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Concevoir la culture de maïs dans un contexte d’agro-écologie

Le maïs ensilage a toujours été présent sur l’exploitation. Sa surface s’est réduite depuis 2009 pour faire face à l’objectif d’autonomie en protéines (changement du système fourrager).

Depuis la reconversion bio (mai 2012), les surfaces se sont stabilisées autour de 8 ha. Cette culture est conduite différemment ; de profonds changements de conduite ont été réalisés :- avant 2007, cette culture ne suivait pas un schéma non défini, il pouvait y avoir du maïs/maïs ;- la fumure était beaucoup plus élevée : après le fumier 30 à 40 T/an, cette culture recevait 100 kg de starter/ha (18/46/0) au semis pour favoriser le démarrage de la culture avec un certain succès (+ 1T MS/Ha  essais Boutruche lycée agricole Coutances 2004) ;- au niveau phytosanitaire, la culture recevait :- un insecticide contre la mouche et le taupin (CARTEL…) au semis ;- un programme de désherbage classique (4 à 6 feuilles) (Mikado/ Milagro) auquel s’ajoutait un passage de bineuse (8 à 10 feuilles) ;- après la récolte, les sols n’étaient pas toujours couverts.

On observait un plafonnement des rendements et des impacts environnementaux médiocres (IFT élevés et pertes d’azote par lessivage pendant l’hiver) (tableau 1).

La reconversion en bio dès mai 2012, a permis de mettre en place un certain nombre de choses.

Maintenant…

Le maïs est rentré dans le cœur de la rotationPour gérer les adventices, cette culture a été placée après 4 à 5 années de prairies temporaires ou luzerne.A partir de fin février cette prairie est détruite par un premier passage de canadien… trois semaines plus tard, apport du fumier mou (30 à 40 T/ha) qui est enfoui et mélangé avec les particules d’herbe, racines… Vers la fin avril, un labour est pratiqué puis un semis (8/10 mai) à 5/6 centimètres de profondeur (lutte contre les corbeaux) avec un semoir combiné (6 rangs) adapté à la bineuse de la Cuma de Montcesar. Il faut attendre un sol chaud (> 10° C) pour semer, pour permettre une levée rapide. Après le semis, un premier passage de herse étrille qui a pour but d’aplanir le sol et lui rendre l’aspect d’un “billard”. Après ce passage, les parcelles de maïs sont roulés sur le conseil du chauffeur de la Cuma pour décourager les corbeaux à prélever des pieds. En effet, les corbeaux ne peuvent plus picorer les graines de maïs ou “arracher les germes” puisqu’ils ne sont plus accessibles. Dès le stade 2/3 feuilles, intervention avec la herse étrille, pour la deuxième fois, à grande vitesse (12/13 km/h) facilité par la qualité du sol….Ce passage arrache les petites radicelles. Aux stades 4/6 feuilles et 8/10 feuilles, la Cuma intervient par deux passages de bineuse aux stades 4 à 6 feuilles et 8 à 10 feuilles. Sous conditions sèches, normalement la culture est propre car la vitesse de la bineuse provoque un buttage de la plante. Mais parfois les conditions sont humides et froides, alors la bineuse “beurre”, n’arrache pas complètement les plantes nocives (arroche, renouée persicaire, sanve, liseron) qui peuvent repartir. La propreté de cette culture est la clé de sa réussite. Ce changement de pratique, a permis de maintenir de bons niveaux techniques sans phytosanitaires. Cette pratique peut être couplée passage de phytosanitaires pour les agriculteurs “conventionnels” c’est pourquoi d’autres membres de la Cuma ont opté par un passage de bineuse après une intervention phytosanitaire en réduisant de plus de 50 % les IFT gestion des adventices. Le binage présente aussi un intérêt agronomique en périodes sèches car il “casse les films hydriques qui remontent du sol” évitant ainsi  l’évaporation de l’eau qui reste stationnée au niveau des racines… Ce binage permet aussi de “briser les croûtes de battance”. Le stade délicat du mais s’arrête lorsque la culture “couvre le sol”. Le non utilisation de molécules chimiques entraine bien entendu plus d’interventions (tableau 2).Avec une rotation efficace et une bonne maîtrise des adventices, le maïs conduit dans un contexte agro écologie peut permettre des niveaux de performances proches des mais conduits traditionnellement. Apres cette culture, une orge d’hiver est semée qui couvrira le sol pendant l’hiver et valorisera les reliquats d’azote fournit.

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