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Protéagineux
Choix des parcelles : plusieurs critères à prendre en compte

Si le choix de la parcelle n’est pas toujours possible, en fonction de la rotation il faut néanmoins tenir compte de la parcelle pour implanter un pois ou une féverole. En effet la productivité de ces deux cultures de printemps dépend fortement de la capacité du sol à se ressuyer en fin d’hiver et à fournir à la plante des réserves en eau suffisantes en fin de printemps.

A côté de ces deux exigences agronomiques, la parcelle choisie pour le pois doit être indemne du champignon Aphanomyces euteiches. Dans les années 80-90, les sols de Normandie ont connu, dans les secteurs de grande culture, une fréquence significative de pois dans la rotation (tous les 3 ans, voire parfois tous les 2 ans). Lorsque l’implantation du pois était réalisée en conditions humides, le champignon des racines pouvait se développer et infester le sol, à tel point que les rendements étaient tombés très bas dans certaines parcelles. Chaque culture de pois, en parcelles contaminées, augmentait la pression de l’inoculum.

Le test de détection d’Aphanomyces indispensable en cas de doute
Il est possible de connaître le risque encouru par une parcelle grâce au test “Aphano” réalisé sur le sol, avant l’implantation prévue en pois. Les modalités de prélèvement de l’échantillon et les laboratoires disponibles sont présentés dans l’encadré.
A côté de ce champignon considéré comme particulièrement grave, il existe d’autres maladies racinaires, dont la gravité est plus faible.
- en début de cycle, on n’est pas à l’abri de fontes de semis dues à des champignons comme le botrytis ou l’anthracnose ou d’attaques de mildiou, notamment si les champignons en question sont présents dans le sol ou sur les semences. Les traitements de semences présentent heureusement une bonne garantie de ce point de vue là.
- en fin de cycle, lorsque l’efficacité des traitements de semences a disparu, on peut rencontrer des attaques de champignons comme les fusarium, la phoma(…), qui dessèchent précocement la plante et font perdre quelques quintaux. Ces “ronds jaunes”, visibles avant la maturité, ne doivent pas être confondus avec les dégâts d’Aphanomyces qui surviennent beaucoup plus tôt, souvent avant la floraison (cf. photo).

Un ressuyage précoce et des réserves en eau suffisantes
Le ressuyage précoce doit permettre une implantation en bonnes conditions afin de développer rapidement le système racinaire (nodosités et racines) qui permettra à la plante de valoriser au mieux les ressources en eau du sol, notamment en période sèche.
Les réserves en eau du sol dépendant principalement de la profondeur exploitable par les racines mais aussi de sa structure ; tout obstacle à l’enracinement (zone tassée, semelle de labour) limitera la prospection racinaire et donc l’alimentation en eau.
A cause de la longueur de sa floraison et de sa période de production de graines, la féverole est plus exigeante que le pois, mais elle a, en revanche un système racinaire plus puissant.
Il faut néanmoins, tenir compte de ses exigences en température pour atteindre la maturité ; c’est également le cas du lupin. En fonction de la date de semis, les risques de manque d’eau en fin de cycle sont rappelés au tableau ci-dessous.

Alterner les cultures de protéagineux lorsque c’est possible
Il est intéressant sur le plan agronomique d’alterner les cultures de protéagineux dans la rotation.
En effet, les avantages attendus de cette alternance sont essentiellement liés à la diminution des risques de maladies racinaires, voire de certaines maladies en végétation, comme le mildiou.
En effet, les champignons inféodés au pois ne sont pas ceux de la féverole. Si anthracnose et botrytis portent les mêmes noms dans les cultures de pois et de féverole, ce ne sont les mêmes champignons. Les maladies racinaires ne sont pas les mêmes non plus ; seul le sclérotinia est le même.
En prévoyant au moins 3 cultures entre le pois et la féverole, et en travaillant en conditions ressuyées, il n’y a aucun risque de générer, dans une parcelle indemne au départ, des maladies racinaires.
En ce qui concerne les mauvaises herbes, l’alternance aussi est favorable puisqu’on peut diversifier les choix de produits (il y a plus de solution avec le pois qu’avec la féverole). Sur le plan du désherbage, l’idéal est d’alterner les cycles cultures d’hiver – cultures de printemps. Mais le recours à un protéagineux d’hiver dépend aussi d’autres facteurs, comme la profondeur de sol, la sensibilité aux maladies et l’organisation du travail.

Le test Aphano : mieux vaut prévenir que guérir

Le prélèvement de sol
Quand prélever l’échantillon de terre ?
De façon à disposer de l’information au moment du choix des assolements (automne-hiver) et compte tenu des délais de laboratoire (6 à 8 semaines environ), il est conseillé de prélever en fin d’été ou au cours de l’automne.

Où et comment prélever ?
- Un échantillon doit représenter au minimum 3 ha et au maximum 8 ha.
Pour les parcelles supérieures à 8 ha, il faut donc réaliser plusieurs échantillons.
- Chaque échantillon doit être constitué de 15 à 20 prises, prélevé en diagonale dans la parcelle.
Pour chaque prise, il faut décaper les premiers centimètres de sol (3 ou 4 environ), éliminer cette terre et les débris végétaux et prélever sur 15 cm environ d’épaisseur.
Les prélèvements doivent être mélangés et l’échantillon final doit représenter environ 1,5 litre de terre à déposer dans un sac plastique qui sera fermé et étiqueté (nom de l’exploitant et de la parcelle).
Stockage avant envoi
Si l’échantillon n’est pas envoyé aussitôt après le prélèvement, il doit être stocké dans un endroit frais (pas de congélation). En été, ne pas le stocker dans le coffre d’une voiture exposée au soleil !

Remarques
Dans les parcelles qui ont été contaminées dans le passé par le champignon, il faut prélever dans les zones touchées.
Dans les parcelles qui n’ont jamais exprimé de symptômes, le prélèvement doit être fait de façon représentative (comme indiqué précédemment). Un prélèvement peut être fait en cours de végétation du pois. Dans ce cas là, prélever dans les zones qui expriment des symptômes.

Coût de l’analyse : par échantillon de terre, 45 €/ha la détection et de 50 à 60 € avec la note d’INR.

Délai entre l’envoi de l’échantillon de terre et la réception du résultat est de 6 à 8 semaines selon les périodes. Veuillez consulter le laboratoire avant le prélèvement et l’envoi d’échantillons pour connaître les délais d’attente.


Les adresses des laboratoires habilités
GALYS Laboratoire
14 rue André Boule
41000 Blois
Tél. : 02 54 55 88 88
E-mail : bgilibert@galys-laboratoire.fr

FREDON Centre
39 rue de la Borde
45808 Saint Jean de Braye Cedex
Tel. : 02 38 70 11 74
E-mail : cliniquedesplantes@fredon-centre.com

Laboratoire Loos en Gohelle
81, rue Bernard Palissy
62750 Loos en Gohelle
Tel. : 03 21 08 62 83
E-mail : d.detournelabloos@hotmail.fr

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