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Fermes ouvertes
"Communiquer auprès des adultes de demain"

La FDSEA prépare la nouvelle édition des fermes ouvertes, le 11 mai prochain. En 2005, 950 élèves et 43 exploitations avaient participé.

Thierry Le Boucher est président du canton de Troarn et responsable de l´opération "Fermes ouvertes".
Pouvez-vous nous présenter l´opération "Fermes ouvertes" ?
Thierry Le Boucher : Les fermes ouvertes existent depuis 1992. Nos exploitations ouvrent leurs portes aux classes de CM1 et CM2 de l´ensemble du département. Certaines années, les agriculteurs ont accueilli jusqu´à 100 classes.
En 2006, nous avoisinons les 40 à 50 classes.

Pour quelle raison mobilisez-vous les agriculteurs du Calvados pour accueillir des enfants sur leurs exploita-tions ?
C´est une façon de faire découvrir notre métier et notre travail aux enfants issus des villes ou du milieu rural. Mais, ils n´ont plus beaucoup de relations avec les agriculteurs.

On note une baisse de la fréquentation des classes. Quelle en est la cause ?
Nous avons assez d´exploitants pour accueillir les enfants. Aujourd´hui, le problème majeur, c´est surtout le déplacement des classes. Les écoles doivent budgétiser le transport. Les nouvelles normes augmentent les coûts des transports. Là où les transporteurs pouvaient mettre trois enfants, la loi n´en tolère plus que deux. Il s´agit là de l´un des principaux freins à l´expansion de l´opération. Les classes ont une ou deux sorties par an. Elles ont des choix à faire.

Comment développer et faire perdurer l´opération "Fermes ouvertes" ?
Nous souhaitons élargir au domaine de l´artisanat rural. Nous pourrions peut-être proposer l´opération à des cidreries, des fromageries ou à des musées. Nous pourrions partir de la pomme ou du lait pour aller avec eux et les enfants jusqu´au cidre et au fromage. Tout cela est à l´étude.

Quels sont vos arguments pour motiver les agriculteurs à participer aux "Fermes ouvertes" ?
Nous, exploitants agricoles, ne communiquons pas assez avec le monde extérieur. Nous sommes davantage connus dans le milieu urbain pour être des râleurs ou toujours en train de demander. Avec les fermes ouvertes, nous montrons que nous n´avons pas que des mauvais côtés. Les CM1 et CM2 sont surpris de voir le niveau d´équipement des exploitations.
Les enfants sont la bonne cible car ils sont les adultes de demain. Ils n´ont pas d´a priori. Et pour eux, c´est l´occasion de découvrir que le lait ne vient pas d´une brique, mais d´une vache, qu´avec le blé on peut faire du pain comme du dentifrice ou du plastique, et qu´avec du lin on fait du textile. Nous montrons ainsi la richesse et la diversité de notre agriculture. Et les enfants ont souvent des questions très pertinentes...

Accueillir trente enfants sur une exploitation peut inquiéter certains agriculteurs. Comment prépare-t-on cette journée ?
Je sais que c´est un peu la hantise la première fois que l´on accueille une classe. Mais, au final cela se passe très bien car les enseignants ont préparé les enfants. Ils arrivent sur la ferme avec une série de questions à nous poser.
Il faut juste rester le plus naturel possible et montrer la réalité. La visite permet de témoigner de la vie de tous les jours.
Par exemple, quelle est, chez vous, la journée type lors d´une opération "Fermes ouvertes" ?
Les enfants arrivent vers
9 h 30. Je commence par une explication générale de l´exploitation. Nous allons ensuite ramasser des oeufs. La visite se poursuit dans les champs où les enfants découvrent les betteraves, le colza en fleur ou l´orge.
J´utilise les documentations des interprofessions pour montrer l´utilisation concrète de toutes ces cultures. Après le repas, nous proposons une balade en carriole avec un âne. C´est le côté plus festif. Pour terminer, je leur fais conduire le tracteur. Cela dure une heure : le temps de faire passer tous les enfants, plus la maîtresse !
Propos recueillis par V.Motin
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