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Cynégétique
Chasse : moins de jachère et plus d’urbanisation plombent les territoires de chasse

L’ouverture, c’est dimanche. La population de perdrix est en baisse pendant que le lièvre a du faire face à l’EBHS, une maladie virale mortelle.

Agriculteurs ou (et) chasseurs : parfois le même combat. L’artificialisation des terres agricoles est un débat récurrent. Elle plombe également l’activité cynégétique en mitant les territoires de chasse. “Nous avons perdu 10 000 ha en 15 ans”, confirment Pierre Véret, Denis Achard et Benoît Démoulin, respectivement président, secrétaire et directeur de la Fédération Départementale des Chasseurs du Calvados, notamment autour de Caen, Lisieux, Touques et Argences. 
Un phénomène qui impacte négativement les niveaux de population plus particulièrement en petits gibiers. A cela s’ajoute la baisse du taux de jachère combinée à la baisse des surfaces jachère faune sauvage. “Nous craignons la monoculture (Ndlr : moins de jachère et plus de blé ces deux dernières années) qui ne favorise pas la micro-faune. ”

Perdrix : 3 jeunes par poule
C’est dans ce contexte et avec des conditions climatiques estivales peu favorables que la perdrix a du se battre. “D’après nos comptages, l’indice de reproduction est de 3 jeunes par poule. La norme est à 4,5 /5”, regrette Pierre Véret. En bons gestionnaires, la plupart des sociétés de chasse ont décidé de réduire les jours “perdrix” voire même de les supprimer.
Du côté du lièvre, on a craint le pire. On a enregistré au cours de la campagne une forte mortalité due à l’EBHS (European Brown Hare Syndrome), une maladie virale appelée également le syndrome du lièvre. “Cependant, ça a l’air de s’arranger”, précise-t-on à la Fédération.
Reste le gros gibier avec une population stable : “ni explosion ni diminution selon nos indices.” Leurs dégâts seraient d’ailleurs plutôt en baisse. L’an dernier, les chasseurs ont versé à ce titre 380 000 e aux agriculteurs. Pas de pronostics chiffrés cette année. La fluctuation des prix du blé et du maïs recommande la prudence.

Des effectifs stables après une chute
Ils devraient être non loin de 18 000, dimanche prochain, à battre la campagne calvadosienne. Si les effectifs sont stables cette année, quelque 1 000 chasseurs avaient au cours des deux années précédentes rangé leurs cartouches. “Pouvoir d’achat en berne, grippe aviaire, règlementation complexe, interdiction de la grenaille de plomb dans les zones humides, ce qui pouvait signifier investir dans un nouveau fusil (...)”, justifient les cadres de la FDC 14. 
C’est pourquoi la Fédération mène une politique incitative à destination des jeunes à travers le “passeport jeune chasseur” avec à la clé des lots de 300 e. Et si on aimerait séduire un peu les jeunes, les chasseurs constatent avec regret la proportion de moins en moins importante d’agriculteurs dans leurs rangs. Un phénomène qui handicape le dialogue entre deux mondes qui partagent le même territoire et, parfois aussi, les mêmes intérêts !
Th. Guillemot

La martre (ou marte) est-elle nuisible ?
• C’est un vrai coup de gueule que pousse la Fédération des Chasseurs du Calvados. Dans leur ligne de mire : le CREPAN (Comité Régional pour la Protection et l’Aménagement de la Nature en Basse-Normandie) qui a saisi le tribunal administratif pour sortir la martre de la liste des animaux nuisibles. Les chasseurs avaient demandé cette classification de nuisible “uniquement autour des bâtiments. Ce qui autorisait leur piègeage par des piégeurs professionnels”.  Retoqué ! Après la grippe aviaire, les poules ont encore du sang à se faire.
Autre nuisible ou pseudo-nuisible qui fait parler de lui : le renard. Un comptage départemental récent a permis d’établir que sur 97 sujets, 13 étaient porteurs du parasite provoquant l’echinococcose alvéolaire. Une maladie non mortelle pour le renard mais présentant des risques pour la santé humaine (15 cas chaque année en France). Les chasseurs appellent promeneurs et cueilleurs de champignons à la plus grande vigilance (voir affiche).

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