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Robot de traite
Cinq ans sans problème

Premier de l’Ouest laitier à s’équiper d’un robot Boumatic Proflex, Cyril Lallemand ne regrette pas le choix fait lors de son installation, fin 2008.

© EC

Les robots de traite commencent à prendre de l’âge. Mais comment vieillissent-ils ? Quelle
fiabilité ? Réponses avec Cyril Lallemand, installé fin 2008 en individuel sur la petite commune des Chambres (canton de La Haye Pesnel). “Je ne regrette pas mes options. Tout d’abord celle d’un robot, ensuite d’un Proflex, choisi à l’époque en raison de son bras et de la possibilité d’intervenir manuellement sur les animaux grâce à la fosse”. En reprenant l’exploitation, seul, Cyril ne pouvait se permettre d’avoir une main d’œuvre salariée. “Le robot me semblait la meilleure solution, d’autant que mon cheptel compte 50 VL. Il m’a permis d’optimiser mon travail surtout au moment des vêlages. J’ai connu le travail en salle de traite avant mon installation, je préfère nettement le robot. Je peux me connecter soit sur mon Smartphone, soit sur n’importe quel PC pour accéder aux données et être averti en cas de problème”. Non loin du bureau, les animaux passent régulièrement se faire traire. Pas de stress : des Prim’
Holstein très calmes, même parmi les jeunes. “Ce qui me conforte dans mon choix de marque, c’est une réelle fiabilité du système. En cinq ans, je n’ai eu qu’une panne, mineure, (une carte informatique grillée) changée en moins de 2 h 30 par le service après-vente de chez Boumatic”. Et d’indiquer, “le sérieux du SAV a aussi pesé dans l’achat”.

Amortissement sur 12 ans
Acquérir un robot, quelle que soit la marque, n’est pas un investissement à prendre à la légère. “Mon amortissement est calculé sur 12 ans. Le Proflex restera jusqu’à son dernier souffle sur l’exploitation”. Un appareil qui ne craint pas la surchauffe, “j’ai eu, à un moment, 64 VL à passer. Je suis monté assez haut en traites. Aujourd’hui, la moyenne s’établit à 2,8/3 par jour, plus confortable pour les animaux”. Pas de bonne traite sans ration optimum. Notre jeune éleveur la calcule au mieux. “Entre 24 et 25 kilos par laitière, composés d’un mélange “maison” de ray grass-trèfle, d’ensilage de maïs et de beaucoup de paille”. Pour les taries, même régime mais avec un kilo de correcteur. “Je n’ai aucun problème de reprise de lactation au robot ; même chose pour les premiers vêlages”. Cyril, comme tous les producteurs, face à l’envolée des cours de l’aliment, mais aussi du fioul, cherche des pistes d’économies en jouant davantage la carte de l’autonomie alimentaire. “Je n’ai que 54 ha de SAU ; je dois avouer que si je ne cours pas après la terre, une dizaine d’hectares en plus seraient les bienvenus. Par chance, mon parcellaire est regroupé autour de l’exploitation”. Pour arriver à faire sa référence de 380 000 litres (32, 5 de TP et 41,5 de TB), soit 7 500 l par VL, Cyril Lallemand mise sur 18 ha de maïs, idem pour le blé qui fournit la paille indispensable au paillage et à la ration, mais aussi une augmentation de la surface en luzerne. “Je suis passé de 3 à 8 ha pour avoir plus de disponibilité en protéines”. Les prairies, elles, sont justes avec seulement 10 ha. Autant dire que la gestion tournante du pâturage est effectuée au millimètre sur trois parcelles. Grâce à son robot et la marge de manœuvre qu’il lui donne, Cyril arrive à tout gérer sans trop de difficultés. “J’élève tous les veaux femelles pour le renouvellement du cheptel ; les mâles font des taurillons”.
Le robot ne fait cependant pas tout, même s’il participe au bon EBE de l’exploitation. « Quelques mois après mon installation, j’ai connu la crise de 2009. L’avenir du lait ? Il va falloir être costaud pour arriver à amortir toutes les augmentations de charges, non seulement l’aliment ou le fioul mais aussi les semences, les engrais et produits phytos. Pour moi, il est indispensable que le prix du lait augmente à la production. C’est la seule façon d’éviter le découragement et donc l’abandon par les jeunes de cette production”.

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