Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Clément Lebrun : « l’emploi partagé pour fixer des compétences »

llll Avec non loin d’une cinquantaine d’ETP (Equivalent Temps Plein), l’emploi partagé fait partie du quotidien de la ferme Calvados. Clément Lebrun, avec ses collègues Eric, Yoan et désormais Jérôme, l’ont adopté il y a 3 mois à la plus grande satisfaction de Mandy Cossin.

De gauche à droite : Eric Martin (producteur de lait à Drubec), Clément Lebrun (producteur de viande et produits cidricoles-vente directe à Gonneville-sur-Mer), Yoan Skorupa (producteur de fromages de chêvres à Basseneville), Jennifer Deruyter (animatrice du GE 14) et Jérôme Jaillard (producteur de fromages de chêvres à Basseneville). L’emploi partagé crée également du lien entre agriculteurs. 
De gauche à droite : Eric Martin (producteur de lait à Drubec), Clément Lebrun (producteur de viande et produits cidricoles-vente directe à Gonneville-sur-Mer), Yoan Skorupa (producteur de fromages de chêvres à Basseneville), Jennifer Deruyter (animatrice du GE 14) et Jérôme Jaillard (producteur de fromages de chêvres à Basseneville). L’emploi partagé crée également du lien entre agriculteurs. 
© TG

>> Clément Lebrun, comment est née cette idée d’un emploi partagé sur votre exploitation ?
Mandy a fait un BTS «productions animales» en alternance sur mon exploitation pendant deux ans. A l’issue de sa formation, ma priorité était de l’embaucher mais je n’avais pas de quoi lui proposer un temps plein. L’emploi partagé s’est donc avéré comme une piste à creuser.

>> Concrètement, comment se projet a-t-il aboutit ?
Tout d’abord le bouche-à-oreille qui m’a permis d’identifier un
voisin qui lui aussi cherchait à embaucher une compétence à temps partiel. Mais cela ne suffisait pas. Nous avons donc fait appel au GE 14 (Groupement d’Employeurs Agricoles de Calvados) dont je suis administrateur.

>> C’est quoi le GE 14 ?
C’est une association de type Loi 1901 à but non lucratif ayant pour objet la mise à disposition de salariés au profit de ses adhérents. Le GE est l’employeur unique du salarié. Le salarié est sous la responsabilité de l’adhérent le temps de la mise à disposition. Enfin, l’adhérent est chargé de donner les consignes de travail et de veiller à la sécurité du salarié.

>> De l’intention à l’opérationnel, cela demande du temps ?
C’est un processus qui se fait en plusieurs étapes.
Tout d’abord, le GE aide l’agriculteur à définir son besoin en main-d’œuvre (compétences, temps de travail...).
Ensuite, le GE regroupe des exploitants proches géographiquement recherchant le même profil de salarié et pouvant s’accorder en termes de planning. Vient ensuite la phase de regroupement (rédaction d’offres d’emplois, tri des candidatures, entretien...).
Après accord entre l’adhérent et le salarié, le GE assure enfin les démarches administratives liées à l’embauche (contrat, déclaration MSA...) ainsi que le suivi du salarié (paye, congés, formation...).

>> Quels sont les avantages pour l’exploitant et pour le salarié ?
Pour l’agriculteur, c’est de disposer de compétences dont il a besoin, de se décharger des contraintes administratives à l’embauche, de fidéliser un salarié en lui offrant un temps plein, de bénéficier des compétences du GE 14 en gestion des ressources humaines. Pour le salarié, c’est de disposer d’un emploi stable avec une rémunération régulière et systématiquement au-dessus du SMIC à compter du 1er janvier 2019, de bénéficier d’un comité d’entreprise qui va se matérialiser cette année par un arbre de Noël. Le salarié sort donc de son isolement. Sans oublier la formation qui permet de monter en compétence et en polyvalence.

>> Vous l’avez vérifié ?
Oui puisque Mandy va bientôt suivre diverses formations dans le cadre de besoins particuliers (sanitaire pour la transformation à la ferme, pilotage du télescopique...). Cette montée en compétences profite à chacun.

>> Un système qui a des limites ?
Je ne sais pas si on peut parler de limites mais en tant qu’adhérents, nous devons respecter nos engagements en termes de nombre d’heures tout en sachant faire preuve de souplesse en cas de nécessité.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

MARC BUON ET SA FILLE JULIE
Marc revit et fait sa rééducation en allant voir ses vaches
Agriculteur à Loucelles, ancien président de la FDSEA du Calvados et ancien vice-président de la Safer Normandie, Marc Buon est…
Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
John Deere : le premier 8R sur les routes du pays d’Auge
Les établissement Ruaux ont vendu et livré le premier tracteur John Deere 8R/370 en Normandie. Visite complète au champ.
ELISE HEBERT
« Si je n’essaie pas, je serai déçue »
Anxieuse, mais bosseuse, Élise Hébert, 22 ans, est salariée de l’entreprise de travaux agricoles Vandecandelaère, à Saint-Manvieu…
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Élodie et Baptiste Leclerc (50)
Témoignage d'Élodie et Baptiste Leclerc, éleveurs de veaux à Le Mesnilbus (50)
Élodie et Baptiste Leclerc élèvent des veaux à Le Mesnilbus (50) en intégration chez Denkavit. Âgés tous les deux de 31 ans, ils…
Publicité