Aller au contenu principal
Font Size

Colza : début de floraison délicat constaté dans certaines parcelles de la région

Depuis la mi-avril, certains colzas présentent des avortements importants de boutons floraux sur la hampe principale et les premières ramifications.

Hormis le littoral qui semble plus épargné, les dégâts sont fréquemment constatés là où la pluviométrie est très faible depuis le 10 mars. Dans l'Orne cela concerne les secteurs du Perche, en remontant vers Sées, Argentan et en allant jusqu'à Alençon. Dans le Calvados, des parcelles en grandes difficultés sont signalées aux alentours de Falaise, Saint-Pierre s/Dives et aussi plus à l'Est dans le Pays d'Auge.

Les symptômes ? Peu de fleurs et des pédoncules sans siliques
Alors que les cultures de colza devraient être en pleine floraison (jaune vif), une observation attentive permet de constater un avortement massif boutons floraux (jaune pâle vu de la route). Le phénomène touche alors souvent l'ensemble de la parcelle. Chose surprenante, ces parcelles en détresse peuvent aussi parfois jouxter des parcelles manifestement indemnes et en pleine santé.

Plusieurs facteurs incriminés
Une cause unique ne peut expliquer à elle seule les symptômes observés. Les premières investigations permettent de dresser les constats suivants :
1. Le facteur nutritionnel et le parcours de croissance du colza depuis le début de la campagne sont déterminants. Les secteurs et les parcelles les plus séchantes et/ou non suffisamment pourvus ou éléments minéraux sont plus touchés. Les colzas sains et bien développés ayant reçu quantité d'eau autour du 22-23 mars sont fréquemment épargnés. A cette date, les situations tardives en défaut d'alimentation semblent plus fréquemment impactées.
2. Les enracinements défaillants (petits pivots, fourchus ou coudés) et/ ou des structures de sol défavorables pénalisent d'autant plus l'alimentation en eau et en nutriments même si ces derniers sont présents dans le sol.
3. Des pressions localement fortes de méligèthes et/ ou charançons de la tige du colza peuvent amplifier les dégâts. Ainsi, dans de nombreux cas de parcelles à risques (proximité de bois, terres superficielles ou colza handicapé par une croissance faible), des symptômes de boutons desséchés avec morsures confirment bien des défaillances de suivi des méligèthes et/ou des erreurs de choix de produit de protection (résistances des méligèthes aux pyréthrinoides avérées depuis longtemps). La durée d'exposition à la pression méligèthe est également un facteur explicatif. Dans le secteur de St-Pierre sur Dives, des dégâts notables de charançons de la tige s'ajoutent bien souvent aux problèmes méligèthes.
4. Suite aux amplitudes thermiques (écart de T° jour- nuit) relevées le 3 avril puis du 6 au 9 avril, les plantes n'ayant pas commencé à fleurir début avril ne savaient pas trop si elles devaient se mettre en fonctionnement reproductif ou temporiser et prioriser la croissance de sa biomasse. L'offre climatique a certainement perturbé la physiologie du colza, de façon contrastée selon les secteurs voire micro-secteurs géographiques.
5. La variété : à ce stade rien ne permet d'incriminer une variété plutôt qu'une autre. Toutefois, les variétés éruciques cultivées notamment dans l'Eure -plus précoces de 4 à 5 jours à floraison que la majorité des variétés classiques- ne sont pas impactées contrairement à des variétés classiques de gamme « mi-tardive » à floraison (ex : Cristiano KWS, Diffusion, Inv 1010...) et « tardive » comme Es Mambo par exemple.
Evidemment, le cumul de l'un ou l'autre de ces facteurs amplifie l'intensité du problème.

Des capacités de compensation souvent surprenante en colza
Les capacités de récupération sont largement reconnues et documentées chez le colza. La compensation est néanmoins très dépendante des conditions climatiques à venir. Un retour significatif de la pluie dans les 15 jours à venir permettra aux parcelles concernées de réactiver des bourgeons dormants et d'engager un nouveau cycle de floraison. A la date de rédaction de cet article (21 avril), on ne peut que conseiller de maintenir les parcelles en place et adapter le positionnement du fongicide anti-sclerotinia de la meilleure façon qui soit juste avant qu'une phase de floraison intense ne se déclare.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

MALTRAITANCE CHEVAUX
Un cas dans le Calvados et un dans l'Orne: vigilance et bon voisinage contre les actes de barbarie sur les équidés
Le 25 août 2020, un cheval ornais est retrouvé avec une entaille à l’encolure. Vendredi 28 août 2020, deux chevaux du club…
VEAU 1835
Matricule 1835, levez-vous !
« Matricule 1835, levez-vous » ou l’histoire d’un veau condamné à ce que ses données morphologiques soient retirées de l’…
PAUL CHEVALIER JA 61
" J’ai été surpris mais content d’être élu au bureau "
Paul Chevalier est entré au bureau départemental jeudi 18 juin. À 20 ans, il est secrétaire général adjoint. S’il n’envisage pas…
Armand Prod’homme JA 61
" Pas d’élevage, pas de paysage "
Armand Prod’homme, 22 ans, est en cours d’installation au Gaec Olo, à Livaie, dans le secteur d’Alençon. Le nouveau responsable…
OPNC LACTALIS
Lactalis : L’accord-cadre est signé
L’OPNC (Organisation des Producteurs Normandie Centre) est la première des neuf OP adhérentes à l’Unell a avoir signé un accord-…
AGNEAU PRE SALE
Accrocher les wagons AOT à la locomotive AOP
Après 30 années de travail, l’agneau de pré-salé a enfin obtenu le fameux sésame AOP. Mais la vie dans les herbus n’est pas un…
Publicité