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Sanitaire
Commencer à surveiller les cécidomyies dans les secteurs affectés en 2009

Plus fréquemment rencontrée en régions Centre et Nord, la cécidomyie s’est “invitée” dans la campagne bas-normande en 2009.

Si les niveaux d’infestation étaient le plus généralement faibles à nuls, quelques secteurs, dans l’Orne et du côté de Falaise notamment, ont pu subir des attaques plus importantes, à l’origine de pertes de rendement sur le blé. L’insecte étant inféodé à la parcelle, les zones à surveiller en priorité cette année sont celles ayant connu des infestations moyennes à fortes les années passées. La surveillance doit débuter dès l’épiaison. La présence ou non de l’insecte en 2010 dépendra des conditions climatiques.

Un insecte inféodé à la parcelle, plus fréquent en blé sur blé
L’insecte présente une génération par an et ses cocons ont la capacité de rester viables dans le sol à l’état de repos plus de 10 ans. Ils éclosent si les conditions agro-climatiques leur sont propices (souvent de rapides pullulations dans certaines parcelles). Les éclosions sont possibles lorsque les cocons ont subi une certaine quantité de températures froides. De fait, les hivers longs et rudes (comme cette année) favorisent les attaques massives. Les printemps secs sur le début et humides sur la fin sont aussi des facteurs favorisants. Les adultes émergent au printemps.
Les femelles rejoignent alors les épis, pour pondre dans les épillets, le soir, à partir de mi à fin mai. Les éclosions auront lieu 5 à 10 jours plus tard. Les larves séjournent ensuite 3 à 4 semaines dans l’épi, avant de s’enfermer dans leurs cocons (au sol où ils entameront leur diapause). Le cycle de la cécidomyie montre que l’insecte est relativement inféodé à la parcelle. Les rotations avec un retour fréquent de céréales sont les plus exposées aux attaques, au premier rang desquels les blés de blé.

Observer les vols pendant la période épiaison/fin floraison
Le blé est particulièrement sensible aux attaques de cécidomyies du début de l’épiaison jusqu’à la fin de la floraison. Les adultes s’observent en soirée (de 19 à 21 h), en particulier par vent faible et températures supérieures à 15° C (voire en journée après un orage, si le vent tombe).
L’observation est indispensable pour justifier d’une intervention. Placer une cuvette jaune de type “cuvette colza” de manière à ce que le bord supérieur de la cuvette soit positionné au niveau de la base des épis afin de ne pas attirer de trop loin les cécidomyies . La cuvette est installée à 10-15 m du bord de la parcelle, quelques jours avant l'épiaison. Des relevés de la cuvette sont effectués tous les 2 jours jusqu'à la première capture de cécidomyies. Ensuite, les relevés se feront tous les matins.
Le seuil d’intervention est de 10 captures par 24 heures (ou 20 captures par 48 heures).
L'activité de ponte est généralement importante lorsque les conditions suivantes sont réunies : température > 15° C en soirée, temps orageux, absence de vent (vent < 7 km/h).

Intervenir quand les adultes sont posés sur les épis
Combattre efficacement les larves dans les épis s’avère illusoire car seuls les insecticides de contact sont autorisés et ces derniers ne les atteignent pas. La lutte vise les adultes avant la ponte. Cela explique les recommandations pour traiter au moment où les insectes sont en position de ponte sur les épis et volent autour des épis prêts à pondre. Une dizaine d’insecticides sont homologués mais, quel que soit le produit utilisé, leur efficacité est moyenne et/ou irrégulière. Plusieurs interventions peuvent être nécessaires à chaque nouveau vol. L’efficacité est liée à la présence des insectes au moment du traitement.
5 matières actives sont autorisées contre les cécidomyies :
• Deltaméthrine (Decis Expert, Decis Protech, Pearl, Split, Pearl Expert, Split Expert) ;
• Alphaméthrine (Fastac, Mageos MD, Clameur) ;
• Lamba-cyhalothrine (Karaté Zéon, Karaté Xpress, Pool) ;
• Tau-fluvalinate (Mavrik Flo, Talita) ;
• Thiaclopride + deltaméthrine (Proteus).

Qu’en est-il pour 2010 ?
Les conditions de cet hiver (long et froid) ont été a priori plutôt favorables aux cécidomyies.
En revanche, les conditions climatiques des semaines passées sèches, fraîches et venteuses leur sont plutôt défavorables. Le retour des orages la semaine passée dans certains secteurs leur sont redevenues plus favorables.
Le stade favorable étant début épiaison, la vigilance doit commencer dans les secteurs touchés l’an dernier en priorité.
Retrouvez l’état des lieux des observations de cet insecte sur la Normandie dans les bulletins de santé du végétal, actualisés chaque jeudi matin sur le site web de la DRAAF (accès gratuit).

Conduite à tenir
Equiper dès maintenant les parcelles de cuvettes jaunes notamment sur les zones à forte activité cécidomyies en 2009. Varier les situations : concomitance entre la phase de sensibilité des variétés (épiaison à floraison) et les pics de vol.
Observer et relever les pièges.
Si le seuil d’intervention est atteint, intervenir avec des produits homologués contre la cécidomyie en respectant les conditions d’application.
La mise en œuvre d’un traitement systématique (à l’aveugle) a toutes les chances d’être inefficace. En effet, seuls les insectes présents au moment du traitement peuvent être détruits par l’insecticide. Les produits actuels n’ont ni curativité ni persistance.

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