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Céline Lemasurier : « on ne peut rien faire seul »

A 39 ans, Céline Lemasurier, installée avec son mari, sur une exploitation laitière à Soulles, s’investit dans les élections de la Chambre d’agriculture pour participer à la défense de son métier.

© SB

>> Devenir agricultrice, c’était une évidence pour vous ?
Je suis fille d’agriculteur et mon mari aussi. Nous sommes tous les deux passionnés par les animaux. Nous avions l’idée d’être à la tête de notre troupeau. Il fallait juste trouver le bon endroit. J’ai d’abord été dix ans salariée à la fois chez mes parents et au marché au cadran de Moyon, comme bouvier l’été puis commerciale. Je ne voulais pas m’installer seule. Comme j’avais un BTS Acse, j’ai pu m’installer. Et mon mari, qui était magasinier agricole, a repris une formation adulte, un BP REA. Et nous avons franchi le pas en 2012.

>> A quoi ressemblait votre exploitation à votre installation et quel outil souhaiteriez-vous transmettre ?
Quand nous avons voulu nous installer, nous avons visité plusieurs exploitations grâce au RDI (répertoire départ installation). Et nous avons trouvé notre ferme. Les herbages nous plaisaient beaucoup. C’était un point important parce que nous voulions que le pâturage soit essentiel dans l’alimentation de nos vaches. Nous nous sommes installés sur 56 ha pour atteindre 86 ha aujourd’hui, avec 85 vaches Prim’Holstein.  Nous avons réalisé des travaux dont un bloc traite (2 x 8 traite arrière). Et comme les bâtiments sont vieillissants, nous envisageons de faire une stabulation. C’est un projet qui demande encore un peu de temps.

>> Vous êtes engagée dans ces élections professionnelles, quelles sont vos motivations ?
Tout d’abord, je suis adhérente à la FDSEA et présidente du syndicat communal. La défense de notre profession est importante surtout quand on voit que nous sommes de moins en moins d’agriculteurs. Si on veut obtenir des avancées pour notre profession, il faut être unis. On ne peut rien faire tout seul. C’est ce qui me motive.

>> A votre voisin qui n’est pas plus motivé que cela pour aller voter, que lui dites-vous ?
Le vote est tout d’abord un droit que nous avons. Il faut le conserver. Et pour cela il faut l’utiliser. C’est un moyen de s’exprimer et de défendre notre profession. Nous ne sommes pas toujours bien vus ou bien compris par la société. Alors, nous nous devons pouvoir voter pour se faire représenter et faire avancer les choses.

>> Si vous êtes élue, sur quel (s) dossier (s) souhaiteriez-vous travailler ?
Deux dossiers me tiennent à cœur à savoir l’installation des jeunes et la formation. L’installation permet d’assurer le renouvellement des générations. C’est important pour la poursuite de nombreuses exploitations. La formation est aussi un domaine à ne pas négliger. J’ai pu me former à différentes étapes. C’est un avantage pour nous, chefs d’exploitations, qui sommes seuls face à nos responsabilités. C’est l’occasion d’évoluer dans nos pratiques, dans nos réflexions.

>> Au-delà, quel doit être le rôle d’une Chambre d’agriculture ?
La Chambre d’agriculture est au service des agriculteurs, des éleveurs. J’ai pu pousser des portes notamment du service bâtiment, juridique, formation… Elle est là pour nous informer et pour apporter une vision de l’avenir de l’agriculture. C’est un lieu d’échange autour du développement de l’agriculture.

>> Quelle est la question que l’on ne vous a pas posée mais à laquelle vous auriez souhaité répondre ?
L’image de l’éleveur doit être défendue. C’est une nécessité face aux détracteurs et aux images qu’ils font véhiculer. Des images qui ne sont pas représentatives du monde agricole français. On nous prend pour des assassins alors que nous sommes éleveurs avant tout. Et on sait très bien que des animaux bien traités donnent plus de lait, une meilleure viande… Nous avons l’agriculture la plus sécurisée et qui prend en compte le bien-être animal. On respecte les normes. Il y a une minorité qui nous fait du tort, alors que nous aimons nos animaux.

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