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Cédric Babin, n’envisage pas son travail sans un chien de troupeau

Après un cursus de formation équin et une expérience professionnelle dans ce milieu, Cédric, 38 ans, marié et papa d’une petite fille, décide de s’installer. Ainsi, en 2014, il met en place un système d’élevage multi espèces (volailles de chair et bovins viande) pour lequel il s’est doté d’un chien Border Collie.

Cédric a instauré un climat de confiance avec sa chienne.
Cédric a instauré un climat de confiance avec sa chienne.
© CRAN

>> D’où t’est venue l’idée du chien de troupeau ?
Mon projet consistait principalement à produire et commercialiser des volailles de chair bio. J’envisageais des bâtiments mobiles posés sur des parcours herbeux. Mais j’habite à 7 km de l’exploitation. Très vite, la question s’est posée de la rentrée des volailles le soir, surtout durant l’été. Je voulais éviter de revenir sur l’exploitation pour les enfermer.
>> Comment t’es-tu procuré ton premier chien ?
J’avais entendu parler d’éleveurs de la région de Loué qui utilisaient des chiens de troupeau sur poulets.
Jean-Paul, un ami membre de l’Association Bas Normande des Utilisateurs de Chien de Troupeau (ABNUCT) m’a trouvé mon premier chien, Aldo, un Border de 10 ans qui travaillait sur bovins.
Je n’étais pas formé à son utilisation,  mais ce chien m’a rendu service et m’a surtout fait comprendre les bénéfices que je pouvais tirer de son aide. J’ai travaillé avec Aldo quelques années, mais je le voyais vieillir.

>> Que s’est-il passé ensuite ?
Aldo montrait des signes de fatigue. Il fallait que je pense à lui trouver un successeur et le laisser prendre une retraite bien méritée.
J’ai donc cherché un chiot. Denis  Pitel, un formateur agréé par l’institut de l’élevage qui intervient dans les formations « chien de troupeau » que proposent les Chambres d’Agriculture de Normandie m’a indiqué une portée de Border Collie à vendre, près d’Orbec dans le Calvados.
Je me suis rendu sur les lieux et j’ai pu voir travailler les deux parents des chiots. Ça m’a donné confiance.
J’ai « craqué » pour une petite femelle tricolore que j’ai baptisée Mina.
>> Comment as-tu dressé Mina ?
Ma première expérience m’avait montré l’intérêt de travailler avec un chien, mais je buttais sur des situations que je ne savais pas gérer. J’ai donc décidé de m’inscrire à la formation proposée par la Chambre d’agriculture sur le dressage du chien de troupeau.
Pendant les quelques mois qui ont précédé  la formation, j’ai passé du temps avec Mina pour établir de bonnes relations avec elle et la mettre en confiance. Je l’emmenais un peu partout avec moi pour l’éduquer, mais jamais en présence des animaux comme on me l’avait conseillé.
Mina avait 7 mois lorsque je suis allé à la première journée de formation.
Toutes les journées se déroulent sur une exploitation laitière chez Nicolas et Vincent Feret. Ils nous mettent un lot de 6 ou 7 génisses à disposition. On se retrouve ainsi à une dizaine de stagiaires avec nos jeunes chiens.
Denis, le formateur nous explique et réalise les exercices avec son chien après quoi nous essayons de les reproduire. Après chaque passage, il nous corrige et nous conseille.
Avec les autres stagiaires on échange et on voit l’évolution de nos jeunes chiens. Ça nous donne confiance en nous. Ces formations sont très conviviales et permettent à nos chiens de se sociabiliser.
Il se passe 1 mois entre chacune des 4 journées de formation. Ces moments sont importants pour travailler ces exercices à la maison. C’est comme cela que les jeunes chiens progressent.

>> Passais-tu beaucoup de temps au dressage avec Mina ?
Entre les journées de formation, j’essayais de trouver un quart d’heure par jour. Mais plus que le temps, c’est la disponibilité qu’il faut rechercher, être vraiment attentif, calme et patient avec son chien.
A la fin de la formation, les bases sont là, mais le chien progresse toujours si on continue de s’en occuper. Mina a 3 ans. Elle est toujours prête  à apprendre de nouvelles choses si besoin.
Il y a quelque temps, j’ai eu la « visite » d’un renard qui, en plus d’avoir prélevé quelques poulets, a complètement effrayé le lot qui s’est trouvé disséminé dans les alentours. Les 700 volailles se sont cachées dans les broussailles et les ronciers ou se sont  perchées dans les arbres… Un véritable chantier.
J’ai envoyé Mina qui, tranquillement m’a tout regroupé dans un parc.
>> Aujourd’hui, comment travailles-tu avec Mina ?
Je n’imagine même pas partir au travail sans elle. Elle m’aide dans toutes les tâches auprès des animaux. Quand j’alimente les volailles dans les bâtiments, j’ouvre la porte et aussitôt, Mina se poste pour éviter que les animaux ne sortent. Ainsi, je rentre et sors avec mes seaux sans me soucier.
Lorsque je dois rentrer un lot que ce soit des poulets, des pintades, des oies ou des dindes, Mina me fait le travail en douceur, mais de façon efficace et quel que soit l’heure dans la journée. C’est très confortable.
J’ai également toujours quelques bovins viande que je déplace d’une parcelle à l’autre ou que je rentre en bâtiment pour la prophylaxie. Toutes ces manipulations je les fais seul avec Mina. Déplacer un lot d’animaux n’est jamais une corvée, je suis tranquille car je sais que ça se passera toujours bien.

>> Que dirais-tu à un éleveur qui se pose la question d’un chien de troupeau ?
Pour moi il n’y a pas d’hésitation, je n’envisagerais pas de travailler sans chien. Mina a 3 ans et elle a encore de  belles années devant elle, mais j’aimerais  lui faire faire une portée et garder un chiot.
C’est un vrai plaisir de travailler avec un chien. J’ai une telle complicité avec Mina. Elle est toujours prête à partir et ça rend les tâches d’astreinte tellement plus agréables.
J’ai en permanence 2 à 3000 volailles sur le site. Rien que pour les rentrer, sans chien, il me faudrait  près d’1h30 par jour. Avec Mina, en 15 à 20 minutes c’est fait…
Quand on a goûté au chien de troupeau on ne revient pas en arrière. Mais l’éducation et le dressage sont des étapes importantes qu’il ne faut pas rater. La formation m’a beaucoup apporté.  En 2018 j’ai suivi une seconde formation pour me perfectionner. Ces 2 jours m’ont permis de faire le point et de progresser.

Contacts
Dans le Calvados : Céline Poret
c.poret@calvados.chambagri.fr - 02 31 68 95 20
Dans la Manche : Valentine Le Velly
vlevelly@manche.chambagri.fr - 02 33 95 46 14
Dans l’Orne : Pascal Moreau
pascal.moreau@orne.chambagri.fr - 02 33 62 28 84

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