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Céréales d'hiver : les pucerons à surveiller

Malgré un temps plus sec et des nuits fraîches, les conditions météo peuvent encore favoriser les vols de pucerons d'automne. Le réseau normand de surveillance appelle à maintenir la vigilance sur les céréales en cours de levée.

Pucerons sur plantule d’orge d’hiver, potentiellement vecteur du virus de la Jaunisse Nanisante de l’Orge.
Pucerons sur plantule d’orge d’hiver, potentiellement vecteur du virus de la Jaunisse Nanisante de l’Orge.
© Arvalis

Les semis de céréales d'hiver poursuivent leur développement en Normandie, mais la surveillance sanitaire reste de mise. Selon le bulletin de santé du végétal (BSV) céréales n° 2, publié le 28 octobre, les pucerons constituent le principal point de vigilance de la semaine. Le temps annoncé, globalement sec, avec des températures comprises entre 13 et 16 °C l'après-midi, n'exclut pas des créneaux favorables à leurs vols et à la colonisation des parcelles.

Des céréales encore à des stades sensibles

Le réseau a suivi 23 parcelles de blé tendre d'hiver et 12 parcelles d'orge d'hiver. En blé, 43,5 % des parcelles observées sont encore au stade pré-levée, tandis que 43,5 % ont atteint la levée et 13 % présentent une première feuille étalée. En orge, la moitié des parcelles est au stade levée, 25 % sont encore en prélevée, 16,7 % ont une première feuille étalée et 8,3 % ont atteint deux feuilles étalées.

Ces stades précoces imposent de rester attentif aux ravageurs, notamment aux pucerons vecteurs du virus de la jaunisse nanisante de l'orge (JNO).

Des pucerons présents dans trois parcelles

Sur les 17 parcelles de blé et d'orge suivies pour ce ravageur, trois présentent des pucerons, avec entre 2 et 20 % de pieds porteurs. Dans l'Eure, une parcelle de blé semée le 12 octobre affiche 10 % de pieds porteurs. Une parcelle d'orge semée le 5 octobre atteint 20 %, mais il s'agit d'une variété tolérante à la JNO.

Le seuil indicatif de risque concerne les variétés sensibles à la JNO, dépourvues du gène de tolérance. Ce seuil de risque est atteint à partir de 10 % de plantes porteuses d'au moins un puceron, ou lorsque les insectes sont présents dans la parcelle depuis plus de dix jours. La tolérance variétale réduit nettement les pertes de rendement, sans supprimer totalement le risque en cas de forte exposition.

Toutefois, la moitié des observations a été réalisée dans des conditions non optimales. Pour repérer plus facilement les pucerons, les agriculteurs sont invités à privilégier les heures les plus chaudes de la journée. Lorsque les températures baissent, les insectes peuvent se réfugier au collet des plantules et devenir moins visibles.

Les semis précoces, les parcelles abritées, les bordures de bois ou de haies et la proximité de repousses de céréales figurent parmi les situations les plus exposées. La destruction des repousses et des graminées constitue un levier préventif, tout comme le décalage des dates de semis.

Limaces et cicadelles : une pression limitée

Du côté des limaces, une seule parcelle parmi les 20 observées présente des dégâts : 3 % des pieds touchés en Seine-Maritime. Le seuil de nuisibilité n'est pas atteint et aucune limace n'a été capturée dans les deux pièges relevés. Le temps plus sec devrait limiter leur activité en surface, mais les parcelles dont le sol reste humide demeurent à surveiller, particulièrement en présence de mottes, de résidus abondants ou de sols argileux.

Enfin, aucune cicadelle n'a été observée dans les dix parcelles suivies. La fraîcheur devrait freiner leur activité mais les après-midi les plus doux et ensoleillés peuvent encore leur être favorables. Le réseau rappelle que les parcelles semées tôt, ainsi que celles comportant des repousses et des graminées sauvages, méritent une attention particulière.

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