Comices agricoles : les éleveurs sont-ils toujours motivés ?
Après un an d'arrêt pour cause de risque sanitaire, les concours d'animaux sont de retour dans la Manche. Même si cela a demandé davantage de travail à dresser les animaux, les éleveurs affichent le sourire sur le ring, avec un plaisir à se retrouver. La réussite repose sur la passion et l'envie de quelques éleveurs.
Serena (Oltraford x Mamizel), une Normande en 3e lactation appartenant au Gaec de la Grande Haie du Teilleul, aura inscrit son nom au premier concours d'arrondissement de l'année, celui d'Avranches qui a eu lieu le 8 juillet dernier sous le marché couvert de Saint-Hilaire-du-Harcouët. Abriter les bêtes des rayons de soleil avait été une décision du juge Nicolas Maurice, venant de Villiers-le-Prè, commune déléguée de Saint-James. Ce titre pourrait donner l'envie à l'éleveur, Jérôme Béatrix et son fils, Arthur, de l'inscrire au concours départemental de Lessay en septembre prochain. C'est sans compter sur les comices des Pieux le 23 mai, Bricquebec le 10 juin, Percy le 13 juin, Canisy le 26 juin, Torigny le 4 juillet, Avranches le 10 juillet. Et pour les prochaines semaines, la liste se complète avec une dizaine de dates.
Relancer la machine
Pour cette année, le défi était de taille parce que la FCO (fièvre catarrhale ovine) avait enrayé une grande majorité des concours en 2025. C'était d'autant plus le cas pour le concours d'arrondissement d'Avranches qui n'avait plus eu lieu depuis 2023. Cela avait été déception à l'époque pour le président, Jean-Pierre Cahorel. Mais, ce 8 juillet, le sourire était de rigueur. " Il faut relancer la machine ", confie-t-il. " Cette année, c'est plutôt la canicule et la moisson avancée qui freine la participation ", note-t-il. Pour autant, " cela n'a rien à voir par rapport au contexte sanitaire. "
Premières sorties
Pour Philippe Gombert, éleveur à Saint-Jean-de-la-Haize, et président du comice du canton d'Avranches, " c'est plus compliqué à repartir ", concède celui qui a opté pour la place de l'évêché à Avranches, une place plus ombragée que celle du Jardin des plantes. " Il faut dresser de nouvelles vaches, leur apprendre à marcher. Et cela demande du temps ", poursuit Pascal Orvain, éleveur d'Isigny-le-Buat. Et pour cause, les deux tiers de ses animaux sortaient pour la première fois. " Il y a des générations de vaches qui ne sont jamais sorties ", assure-t-il. A Torigny-les-Villes, les éleveurs ont joué le jeu. " Bien que nous ayons reculé la date, nous avons eu des éleveurs et notamment des nouveaux. On a senti de la motivation ", reconnaît Sylvain Nativelle, installé à Saint-Amand-Villages en Prim'Holstein. " Il y avait un manque sans aucun doute ", avance-t-il.
Contents de ressortir
À l'issue des compétitions, les éleveurs affichent une satisfaction. " On est content de ressortir ", note Nicolas Avenel, éleveur de moutons en race Cotentin qui, le 22 août à l'hippodrome de Brécey, marquera les 100 ans de la race avec un an de retard. Cela est de bon augure pour le festival de l'élevage à Lessay, appelé désormais Planet'élevage. Les Normandes seront jugées par Vivien Piou, éleveur basé à Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire) et les Prim'Holstein par Guillaume Moiziard (Morbihan), technicien à Prim'Holstein France. Les inscriptions sont toujours ouvertes auprès des animateurs de race. Rendez-vous les 11, 12 et 13 septembre à Lessay.