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Cinéma : les agriculteurs normands à poils face à la crise

Le film Normandie nue, réalisé par Philippe Le Guay (Les femmes du 6e étage, Alceste à bicyclette), devrait sortir le 24 janvier. Il traite de la crise que traversent les éleveurs. Pierre Abrahamse y figure. Comme les autres, il est tout nu dans la scène finale. Retour sur un tournage sans superflu.

Pierre Abrahamse et François Cluzet. Selon Pierre Abrahamse, une avant première de Normandie nue serait prévue au Mêle-sur-Sarthe en décembre. DR
Pierre Abrahamse et François Cluzet. Selon Pierre Abrahamse, une avant première de Normandie nue serait prévue au Mêle-sur-Sarthe en décembre. DR
© DR

>> Quel est le scénario du film ?
Le film se passe dans un village normand où les paysans n’en peuvent plus. Le lait, la viande, plus rien ne va. Le maire, joué par François Cluzet, propose de bloquer la Nationale 12. Mais la manifestation ne donne rien. Un photographe Américain arrive. Sa spécialité : prendre en photo des foules nues. Il propose ses services au maire, qui l’envoie balader. Le temps passe, il n’y a toujours aucun résultat. Alors les paysans décident de faire les photos nus.

>> Est-ce que le film reflète la réalité ?
Le blocage de la N12 se passe comme lors d’une manifestation classique. Ce sont les mêmes collègues que l’on pourrait retrouver. Mais les figurants sont aussi bien de la FDSEA que de la Confédération paysanne ou de la Coordination rurale.
Le film traduit la vision qu’a un citoyen lambda de la crise agricole : le paysan en agriculture conventionnelle est en difficulté alors que celui en bio s’en sort. Normandie nue aborde aussi la problématique des terres via une vieille querelle entre deux paysans qui se haïssent.

>> Comment s’est déroulée la scène de nus finale ?
Les interrogations des ruraux, qui se désapent devant la caméra, sont les même à titre individuel que dans le film : « ont se met à poil devant un Américain ? » ; « Tu as vu le temps ? On va se geler ! »
Mais tout le monde a joué le jeu. Parmi les 80 personnes présentes dans la dernière scène, il y avait des naturistes corses qui n’avaient pas de tabou, et des gens du coin. Dans la scène, on court tous à poils et on prend notre place, c’était quand même un peu surréaliste. On a recommencé trois ou quatre fois, alors nous avions un plaid entre les prises.

>> Comment êtes-vous arrivé à figurer dans le film ?
J’ai vu une affiche, au Mêle-sur-Sarthe, indiquant que l’on cherchait des acteurs et des figurants pour un film. J’ai rencontré Jean Toussaint, le chef du casting. J’ai eu un texte à dire devant la caméra, c’était un peu de l’improvisation. Puis il m’a demandé si j’accepterai de tourner nu. Je lui ai répondu que si j’avais eu 25 ans pourquoi pas. Mais là, non. Un peu comme le maire dans le film refuse de faire les photos nus.
J’en ai parlé chez moi, j’y ai pensé pendant quinze jours. Et puis, muni de la bénédiction familiale, j’ai appelé Jean Toussaint pour dire que j’acceptai. Entre temps le rôle avait été distribué, alors j’ai été pris comme figurant. Je regrette un peu de ne pas avoir dit oui tout de suite.

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