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Chez Bréavoine, le cidre s'exposera bientôt à tous

Vendredi 27 mars, quelques élus de la Région Normandie se sont rendus à la cidrerie Michel Bréavoine. Le domaine bénéficie d'une enveloppe de 50 000 € pour réaliser des travaux afin d'accueillir, demain, du grand public avide de tout savoir sur la fabrication des fameux nectars si chers au Pays d'Auge.

C'est un projet ambitieux qu'entament Camille Bréavoine et Édouard Le Cain. Le couple, passionné de pommes, comme ses aïeux, souhaite ouvrir ses portes du domaine familial cidricole au grand public. Pour réaliser d'audacieux travaux, il peut compter sur le dispositif "Tourisme de savoir-faire", déployé par la Région Normandie, avec une enveloppe de 50 000 € qui vient de leur être attribuée. Une visite du site actuel, avant travaux, a laissé rêveurs les élus locaux, vendredi 27 mars, à Pont-l'Évêque. "Votre dossier a plu. Il a été validé sans difficulté", atteste Nathalie Porte, vice-présidente du Conseil régional.

De la pomme à la bouteille

Au Domaine du Lieu Gosset, à la fameuse cidrerie "Michel Bréavoine", beaucoup sont passés sans pouvoir vraiment s'arrêter. "À la sortie de l'autoroute, juste au niveau d'un rond-point et avec La Spiriterie Française non loin, c'est le cheminement classique que de faire un détour par chez vous", assure Claire Jolivet-Servant, conseillère régionale. Et elle n'était pas la seule à le penser. Si bien que les gérants ont fait appel à un cabinet d'architecture pour imaginer un parcours thématique et sécurisé, du pommier au produit fini, en découvrant les installations et machines utilisées pour fabriquer le jus de pomme, le cidre ou encore le calvados.

"Nous allons créer un nouvel espace boutique, un espace d'accueil pour le public, mais aussi une salle pouvant recevoir cinquante personnes, pour les séminaires par exemple", commente Camille. Un coin photos/vidéos permettra de découvrir la filière à travers 117 m2. "On a déjà fait des ateliers avec des enfants où ils pressaient eux-mêmes leurs pommes. C'est très demandé. C'est ce qui nous a encouragés dans cette direction", atteste-t-elle.

Savoir-faire

Le domaine compte une quarantaine de variétés, précoces à tardives. "Nous récoltons les pommes au sol, de septembre à Noël. Pendant ces quatre mois pleins, on peut passer trois à quatre fois sous le même arbre pour être sûr d'avoir un fruit à maturité", décrit Camille Bréavoine. Disposant de deux machines de ramassage, l'exploitation prône le "cheminement de la pomme à la bouteille. [...] Tout est filtré chez nous, pour répondre aux attentes de nos divers clients", ajoute-t-elle, mentionnant un investissement futur dans un second pressoir plus moderne.

Le couple a expliqué le principe de clarification du jus par voie haute, "obligatoire en AOP". La ferme recourt à des cuves en inox réfrigérées entre 5 °C et 8 °C "pour bloquer l'activité levurienne".

Faire vivre le terroir

"Nous sommes impliqués à 200 % dans la promotion de nos savoir-faire", clame Édouard Le Cain. Lui-même président de l'ODG cidre Pays d'Auge - "la première appellation cidricole fête ses trente ans cette année", indique-t-il - il lui paraissait naturel d'avoir une nouvelle corde à leur arc. Implantés depuis 1989, les pommiers hautes tiges sont surveillés de près. "On replante environ 87 pommiers par an, après les coups de vent et le tri naturel. À 150 € le coût du pommier environ (entre l'achat du pommier, les frais liés à la plantation et la protection contre les chevreuils), c'est un coût. Mais on maintient le terroir", explique sa femme.

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