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Prairies
C’est le moment d’aller apprécier la qualité

Un éleveur doit réaliser le diagnostic de ses prairies tous les quatre à cinq ans. Leur productivité et leur pérennité en dépendent. Cette évaluation permettra de mieux comprendre les raisons d’une dégradation éventuelle et d’agir en toute connaissance de cause pour rétablir son système d’exploitation.

“Tout l’art de gérer une prairie consiste d’abord et avant tout à faire dominer les plantes intéressantes tout en faisant régresser les autres”, explique Bruno Osson, spécialiste de cette question au Gnis. C’est une des raisons pour lesquelles un véritable diagnostic de prairies passe par l’observation attentive du couvert végétal dès la sortie d’hiver.
Le type de sol, le mode de fertilisation ainsi que le mode d’exploitation sont autant de données essentielles qui permettront à l’éleveur de disposer des principales informations et de pouvoir réagir. En somme, une équation à trois inconnues qu’il a tout intérêt à bien résoudre s’il veut disposer de fourrage toute l’année et surtout ne jamais en manquer aux moments cruciaux !
Ce diagnostic de prairies passe ainsi par quatre phases successives. L’éleveur doit d’abord recenser les besoins et les contraintes liés à son exploitation (place de la prairie dans son système fourrager notamment). Il reconstituera ensuite l’historique de sa parcelle avant d’aller l’observer sur le terrain. La valeur alimentaire de son fourrage dépend en effet de la flore présente et de la répartition des différentes espèces qui la composent. Ce n’est qu’une fois ces quatre étapes réalisées que l’éleveur pourra améliorer sa prairie, voire la rénover.
Quatre phases successives
Pour satisfaire les besoins en fourrage de son troupeau, l’éleveur a de nombreuses possibilités qui s’offrent à lui. Il peut soit augmenter sa productivité ou la qualité de son fourrage, soit modifier ses périodes de production dans l’année, soit changer son mode d’exploitation…. Des changements qu’il ne peut décider qu’en tenant compte de certaines contraintes.
Le climat (sécheresse, froid exceptionnel, inondations éventuelles...), la qualité des sols (présence d’une litière en surface, sol plus ou moins bien drainé, mauvaise structure…), les animaux qu’il prévoit d’installer dans la parcelle (type, chargement, espèces…), sont autant de facteurs qui influeront sur le nombre et la variété des espèces présentes.
Si l’éleveur veut apprécier au mieux l’historique de sa parcelle, il doit se poser les bonnes questions. Pourquoi ma prairie s’est-elle dégradée ? Est-ce dû au climat ou à un surpâturage ? Mon sol est-il bien pourvu en éléments fertilisants ? Ai-je bien maîtrisé les refus ? L’ai-je bien entretenue ? Comment ai-je pratiqué les désherbages sélectifs, les hersages ou les ébousages ?…

Améliorer ou rénover sa prairie
L’analyse de la flore et sa classification en trois groupes d’espèces (graminées, légumineuses, et plantes indésirables) lui apporteront en tout cas de précieuses indications. La présence d’espèces nitrophiles comme l’ortie ou le mourron est signe d’une fertilisation azotée excessive. Quand les légumineuses dominent, c’est que l’azote est sûrement un facteur limitant ! “A chaque spectre de situation rencontrée correspondra une flore spécifique”, explique Bruno Osson. La houlque laineuse aura tendance à monopoliser la lumière, le vulpin sera toujours prêt à épier avant les autres espèces, le pâturin, qui possède une température de démarrage relativement faible, prendra très vite l’ascendant sur d’autres espèces encore endormies…
Une fois cette évaluation achevée, l’éleveur peut décider d’améliorer ou de rénover sa prairie. La reconnaissance de la flore permet de donner une première indication sur les possibilités et les techniques d’amélioration à utiliser (cf. tableau). Cette première approche demande au préalable de définir les bonnes espèces pour la région concernée. Il pourra revoir son mode d’exploitation pour permettre une plus grande production d’herbe : se déterminer entre le pâturage ou le fauchage, modifier ses dates de récolte, sa hauteur de coupe… La correction du mode d’exploitation peut se faire par exemple par une meilleure fertilisation ou par une amélioration de la flore par désherbage sélectif par exemple. Il pourra également procéder à la rénovation de sa prairie, soit totalement (ressemis avec ou sans labour) soit partiellement par sursemis. Trouver des informations et des documents pratiques complémentaires sur le diagnostic sur www.prairies-gnis.org
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