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Charolais : le rythme du marché

Vincent Wibaux répond à un marché bien spécifique en fournissant deux bouchers avec une clientèle de Parisiens. Mais, l’éleveur n’oublie pas la génétique. Il veut progresser vite et génotype une quinzaine de femelles par an. C’est d’ailleurs le thème de l’assemblée générale du syndicat charolais programmée le 17 mars.

© VM

Vincent Wibaux s’est installé avec des moutons. Il a compté plus de 400 brebis sur sa ferme. Les vaches charolaises sont arrivées dans un second temps sur son exploitation. La motivation de ce deuxième atelier s’avère bien rationnelle. L’éleveur s’est adapté au débouché qu’il a trouvé. “J’ai rencontré un boucher de la côte qui voulait des génisses de viande charolaise pour faire des steaks dans toutes les parties !”, raconte l’éleveur. Ce dernier a donc débuté avec 10 génisses. Sa démarche a donné des idées à un second artisan. En pleine crise de la vache folle, Vincent Wibaux se rend au salon de l’agriculture de Paris. “J’y ai rencontré le second boucher, que je fournis toujours aujourd’hui. Il ne vendait plus. Sa seule solution était d’insister sur la qualité. Il a aimé ce que je faisais”.

Produire pour un marché
L’éleveur répond à la demande spécifique des deux hommes. Rien n’est écrit, la charte de production est surtout le fruit d’un contrat oral. Les animaux commercialisés sont âgés de 3 ans et ont passé au minimum deux saisons à l’herbe. “Je ne dois pas les finir trop vite. Les bêtes doivent avoir un gras persillé”, précise-t-il. Le poids des génisses est compris entre 450 et 600 kg : “plus c’est lourd, mieux c’est. Ces bouchers n’ont pas de problème avec une côte de bœuf de 2 kg”. Dernier critère, les OGM sont bannis de la ration. Les bêtes sont donc finies avec un aliment composé de luzerne, et de tourteaux de lin et de colza.

90 % des génisses de viande issues du berceau de la race
Vincent Wibaux commercialise 30 génisses de viande par an. Même si depuis 2007 des vaches allaitantes sont élevées sur la ferme, Vincent Wibaux achète 90 % des génisses à viande dans le berceau de la race. “Elles doivent avoir une bonne conformation que je n’obtiens pas toujours avec mon troupeau”.

Semence sexée, transplantation et génomique pour un éleveur pressé
Pour bien acheter, l’éleveur doit bien vendre : “mon élevage finance l’investissement dans les génisses à viande”. Il travaille donc la génétique de ses 45 vaches allaitantes. Objectif : remonter le gabarit du troupeau et garder de la conformation. Vincent Wibaux est un éleveur pressé. Il réalise donc 75 % d’insémination artificielle. Une dizaine de bêtes, les bonnes souches, reçoivent également de la semence sexée. Le taux de réussite avoisine les 50 %. Des transplantations sont aussi pratiquées sur les moins bonnes vaches. Actuellement, l’éleveur travaille avec des embryons achetés et congelés. L’exploitation a cependant acquis une bête au concours national du Mans. Elle sera prochainement collectée.
Mais pour aller toujours plus vite, le génotypage est devenu une pratique routinière sur l’exploitation. L’intégralité des génisses conservées pour l’élevage est génotypée. Soit 15 à 20 bêtes par an. Cette technique sera au cœur de la prochaine assemblée générale du syndicat des éleveurs de race charolaise. Celle-ci se déroulera le 17 mars prochain. À 14 h 30, la visite de la ferme de Vincent Wibaux est programmée. Rendez-vous rue  des vignes à Robehomme-Bavent. Le travail mené en collaboration avec Charolais Univers y sera présenté. Cette après-midi technique est ouverte à tous. La journée se poursuivra à Troarn à partir de 17 h 30, avec l’assemblée statutaire du syndicat. Les adhérents profitent souvent des concours pour se juger et se comparer.  Les portes ouvertes sont une autre possibilité pour découvrir la diversité de pratiques et de systèmes afin d’optimiser ses méthodes de travail.

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