Claire Guiet, entrepreneure normande, endosse bien des casquettes à Socodn
D'une alternance au poste de direction, Claire Guiet a su saisir sa chance au sein de l'entreprise familiale Socodn. Être "la fille de" l'a forcée à redoubler d'efforts. Entre management, promotion des filières et adaptation, le quotidien est loin d'être ennuyant.
Claire Guiet porte la veste de tailleur, aussi bien que le tablier blanc et les bottes en caoutchouc, la casquette de livreuse que le casque audio... La jeune femme de 35 ans, directrice de Socodn, a su faire sa place au sein de l'entreprise familiale. Ses parents, Christophe - ancien boucher - et Nathalie Hardy, ont créé la structure spécialisée dans le négoce en 2006, puis l'atelier de découpe en 2009, à Saint-Lô. Ils ont migré vers le Calvados, à Souleuvre-en-Bocage, en 2015. Vendredi 25 septembre, l'entreprise a fêté ses vingt ans. 110 personnes sont venues inaugurer le nouveau bâtiment de 350 m2.
"Porter haut les couleurs de la viande"
Si elle se destinait initialement au monde des grandes et moyennes surfaces (GMS), Claire Guiet a finalement atterri au sein du berceau familial, "faute d'avoir trouvé un patron en GMS pour mon alternance lors de ma licence", admet-elle. Vendeuse, livreuse, comptable à la facturation, standardiste... Elle est passée par tous les postes avant de devenir directrice, seulement quelques années après son arrivée, en 2012. "Porter le même nom m'a aidée à rentrer dans la boîte, mais cela n'a pas été en ma faveur pour le reste. Cela a même été pire. Il faut prouver qu'on a sa place en permanence. [...] Je n'avais même pas 20 ans quand je suis arrivée ici. Ça m'a appris la vie ! Je me suis vite forgé un caractère pour montrer que je n'avais pas juste été parachutée là, confirme la jeune maman. Ce qui m'importe, c'est porter haut les couleurs de la viande."
Découper & s'adapter
"La partie que je préfère, c'est le management", déclare Claire Guiet. L'entreprise compte 37 salariés, une famille élargie qui a traversé le Covid et l'annulation des commandes comme la flambée des prix de la viande bovine. "On s'adapte tout le temps. On tient à garder toute la chaîne en interne, c'est pourquoi on dispose de notre propre flotte avec dix utilitaires. On livre directement les restaurateurs dans le Calvados, la Manche et l'Orne. Le négoce, tout le monde sait faire, mais la découpe, c'est vraiment notre particularité", admet-elle.
"Le négoce, tout le monde sait faire. La découpe, c'est notre particularité."
Chaque commande est faite sur mesure pour le professionnel. La restauration représente 55 % de leurs débouchés. Sinon, les commandes partent aux bouchers, aux traiteurs, mais aussi aux collèges et aux lycées. "On a une vingtaine d'éleveurs qui nous demandent de découper leurs bêtes en lot, pour vendre sous-vide ensuite. On s'adapte", explique-t-elle.
Un secteur concurrentiel
Depuis presque deux ans, elle observe un bond de la volaille. "Depuis que le bœuf a explosé en matière de prix, la volaille est en hausse", constate-t-elle. Socodn enregistre 200 000 € de chiffres d'affaires. Au total, 20 à 25 tonnes sont découpées par semaine, 200 commandes sont passées par jour, etc. "Ce n'était pas aussi concurrentiel avant. Il y a de la place pour tout le monde. [...] On travaille encore en contre saison avec de la viande achetée à l'automne qu'on découpe et surgèle pour l'été", explique-t-elle. L'agrandissement du site de 350 m2 a permis, outre de nouveaux bureaux ou ateliers, la séparation de la ligne dédiée au porc, pour répondre aux enjeux sanitaires et aux nouvelles réglementations. Autant de savoir-faire que la famille présentera au Sommet de l'élevage du 7 au 10 octobre à Clermont-Ferrand, en lien avec Interbev.