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Chasseurs et agriculteurs du Calvados coconstruisent un avenir meilleur et durable

Chasseurs et agriculteurs du Calvados travaillent main dans la main sur le dossier « dégâts de gibiers », concernant le sanglier. « Pan sur le bec » de ceux qui affirment le contraire.

© TG

lll Un mardi comme les autres au 41 rue des Compagnons, à Caen, siège social de la fédération départementale des Chasseurs du Calvados. Dans la salle du conseil d’administration, on examine comme chaque semaine les demandes d’indemnisation de dégâts de sangliers formulées par les éleveurs ou céréaliers impactés. Un examen bienveillant, avec l’œil du professionnel, car siègent entre autres autour de la table Geoffroy de Lesquen (vice-président) et Bertin George (trésorier adjoint), par ailleurs membres du conseil d’administration de la FDSEA.

Procédure simple et rapide
« La procédure est simple et rapide, assure Jean-Christophe Aloé, président de la FDC 14. Quand le montant dépasse 3 000 e, un technicien de la fédération, accompagné par un administrateur et un représentant de la profession agricole (un élu chambre d’agriculture), se rendent sur site pour un échange avec l’agriculteur et établissent un état des lieux». Dans tous les cas, un estimateur agréé affine le chiffrage du montant de l’indemnisation qui aboutit, généralement, à un constat amiable. En effet, les cas de litiges sont plutôt rares. Il est vrai que le calcul est établi selon une grille nationale mais corrigée départementalement. Il tient compte du contexte local. Attention cependant, la perte d’exploitation n’est pas prise en compte.

Des mesures correctives
Mais le volet pécuniaire n’est qu’un aspect du dossier. Cette visite terrain permet d’analyser le pourquoi des dégâts de sangliers. Les causes sont multifactorielles et varient selon l’écosystème (plaine, bocage, massif forestier, marais voire zone périurbaine). La fédération des Chasseurs tente à chaque fois d’apporter des mesures correctives et préventives.
« Clôture, mirador (...) jusqu’à la battue administrative, l’arme absolue », assure Jean-Christophe Aloé mais elle demande du temps pour en obtenir l’autorisation. Par ailleurs, elle est conditionnée au bon vouloir du propriétaire du terrain.
« Agricuteurs et chasseurs sont véritablement dans une démarche de coconstruction », rebondit cependant Geoffroy de Lesquen. Coconstruction durable ? C’est dans l’intérêt des deux parties. Il est des départements en France où les chasseurs n’ont plus les moyens suffisants pour indemniser les dégâts de sangliers comme dans les Landes.
La faute à un effet ciseaux. Problème de renouvellement des générations avec de moins en moins de chasseurs et donc de moins en moins de rentrées d’argent dans les caisses. En face, de plus en plus d’argent à sortir puisque les dégâts de sangliers vont crescendo et sont de moins en moins supportés par des agriculteurs en grande difficulté économique.
Dans le Calvados, la cabane n’est pas encore tombée sur le chien mais il faut veiller au grain. Il ne s’agit pas d’exterminer le sanglier mais de réguler une population afin qu’elle satisfasse le loisir « chasse » conciliable avec une activité agricole subissant des dommages collatéraux acceptables. Mais pourquoi diable alors agrainer un cheptel déjà en surnombre ?

Agrainage et loup
L’agrainage est conventionné et autorisé dans 60 points du département. « Il s’agit de fixer, à l’instant T, une population sur un territoire limité », justifie Jean-Christophe Aloé. Période de levées des semis, de maïs au stade laiteux dont raffole le sanglier (...), il s’agit de préserver les cultures. « Nous ne cautionnons pas l’agrainage sauvage,» conclut le président des chasseurs.
Et le loup dans tout cela dont nous avons évoqué le retour en Normandie dans quelques années (page 40 de notre édition de la semaine dernière)?
Les avis sont quasi unanimes.
« Oui », il y a fort à parier que le loup fasse sa réapparition dans notre région un jour où l’autre. « Il n’aura cependant pas d’effet sur le sanglier ». Pronostic d’un chasseur calvadosien qui pratique en Pologne. « Là-bas, ce sont les cervidés qui en font les frais ».

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