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Crise du pétrole
Chronique d'une crise annoncée

Agriculteurs ou particuliers, la hausse des carburants nous touche là où cela fait le plus mal, le portefeuille.

l'huile de colza, l'une des solutions développées par le monde agricole pour parer au prix du pétrole.
l'huile de colza, l'une des solutions développées par le monde agricole pour parer au prix du pétrole.
© E.C.
94 dollars le baril de brut en moyenne sur la première semaine de novembre ne laisse place à aucun doute. La crise pétrolière est bien installée. Les 100 dollars seront sans doute atteint lorsque vous lirez ces lignes. Un hausse jamais vue, sauf lors lors de la guerre du golfe en 1990 et bien sûr lors du premier choc pétrolier des années 1970. Pénalisation de l’EBE Pour le monde agricole, cette inflation pénalise l’excédent brut d’exploitation. Tracteurs et autres automoteurs sont plutôt gourmands en la matière, presqu’autant que les moteurs des travailleurs de la mer qui viennent de bloquer différents ports français. Au niveau du syndicalisme, la FNSEA, le 6 novembre, a réclamé un remboursement partiel de la TIPP sur 2007, mettant justement en avant “une hausse des produtis pétroliers frappant l’agriculture de plein fouet”. Et d’enfoncer le clou, “l’application de ce remboursement pour l’année en cours est impérative pour garder nos exploitations compétitives. Enfin, nous demandons aussi la création d’un carburant professionnel qui serait, de manière durable, exonéré de la part nationale des taxes, celles imputables à Bruxelles ne pouvant être touchées”. Problème, Christine Lagarde, éphémère ministre de l’agriculture, aujourd’hui en charge du budget et des finances a dit “niet” à toute modification des taxes. Il est vrai que pour l’État, la vente de carburant est un véritable “Jackpot”. Au fil des décennies, les Français sont devenus des “accros” de l’automobile. Peut-on faire marche arrière ? L’arrivée du Gaz-oil Dans les années 1950, posséder une voiture, qu’elle soit neuve ou d’occasion, est sans conteste un signe de réussite sociale. Il ne s’agit pas d’un bien de consommation mais d’un investissement à long terme. D’ailleurs le précieux engin ne démarre pas tous les jours : il est réservé aux sorties dominicales ou à une nouvelle forme de loisirs : les vacances. En milieu rural, le Diesel effectue une belle percée. Tout d’abord avec les tracteurs puis les utilitaires, enfin les autos particulières. Ce diesel, avouons-le, fait ringard jusqu’au début des années 1980, sauf pour les utilisateurs intensifs du réseau routier. A cette date, apparaît une nouveauté : le turbo-diesel. Il donne des ailes aux voitures, tout en gardant un prix au kilomètre largement inférieur à celui de l’essence. Dans le même temps, les constructeurs planchent sur de nouvelles pompes à injection, voire des rampes directes. L’ère du DCI, HDI, TDCI, n’est plus très loin. La consommation de gaz-oil diminue, alors que les performances augmentent. Le gaz-oil devient ainsi “très tendance”, la multiplication des 4X4 dans la savane française le prouvant largement. Diminution des réserves Mais voilà, toute à une fin. Les réserves pétrolières sont annoncées taries pour l’horizon 2020/2030, 2030/2050 pour d’autres experts. Deux raisons : la diminution des réserves de carburants fossiles (au Canada, on a commencé à extraire des sables bitumineux, dont le traitement est extrêmement couteux et polluant), et la demande croissante en Inde et en Chine, pays où le pouvoir d’achat augmente d’année en année, à tel point que les Européens n’hésitent plus à revendre leurs chaînes de montage concernant les modèles dits “anciens” sur le vieux continent. Economiser Les solutions ne sont pas légion pour économiser du carburant. Tout d’abord dépenser moins en réfléchissant à chaque déplacement. Pas évident en milieu rural où l’éloignement des commerces, des écoles et des services publics oblige quasiment à un moyen de transport motorisé. Deuxièmement, jouer la carte du carburant “vert”. Depuis quelques années, sous l’impulsion des FD CUMA, notamment dans la Manche, des unités autonomes de production d’huile de colza apparaissent. Mais attention, la législation interdit toujours à un particulier de rouler avec un carburant sans payer de TIPP (le cas de l’huile végétale). Par ailleurs, si une vieille Renault Super 5 par exemple, avec une pompe d’injection “classique” va accepter un mélange 30% huile /70% de gaz-oil, voire 70/30 sans difficulté (selon la marque des pompes et la température extérieure), votre DCI ou HDI flambant neuf, avec une pression d’injection élevée, ne va pas forcément aimer. Dans cette jungle de la chasse aux nouveaux carburants, les sites internets se comptent par centaines. On y trouve tout et n’importe qui à l’instar d’une incorporation d’acétone dans le gaz-oil ou l’essence pour faire baisser la consommation. Pour le matériel agricole, c’est la même chose. Les pompes d’injection élevée ne supportent pas forcément ce qu’admettra un bon vieux tracteur des années 1970/1980. Bref, pour faire des économies, commencez à vérifier votre filtre à air (véritable poumon du moteur sur un diesel), la pression des pneus et baissez votre vitesse de 10 km/heure en voiture utilitaire ou particulière. Vous serez étonné du résultat... en attendant une hypothétique baisse des carburants !
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