Aller au contenu principal

Co-gestion ou syndicat de propositions ? La FDSEA affirme son choix

Lors de son assemblée générale, la FDSEA de la Manche a souhaité apporter sa vision sur les relations avec les collectivités et l'État.

" J'entends parfois qu'on nous reproche de cogérer la politique agricole avec l'État. Il n'en est rien : nous réalisons simplement notre travail syndical au nom de nos adhérents. Et nous continuerons à le faire ", confie Jean-Michel Hamel, président de la FDSEA de la Manche. De ce constat, il en a fait le sujet de la table ronde de l'assemblée générale le 2 juillet dernier dans les locaux du Pôle Agglo 21 à Saint-Lô. Se sont succédés au micro, Romain Blanchard, secrétaire général adjoint de la FNSEA et viticulteur des Bouches-du-Rhône, Bernard Guillard, président d'Agrial et en visio, Stéphane Travert, député de la Manche et ancien ministre de l'Agriculture, chacun livrant sa vision sur le sujet avec le mandat qui est le sien.

Trouver des solutions

En 1946, la FNSEA avait pour objectif de co-construire avec l'État la modernisation des exploitations, l'augmentation des rendements, pour assurer la souveraineté alimentaire. 80 ans plus tard, au sein du syndicat majoritaire, " nous sommes toujours des responsables engagés. On identifie les problèmes et on s'engage à trouver des solutions et à convaincre les interlocuteurs ", affirme Romain Blanchard. " Il y a une légende affirmant que les ministres de l'Agriculture sont nommés par la FNSEA. Ce n'est pas le cas. On n'a pas toujours été d'accord ", assure le représentant national.

Un dialogue permanent

Député manchois et ancien ministre de l'Agriculture de 2017 à 2018, Stéphane Travert témoignait en visioconférence : " Quand vous êtes élu ou ministre, les attentes ne sont pas forcément les mêmes. Mais il est attendu un esprit de dialogue. Les syndicats minoritaires parlent de co-gestion. Ils aimeraient être majoritaires mais les agriculteurs font des choix aux élections de la chambre ". Dans la Manche, en janvier 2025, la liste FDSEA-JA avait remporté le collège des exploitants conduisant François Rihouet à la tête de la chambre consulaire pour six ans. " Même s'il est légitime d'entendre les uns et les autres ", la voix des syndicats majoritaires est donc forcément prépondérante. " Les pouvoirs publics doivent dérouler leur feuille de route mais en tenant compte du terrain ", rappelle Stéphane Travert, et ce " dans le dialogue permanent " pour atteindre un objectif commun : " la compétitivité, le revenu et faciliter la vie des agriculteurs car l'agriculture, c'est du vivant. "

Une voix économique

La troisième voix à se faire entendre a été celle de Bernard Guillard, maraîcher dans la baie du Mont Saint-Michel et président de la coopérative Agrial. Il présente une dimension économique. " Certes, la coopération est la continuité du syndicalisme. Nos adhérents intègrent nos organisations volontairement. Les coopérateurs ne sont pas des militants en tant que tels, mais bien des acteurs économiques. Alors, notre rôle est de porter une voix économique auprès des pouvoirs publics parce qu'on est employeur de main-d'œuvre, une main-d'œuvre non délocalisable. Tout en constatant le poids grandissant sur l'agriculture des attentes sociétales et environnementales ", avance le coopérateur qui souhaiterait être " plus écouté ", pour pouvoir faire entendre " nos solutions ".

Quel est le rôle du consommateur ?

Pour les deux agriculteurs présents, le consommateur a son rôle à jouer. " La société nous attend sur tous les sujets mais de manière très contradictoire ", déplore Bernard Guillard. Or, " tous les jours, ils votent avec leur carte bancaire en choisissant leur alimentation ". Dans les exploitations, les agriculteurs " ont besoin d'une vision et un cap clairs ", et " un discours de vérité par les élus ", conclut le représentant national.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
"Le seul dossier que je veux bien continuer de regarder, c'est la RN 12, car le sud de l'Eure et l'Orne ", dit Hervé Morin
"L'investissement sur les routes, c'est terminé"
La Région Normandie prépare son budget 2027. Les ressources diminuent et l'investissement plafonnera à 550 millions d'euros. Il y…
Publicité