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Culture
Colza : bilan après l’épisode de froid

Alors que l’hiver n’est pas encore terminé, les conditions climatiques rigoureuses que nous venons de subir ont entraîné des pertes de feuilles non négligeables sur les colzas. Les premiers résultats présentés montrent une grande variabilité selon les parcelles.

Grâce aux conditions automnales particulièrement douces et aux fortes disponibilités azotées, les colzas avaient eu une forte croissance : plus de 2 kg/m² en moyenne soit plus de 136 u d’absorbé (environ 60 u de plus que la campagne précédente).Quelques pesées ont pu être réalisées avant les grands froids. La perte de biomasse était de l’ordre de 20 - 25 % et s’expliquait par le renouvellement foliaire et la senescence des feuilles âgées (une feuille lobée de colza “vit” environ 500° C.jour en base 0, valeur largement cumulée avant l’arrivée du grand froid).De nouvelles pesées ont été réalisées après la vague de froid. Les pertes avoisinent en moyenne 50 - 60 % par rapport à l’entrée de l’hiver. Ces pertes peuvent varier de 35 % à 75 % selon les parcelles et également selon la présence de neige plus ou moins importante (graphique).

Quelle mesure prendre en compte pour les biomasses colza ?

Afin de déterminer au mieux la quantité d’azote absorbé, la meilleure méthode est de faire la moyenne entre la biomasse entrée hiver et celle réalisée ces jours derniers, APRES l’épisode gelif.Il faut savoir que :

- une proportion importante de l’azote de la plante, 65 à 70 %, est stockée dans la racine et le collet. Même si le colza a perdu beaucoup de feuilles, il contient encore beaucoup d’azote ;

- près de la moitié de l’azote des feuilles gelées est réutilisée par le colza. La décomposition des feuilles gelées est très rapide. Le colza bénéficie de 40 à 50 % de l’azote libéré par les feuilles gelées. Nos données analytiques ont confirmé que la dilution de l’azote dans les feuilles à l’automne reste faible, même en cas de fortes croissances.

Si vous avez réalisé une biomasse entrée hiver et une en janvier avant l’épisode de gel : réaliser à nouveau une pesée actuellement qui vous servira de donnée sortie hiver (celle de janvier ne servira pas pour le calcul d’azote absorbé).
Si vous avez uniquement la biomasse de janvier avant les gelées : réaliser une nouvelle pesée actuellement. Faire une moyenne entre ces deux valeurs en majorant la biomasse de janvier de 1.2 (prise en compte des pertes de feuilles par sénescence naturelle).
Si n’avez fait aucune biomasse jusqu’à ce jour : réaliser une pesée maintenant mais attention, cette biomasse sera sous-estimée mais il est difficile d’estimer de combien. Augmentez ce poids d’environ 25 % pour tenir compte des pertes de feuilles, sinon il y a donc un risque important de surfertilisation (voir graphique).

Encore trop tôt pour connaître le devenir de certains colzas

Les interrogations sont nombreuses quant au devenir des colzas suite à cet épisode de fortes gelées. Néanmoins, il peut être encore un peu tôt pour risquer un diagnostic. Les colzas ont pu s’endurcir car le froid s’est installé progressivement.Il faut donc attendre la reprise de végétation et ne pas se précipiter : le colza est une plante douée de fortes capacités de compensation.Les plantes avec de fortes élongations seront les plus touchées par le gel.


Quelle attitude selon l’état du couvert ?

- Les feuilles sont gelées mais pas les apex : situations favorables aujourd’hui. Il sera nécessaire d’adapter la fertilisation azotée selon la biomasse du colza (tableau ci-dessus).

- Les feuilles et les apex sont gelés : il est nécessaire de faire un état des lieux de l’état sanitaire (larves d’altises par exemple) et du nombre de plantes viables. Le tableau ci-dessus permet d’estimer si la culture peut rester en place ou doit être remplacée.


Attention

Le retournement d’une parcelle coûte cher (temps, semences…) et des contraintes existent selon le désherbage réalisé (www.cetiom.fr/colza/cultiver-du-colza/accidents-climatiques/ destruction-et-remplacement/). Par ailleurs, il n’est pas toujours certain que la marge dégagée par la culture de remplacement soit supérieure à celle que produira la culture de colza conservée.Plus que jamais, il conviendra bien entendu d’adapter la fertilisation azotée au potentiel de la culture.
Adapter le fractionnement de l’azoteIl est préférable de réaliser un état des lieux de l’état de la parcelle avant les premiers apports d’azote (tableau ci-dessous).

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