’un petit troupeau allaitant, Loïc Donval, 26 ans, également président des Jeunes Agriculteurs du Canton de Trun, trouve encore du temps pour rechercher activement une exploitation afin de s’installer. Sa future ferme, Loïc la voudrait idéalement à dominante, grandes cultures et vaches allaittantes. Et faire naître des veaux. “Je ne vois pas les vêlages comme une contrainte. Gérer les accouplements, les naissances, le renouvellement, et faire progresser mon troupeau ; c’est cela qui me plait et que je trouve intéressant dans l’élevage”.

Intérêt pour la génétique
Loïc Donval s’est d’ailleurs déjà constitué un petit troupeau allaitant, limousin et charolais sur les terres de son grand-père. Pour progresser, le jeune éleveur a recours à l’insémination artificielle. Il s’intéresse aussi de près aux nouvelles technologies dans le domaine, les semences sexées entre autre. 
Le jeune éleveur s’est assez vite orienté vers des études agricoles. Après un BEPA agro-équipement, il réalise un bac pro CGEA (conduite et gestion des entreprises agricoles) en apprentissage. “J’ai la passion du métier depuis tout petit, explique t-il. Dans  la famille, il y a des agriculteurs depuis des générations”. Pourtant, Loïc n’a malheureusement pas de ferme familiale à reprendre et c’est “hors cadre” qu’il doit effectuer ses recherches.

Convention avec l’employeur
Actuellement salarié d’une exploitation polyculture-élevage (lait et viande), à un jet de pierre de son domicile Félois, Loïc pratique le métier à temps plein. Une convention passée avec son employeur lui permet, en cas d’urgence, d’être appelé, sur son temps de travail, par le centre de secours de Chambois. Car Loïc Donval est pompier volontaire. Un engagement qu’il n’a pas quitté depuis l’adolescence, lorsqu’il s’est lancé pour suivre le premier cycle de formation. “A l’école, j’avais passé le brevet de secourisme et cela m’avait beaucoup plu, se remémore Loïc. Ensuite, c’est l’exemple d’un de mes cousins, qui a fini de me convaincre”. Secours à la personne, incendies, accidents de la route, ... En neuf ans d’engagement, Loïc a été amené à intervenir dans de nombreuses situations différentes, même si “le gros” des missions reste l’assistance à la personne. 

Heureusement, on n’est pas tout seul
Loïc est désormais coutumier des missions en tant que pompier, mais il y a toujours cette petite montée d’adrénaline lorsque son bip vient à sonner. Le bip ? C’est le petit appareil électronique noir que Loïc garde toujours près de lui et qui l’appelle en cas d’urgence. “L’appareil donne très peu d’informations, remarque le jeune éleveur. On ne sait jamais réellement sur quoi on va tomber. Heureusement, on n’est pas tout seul, on est une équipe, et on s’entend bien. Ça aide”.

Sous-effectif
Permis jaune pour les ambulances, permis poids lourd pour le camion incendie. Aujourd’hui, Loïc est habilité à un grand nombre d’interventions et c’est souvent lui qui conduit. “C’est un peu de stress en plus d’emmener les collègues en mission. On se sent encore plus responsable”, explique t-il. Le centre de secours de Chambois regroupe 18 pompiers volontaires. “C’est un peu juste, on aimerait bien être quelques-uns en plus”, souligne Loïc. Les effectifs permettent malgré tout de constituer quatre équipes et de se répartir les gardes. Loïc n’est d’astreinte “qu’un” week-end sur quatre, avec comme contrainte de ne pas pouvoir s’éloigner à plus de cinq minutes de la caserne.
Si son projet d’installation se concrétise, Loïc entrevoit que ce sera certainement difficile de continuer à tout mener de front. Il a déjà envisagé l’hypothèse de mettre son engagement chez les pompiers entre parenthèse. “Ce sera certainement difficile de lâcher, mais je n’aurais certainement pas trop le choix”.­­

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