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Culture
Comment implanter la luzerne au printemps ?

Les grandes qualités agronomiques de la luzerne incitent à nouveau bon nombre d’agriculteurs-éleveurs à renouer avec cette légumineuse prairiale. Les fluctuations importantes du prix des engrais et des concentrés azotés, l’évolution de la réglementation sur les phytosanitaires, ainsi que l’éligibilité aux aides protéagineux constituent un contexte favorable au développement des surfaces.

Ses atouts
C’est la plante qui fournit le plus de protéines par hectare dans nos régions, en totale autonomie par rapport à l’azote, grâce à l’association avec la bactérie présente dans les nodosités de ses racines (Rhizobium).
Elle se révèle ainsi une tête de rotation excellente dans un système de culture, en remettant progressivement plus de 200 unités d’azote sur les cultures suivantes. Son système racinaire puissant, prospecte un grand volume de terre, avec un effet améliorateur sur la structure du sol.
Sur le plan zootechnique, la luzerne apporte simultanément concentration en protéines et amélioration de l‘indice de fibrosité.

Choisir le bon sol
La plante a des exigences : il lui faut des terres saines, qui drainent bien l’hiver, et elle craint les sols froids et asphyxiants.
Concernant l’acidité du sol, elle semble un peu plus tolérante que l’image que l’on en a : on peut la cultiver dans des sols dès que le pH dépasse 5,5 sous condition d’un entretien régulier de la parcelle en calcium.

Bien choisir la variété
Il s’agit de variétés de type “flamande” ayant des notes de dormance de 4 à 5, donc bien adaptées à notre région.
Les variétés récentes ont apporté des progrès en terme de résistance aux maladies (verticilliose et anthracnose) ainsi que vis-à-vis des nématodes des tiges  (tableau 1).
Luzerne pure ou en mélange avec d’autres espèces ?
La luzerne peut être implantée en culture pure, ce qui permet de valoriser sa concentration protéique et ses fibres appétentes, par exemple sous forme d’enrubannage en complément du maïs ensilage.
La culture en association avec des graminées prairiales a toutefois certains avantages :
- une meilleure couverture du  sol à l’implantation, ainsi qu’en hiver. Ce qui peut permettre notamment de s’exonérer des désherbages d’entretien ;
- une conservation plus facile, par l’apport de sucres solubles des graminées ;
- une amélioration de la valeur énergétique par rapport à la luzerne pure ;
- une meilleure souplesse pour un pâturage des repousses, ainsi qu’une récolte en foin moins délicate.
(Voir le tableau 2 : Deux exemples d’associations possibles).
Les meilleures espèces partenaires sont celles les plus aptes à la fauche, et s’adaptant aux mêmes conditions de sol, sain, voire séchant : le dactyle, le brome, la fétuque élevée. L’association avec la fléole est aussi possible en sols sains, en région plus froide (nord Cotentin).

L’implantation au printemps
Le semis de printemps peut se faire à partir du 5-10 mars dés que les conditions de sol permettent  de faire une préparation  soignée.
Le chaulage à l’implantation est généralement bénéfique, hormis en sol calcaire. Apportez 500 kg à 1 tonne de CaO, puis un entretien annuel dans les sols à pH inférieur à 6.
L’inoculation de la semence par les bactéries rhizobium méliloti est nécessaire sur les parcelles n’ayant pas porté de luzerne depuis plus de 10 ans, ainsi qu’en sol à pH inférieur à 6.
Cette inoculation se fait à l’aide d’une spécialité commerciale contenant le rhizobium que l’on trouve facilement chez le négociant.
Le semis sous couvert d’une céréale, au printemps permet de mieux résister à l’implantation d’adventices et de supprimer le coût du désherbage à l’implantation. 
- La préparation du sol : un soin particulier au semis, c’est une petite graine.
Le choix de l’itinéraire a des conséquences sur le développement de la plante. La préparation avec labour semble la plus efficace en prévention des adventices et parasitisme (campagnols, sitones et rhizoctone). Après labour il est souvent nécessaire de reprendre le sol avec un outil à dent pour réduire les mottes avant le passage du combiné herse-semoir.
Semer à faible profondeur (1 cm maximum). En semis en ligne, attention au réglage du semoir. On peut aussi relever les organes d’enterrage au dessus du sol, pour semer comme à la volée. Les faibles écartements (12 cm) sont préférables quand on a le choix du semoir, ils limitent le développement des adventices. Roulez aussitôt pour obtenir une levée rapide et homogène.
- Densité de semis
En culture pure, l’objectif est d’obtenir 300 à 500 pieds à la levée (15-20 pieds par carré de 20 x 20 cm). la dose de semis conseillée est alors de 20 kg par ha en semis de printemps.


Jean laurent
Chambre d'Agriculture de la Manche
jlaurent@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr

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