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Chasse : une dérogation pour protéger les cultures automnales

Un premier arrêté préfectoral régissant la chasse a été pris par Gérard Gavory, préfet de la Manche le 4 novembre dernier. Une modification faite à la demande du monde agricole a été actée le 12 novembre dernier pour prendre en compte la spécificité manchoise des pigeons, étourneaux et corvidés, et ainsi protéger les cultures automnales. 

AUTORISATION CHASSE 50
La chasse reste soumise à un arrêté préfectoral. Dans la Manche, la spécificité des pigeons, étourneaux et corvidés a été prise en compte.
© DR

« Chaque département a sa spécificité », souligne Gérard Bamas, président de la Fédération des chasseurs de la Manche. Et pour cause, les étourneaux entre autres ne sont pas sans présenter des nuisances dans les exploitations du département. Alors, la profession agricole s’est mobilisée auprès de la préfecture pour obtenir une dérogation au premier arrêté pris début novembre.

Au final, l’étourneau sansonnet, le corbeau freux et la corneille noire, qui étaient autorisées à être chassées à moins de 250 mètres des installations de stockage de l’ensilage, le sont également sur l’ensemble des cultures de céréales, toujours à poste fixe individuel.
Quant au pigeon ramier, il était chassé dans les cultures maraichères (choux, salades et pois).
Sa zone est étendue également aux cultures de céréales.
Une décision entérinée dans un arrêté modificatif fin de semaine dernière. « C’est une possibilité supplémentaire pour nous. C’est un moyen qu’il faut saisir parce que la problématique est réelle dans notre département. Cette modification évite que les populations explosent et engendrent des dégâts sur les semis et les cultures », souligne Marc Lecoustey, secrétaire général de la Chambre d’agriculture de la Manche.

Chasseur régulateur

Le contenu de l’arrêté initial reste inchangé. Il autorise « la chasse collective du sanglier et des cervidés telles que les battues administratives, la chasse individuelle, à l’affût, à poste fixe. » Pour Thierry Chasles, vice-président de la Fédération départementale de la chasse, la pratique reste essentielle à cette période pour limiter la prolifération des populations l’année prochaine. « Si nous ne faisons rien aujourd’hui, les populations se multiplieront par 3 ou 4. Ensuite, c’est très difficile d’en réduire le nombre », insiste-t-il. Il en veut pour preuve la tempête de 1999 qui avait décimé des arbres et laissé de zones non praticables, Le montant des dégâts dans les cultures était passé de 1998 à 1999 de 150 000 € à 300 000 €. Cette année, il ne faut pas attendre la montée des eaux dans les marais notamment. Dans la Manche, sur les 2 500 sangliers estimés, 1 800 sont abattus. Avec ces actions, les chasseurs veulent démontrer « leur rôle de régulateur ».
Pour les actions de destruction des animaux d’espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (piégeage, tir des ragondins et rats musqués), elles peuvent continuer à être mises en œuvre dans le cadre de la réglementation en vigueur.

Les conditions attestation et déclaration

Pour pouvoir pratiquer, l’attestation dérogatoire avec le motif de « Participation à des missions d’intérêt général sur demande de l’autorité administrative » reste obligatoire. Pour chaque action de chasse collective du grand gibier, le responsable de la chasse devra transmettre par courriel, au minimum 4 heures avant le début des opérations, au groupement de gendarmerie de la Manche (ggd50+chasse@gendarmerie.interieur.gouv.fr) et au service départemental de l’Office français de la biodiversité (sd50@ofb.gouv.fr), en précisant la date, le lieu de chasse et le nombre de participants à l’opération.
Pour rappel, les autres actions de chasse demeurent interdites, tout comme l’agrainage de sanglier.

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