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Protéagineux
Choix des variétés : entre nouveautés et valeurs sûres

Le choix des variétés est un compromis entre l’assurance d’une variété connue et bien référencée et la recherche de la nouveauté “qui fera la différence”. S’y ajoute cette année le souci de commander tôt ses semences, pour être sûr d’avoir le choix.

Plusieurs critères de choix doivent être pris en compte. Les deux principaux pour le pois sont la productivité et la tenue de tige. En féverole, c’est la productivité ainsi que le marché qui doit orienter vers tel ou tel type variétal.

Pois : rendement et tenue de tige
La productivité et tenue de tige ne sont pas incompatibles ainsi, si l’on prend les 5 meilleures variétés en rendement, en moyenne sur les 2 dernières campagnes, toutes ont les meilleures tenues de tiges (cf. tableau 1 ; seules 3 variétés ont une hauteur à la récolte inférieure à Hardy).
La majorité des variétés présentées dans ce tableau ont une productivité proche ; 5 % d’écart équivalent à 3 q/ha. Un autre critère peut être intéressant, la précocité. Même si les écarts ne sont pas énormes, quelques jours gagnés à début floraison peuvent faire la différence en sols à faibles réserves en eau.
Les variétés EDEN, GREGOR, ONYX, ROCKET sont les plus précoces, du niveau de HARDY, variété de référence en la matière.
A maturité, on retrouve également parmi les plus précoces, JETSET, EDEN, ROCKET et KAYANNE. A l’opposé des variétés comme TONGA, RESPECT et EQUIP sont tardives et doivent être réservées aux terres profondes.
Enfin le poids de mille grains représente le critère de choix qui peut limiter le coût de semences à l’achat, sauf lorsque les semences sont vendues en doses.
Les variétés comme ROCKET (225 g), TONGA (235 g), EQUIP (245 g) et KAYANNE (245 g) sont les plus intéressantes à ce niveau.
En l’état actuel de nos résultats, il n’est pas possible de classer les variétés sur leur tolérance aux maladies ; on constate seulement un meilleur état sanitaire final chez les variétés qui sont restées debout le plus longtemps avant la récolte.

Féverole : rendement et type variétal
La productivité reste évidemment le premier critère de choix et les variétés présentes depuis deux ans une stabilité dans leur classement, comme le montre le tableau 2 ci-dessous.
A noter les performances de longévité de MAYA, toujours dans le groupe de tête, près de 15 ans après son inscription. Aucune variété n’est plus productive qu’ESPRESSO.
Le débouché final doit, dans une certaine mesure, orienter le choix de la variété, même si la plupart des variétés conviennent à tous les débouchés.
En effet, il faut distinguer les débouchés alimentation animale et alimentation humaine (export).

L’alimentation animale : distinguer monogastiques et ruminants
Il convient au préalable de connaître les différents types variétaux
• L’absence de tannins dans la graine (plantes à fleurs blanches)  se traduit par un “plus” en valeur nutritionnelle chez le porc et les volailles mais n’a pas d’effet chez le ruminant.
• Le caractère “absence de vicine et convicine” dans les graines apporte un “plus” pour la valeur énergétique chez la volaille (ponte et engraissement) mais n’a pas d’effet chez les autres animaux.
• Un autre caractère est également intéressant en alimentation animale, c’est la teneur en protéines. Comme le pois, on observe une variabilité selon l’année et le lieu (conditions de transfert des nutriments dans la graine) mais la teneur en protéines dépend aussi de la variété et le classement variétal est le même chaque année.
Cela étant, quel que soit son type variétal, la graine de féverole peut être utilisée sans problème particulier en alimentation animale dans la mesure où les contraintes nutritionnelles de la formulation (amidon, protéines, acides aminés …) sont respectées.

L’export pour l’alimentation humaine
Le marché égyptien recherche des lots de graine de couleur beige clair et homogène, des formes de graines régulières et sans grains tachés ni bruchés. Les observations réalisées par ARVALIS-UNIP depuis deux ans se traduisent par les conclusions suivantes :
• toutes les variétés à fleur colorées ont produit des graines de couleur et de forme adaptées au marché. A noter que les grains ridés peuvent être un handicap ; les variétés à grosses graines qui ont subi des stress peuvent se rider et des variétés comme MAYA sont parfois pénalisées.
• Les graines des variétés à fleurs blanches ne conviennent pas pour ce marché car elles sont grises.
• La présence de grains tachés et/ou bruchés ne dépend pas de la variété mais de la protection contre les maladies et/ou la bruche.
A noter toutefois qu’il est plus difficile d’obtenir des lots sans grains tachés avec des variétés d’hiver à cause d’une pression maladies plus forte en semis d’automne.

Disponibilité en semences : pas d’inquiétude
La disponibilité en semences de pois et de féverole de printemps doit permettre de faire face à l’accroissement des surfaces, si l’on tient compte de la part des emblavements en semences certifiées (au moins 50 % en pois). C’est ce qu’indiquent l’UNIP et les établissements multiplicateurs.
En pois de printemps par exemple, le marché devrait s’équilibrer autour d’une partition de 50 % de variétés à bonne tenue de tige (Hardy et plusieurs nouveautés …) et 50 % de variétés de type Lumina (Lumina, Panache, Eden…).
Cela étant, il est évident que plus les demandes seront formulées tôt, meilleures seront les chances d’être fourni avec la variété souhaitée.

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