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C’est du bio tout ça

L’agriculture biologique enregistre une expansion phénoménale. Avec des consommateurs de plus en plus demandeurs, le secteur de l’AB en France prend son envol cette année. Du 4 au 13 octobre, Agrobio organise des portes ouvertes dans 9 exploitations bio bas-normandes. Témoignage de Christophe et Arnaud Grière, exploitants à Saint-Ouen-Le-Pin (14).

© MM

« Même à l’époque, j’étais convaincu qu’il y avait de la valeur ajoutée et de l’avenir dans l’AB. Tout passe par la nature, c’était tentant pour moi de m’y diriger », explique Christophe Grière, exploitant laitier, en bio depuis 1998.

Installation

La ferme laitière du GAEC de la Cour Madame de Saint-Ouen-Le-Pin (14) est une exploitation familiale. C’est Christophe qui s’installe en premier en janvier 1995 avec son associé. Lorsque ce dernier part à la retraite, Arnaud Grière rejoint son frère en janvier 2004. « Nous sommes mariés dans le GAEC », s’amuse Christophe Grière. En 1995, la ferme exploitait  96 hectares contre 183 aujourd’hui.C’est en 1996 que la réflexion commence pour Christophe. En pleine crise de la vache folle, de fièvre aphteuse, « C’est Lactalis qui nous a poussés à passer en AB », témoigne l’agriculteur.« Le début était difficile. Comme pour tous. Petit à petit on a pris conscience des choses, on a eu de plus en plus d’herbe. Le plus compliqué est le lien avec le sol, il faut être plus attentif », déclare Christophe Grière.

Aujourd’hui chez les Grière

Les amoureux du bio travaillent avec 120 vaches. Avec un taux de renouvellement assez élevé (environ 120 génisses), l’exploitation se porte bien.Les deux frères travaillent en particulier sur l’amélioration des taux. Ils croisent des Jersiais sur des Montbéliards et Prim’Holstein. « On pense souvent que le plus compliqué va être l’élevage. En réalité c’est le sol qui pose le plus de problèmes. Je me suis rendu compte que la terre se régénère bien plus vite aujourd’hui », souligne Christophe Grière. 173 hectares du GAEC est en prairie (dont 87 % en PN) et 10 hectares sont travaillés en culture (6 de maïs et 4 de féverole/pois). « Il faut toujours redonner du rendement et du potentiel derrière. Aujourd’hui, je dirais qu’il ne faut plus progresser, mais plutôt améliorer l’autonomie », déclare le paysan. La recherche de l’autonomie donc. En 2007, les deux frères investissent dans un séchoir en grange afin d’améliorer la performance de fourrage. « On essaye d’avancer sur des domaines spécifiques. On maximise le séchoir, c’est un produit noble le foin », ajoute Christophe Grière.L’organisation du travail entre les deux frères est irréprochable. « On se partage tout. Un coup c’est lui, l’autre c’est moi. Nous avons pour projet de refaire une salle de traite même si pour le moment, nous sommes entièrement satisfaits en terme d’organisation », admet l’agriculteur bio.Avec 0,3 UTH salarié (environ 4 jours par mois), les frères ont bien l’intention d’embaucher un salarié pour le futur. Un bon investissement qui mérite réflexion.

L’automne sera bio

Du 4 au 13 octobre, ce sont donc 9 exploitations bio qui vont ouvrir leurs portes en Basse-Normandie (3 dans chaque département). Bovin lait et viande, ovin, volaille... Il y en a pour tous les goûts. Pour les frères Grière, « C’est à chaque fois un plaisir. On ne se sent pas meilleur que les autres, mais si ça peut permettre à certains de s’appuyer sur ce qu’ils voient », ajoute Christophe Grière. En vrais passionnés de leur métier, les frères adorent discuter avec les curieux. Bien que le bio ne soit pas un remède miracle, ces portes ouvertes sont l’occasion d’accueillir les consommateurs et les conventionnels sur les lieux de production.« Il faut être responsable de sa filière. Penser aussi aux générations futures et rester soudés. Le bio survivra si nous sommes tous motivés à l’améliorer », termine l’exploitant. Rendez-vous donc au mois d’octobre pour venir découvrir les différentes exploitations et l’agriculture biologique.

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