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Christophe Macé (Président de la FDSEA du Calvados) : des marchés à la Chambre, la FDSEA s’engage de toutes ses forces

© DB

>> C’est l’année des élections à la FDSEA. Est-ce que des changements sont prévus au conseil d’administration, voire au bureau ?
Non, à notre grand regret. Nous aimerions rajeunir les cadres pour apporter de nouvelles compétences, mais il faut avoir du temps pour s’investir. Les exploitants sont souvent seuls dans leur ferme. Cette année, nous avons proposé des visites d’entreprises dans chaque canton. Ceux qui viennent sont contents. Ces visites, dans des univers parfois éloignés de l’agriculture (alimentations chien et chat, malterie, McDonald’s, etc.), nous ouvrent sur l’extérieur. Nous constatons que nous ne sommes pas les seuls à rencontrer des difficultés. C’est aussi l’occasion de passer des messages, de répondre aux interrogations sur notre métier.

>> Quelles ont été les actions phares en 2019 ?
La FDSEA s’est distinguée avec ses trois pisseurs volontaires [qui ont analysé leurs urines et démontré qu’elles étaient exemptes de glyphosate, ndlr]. Nous avons été les premiers en France à le faire, avec une forme d’humour.
L’opération sur le périphérique de Caen le 8 octobre était une bonne opération, on s’est fait voir sans se faire mal voir. La reconquête de l’opinion passe par là : montrer le bon côté des choses. C’était le sens de notre présence sur le marché de Caen en décembre. Nous avons d’ailleurs prévu de nous rendre sur les marchés du département tout au long de l’année. Nous rédigeons actuellement un tract à distribuer, compréhensible et positif.

>> Comment voyez-vous votre mission de président de la FDSEA ?
Ce qui m’importe, c’est de remettre le syndicalisme au centre des campagnes. C’est le dernier espace de liberté où on peut dire ce qu’on pense et où tout peut être exprimé. On l’oppose souvent à tort à l’économique et on le juge ringard.
Au contraire, quand je fais mon boulot de président, je m’épanouis. Comme un chef d’entreprise, je lance des nouvelles idées. Mon moteur c’est d’écouter ce qui me parvient du terrain pour rejoindre les besoins qui s’expriment. Je suis heureux dans le collectif. Je suis convaincu que personne ne
détient seul la vérité et qu’on s’enrichit au contact des autres.

>> Quel bilan faites-vous des dix premiers mois de l’équipe FDSEA et JA à la tête de la Chambre d’agriculture du Calvados ?
C’est une année transitoire pendant laquelle il a fallu mettre les choses en place. La régionalisation est chronophage. Ce rapprochement entre la Chambre et le syndicat majoritaire est plus simple aujourd’hui pour tirer notre département vers le haut. Nous avons des projets de partenariat avec la Chambre, sur des dossiers qui font consensus, comme l’emploi par exemple.

>> Le rêve de recréer une usine sucrière dans le département est toujours présent et des rumeurs circulent. Quelle est votre position sur ce sujet ?
Tout ce qui concourt à la mise en place d’un outil vecteur de valeur ajoutée est à étudier. Il faut d’abord avoir un dossier et travailler dessus. La FDSEA ne peut qu’accompagner la réflexion, de toutes ses forces.

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