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Elevage
Confortez votre stratégie de tarissement par des analyses bactériologiques en complément des comptages cellulaires individuels

Prévention sanitaire des mammites subcliniques des vaches laitières.

Des analyses bactériologiques sur des quartiers infectés peuvent être utiles pour bâtir avec son vétérinaire traitant une stratégie de lutte contre les infections mammaires.
Des analyses bactériologiques sur des quartiers infectés peuvent être utiles pour bâtir avec son vétérinaire traitant une stratégie de lutte contre les infections mammaires.
© GDS 50

Plus couramment utilisé lors de mammites cliniques, l’analyse bactériologique sur lait de mammite (encadré “Prélever du lait d’un quartier pour l’analyse bactériologique”) peut s’avérer un élément de diagnostic utile en complément des comptages cellulaires individuels et de l’enregistrement des mammites cliniques.Cette recherche bactériologique permet ainsi :- d’identifier les bactéries responsables des infections subcliniques et de vérifier si une même bactérie est responsable de la majorité des infections, ou si au contraire, plusieurs bactéries sont concernées ;- de sélectionner les produits de tarissement adaptés (qui peuvent être différents selon les groupes de vaches, saines ou infectées) ;- d’évaluer le profil d’antibiorésistance en cas d’infection à Staphylocoque doré.Le choix des quartiers prélevés pourra être effectué selon le mode opératoire suivant : parmi les vaches en fin de lactation, dont les derniers comptages cellulaires individuels sont supérieurs à 300 000 cellules/ml, un test au Teepol (CMT(1)) permettra de repérer le quartier le plus atteint si plusieurs réagissent sur la même vache (ou dès présence d’une trace de gel si un seul quartier réagi). Un prélèvement (encadré “Prélever du lait d’un quartier pour l’analyse bactériologique”) de 5 quartiers (si 50 vaches en lactation) à 10 quartiers (si une centaine de vaches en lactation) permet de conforter ou de consolider la stratégie du traitement au tarissement. En l’absence de comptages cellulaires individuels, un test au Teepol permettra de repérer les quartiers à prélever sur les vaches présumées infectées.Lors de faibles taux de guérison des infections pendant la période de tarissement, il convient cependant de vérifier la politique de réforme des incurables (encadré “Qu’est ce qu’une vache incurable ?”).


Traitement adapté

En fonction des résultats d’analyses et des comptages cellulaires individuels, le traitement au tarissement sera adapté.Le traitement antibiotique au tarissement permet de :- guérir une majorité de mammites subcliniques établies pendant la lactation (environ 9/10 des infections à Streptocoques et ¾ des infections à Staphylocoque doré) ;- diminuer le risque de nouvelles infections pendant la période sèche (aucun traitement n’est cependant assez actif pour éviter correctement toutes les nouvelles infections, car la persistance des antibiotiques ne permet pas de couvrir le risque d’infection dans les 10 jours qui précèdent le vêlageA ce stade, d’une part  le quartier redevient accessible aux microbes, et d’autre part il est nécessaire de vérifier que le produit couvre les coliformes ( ce qui n’est pas le cas pour une grande partie des antibiotiques).La stratégie de traitement au tarissement pourra être uniforme. Toutes les vaches du troupeau recoivent alors le même traitement antibiotique intramammaire hors lactation, avec un spectre d’activité choisi selon la priorité donnée à la vocation curative ou préventive du traitement et en fonction des résultats d’analyses bactériologiques exploités avec votre vétérinaire traitant.La stratégie peut aussi être différenciée, avec un traitement adapté à la situation de différents groupes de vaches : les vaches infectées au tarissement reçoivent au minimum un traitement intramammaire de type curatif hors lactation (un traitement injectable supplémentaire pouvant être appliqué lors d’infections anciennes aux vaches non incurables, sur prescription vétérinaire). Les vaches saines reçoivent un traitement hors lactation à vocation préventive. Là aussi on utilsera les résultats d’analyses bactériologiques pour sélectionner les produits de tarissement adapéts aux différents groupes de vaches.


En résumé

Une stratégie raisonnée du traitement au tarissement :- permet de connaître le(s) bactérie(s) en cause afin d’adapter les traitements ;- repose sur un prélèvement de qualité, en respectant rigoureusement le protocole (voir encadré) ;- peut permettre de réduire l’usage et le coût d’antibiotique (en réduisant les mammites cliniques) et de diminuer également les risques d’antibiorésistance ;- doit contribuer à terme à réduire les infections chroniques et donc le niveau de comptage cellulaire global de l’exploitation.

(1) Californian Mastitis Test

Telex : prélever du lait d’un quartier pour l’analyse bactériologique

Le principe est de prélever du lait d’un quartier infecté en veillant à n’introduire aucun germe du milieu ambiant. Il convient de laver minutieusement les mains du préleveur et le trayon concerné avec de l’eau chaude (38° C) savonneuse, puis de les sécher correctement avec un papier absorbant, avant de les désinfecter (20 secondes minimum) avec de l’alcool à 70° C. Les 2 premiers jets sont éliminés. Le flacon stérile est dévissé, 4 à 5 jets sont prélevés dans le flacon stérile maintenu horizontalement, puis refermé aussitôt (protocole détaillé et illustré disponible au GDS 50).Correctement identifié (numéro de travail de la vache, quartier prélevé, date de prélèvement), le flacon est congelé (la congélation permet de grouper l’acheminement, le LDA 50 facturant 2 analyses lorsque 2 à 5 prélèvements sont acheminés le même jour, dans une glacière).Le GDS 50 prend en charge 50 % (adhésion Caisse Simple) ou 75 % (adhésion Caisse Complémentaire) du montant HT des frais d’analyses, sur demande préalable d’un numéro d’accord à joindre aux échantillons.La qualité du prélèvement est fondamentale (25 % des prélèvements ne peuvent être analysés correctement car contaminés lors du prélèvement).

Qu’est-ce qu’une vache incurable ?

Parmi les vaches infectées(1) du troupeau, ce sont celles qui ont une faible chance de guérir, c’est-à-dire les vaches déjà infectées sur la lactation précédente :

- et qui n’ont pas guéri après le traitement au tarissement précédent ;

- et/ou qui ont les quartiers durs, déformés, “sous le jarret”;

- et/ou qui ont les trayons abîmés à l’extrémité ;

- et/ou qui ont fait 3 mammites visibles ou plus pendant la lactation ;- et/ou qui ont 3 (voire 4) quartiers infectés.
(1) : au moins 2 CCI > 800 000 cellules/ml sur une lactation


L’opportunité d’utiliser un obturateur

La mise en place d’un obturateur est une alternative utile dans les élevages où le risque de nouvelle infection n’est pas maîtrisé (> 15 %) d’autant que selon certains auteurs, 50 % des animaux n’ont pas de bouchon naturel fonctionnel 10 jours après le tarissement ! Dans quels cas peut on utiliser uniquement un obturateur : à réserver aux vaches très saines et dans un environnement à faible risque d’infection !Dans les élevages où la qualité du lait est maîtrisée mais où subsiste un risque de nouvelle infection, les vaches saines peuvent ne recevoir qu’un obturateur (sous réserve qua la totalité des comptages cellulaires individuels de ces vaches soient inférieurs à 200 000, voire 150 000 pour les 2 derniers comptages cellulaires individuels, et que la vache n’ait eu aucune mammite, possède une mamelle souple, et que l’obturateur soit infusé dans des conditions d’hygiène irréprochables).

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