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Au Lycée agricole de Sées (61)
Connecter formation et terrain

Du Bac pro “Nature, jardin, paysage et forêt” à la seconde générale et technologique en passant par le BTS “Service en espace rural”, l’Etablissement Public Local d’Enseignement et de Formation Professionnelle Agricoles d’Alençon/Sées, communément appelé le Lycée Agricole de Sées, mitonne ses formations avec originalité et en plaçant l’élève au cœur de son futur environnement. Rencontre avec Alexandre, Jéremy, Quentin et Mathieu.

1969/1970-2009/2010. Le 29 mai prochain, le lycée agricole de Sées fêtera ses 40 ans. Des milliers d’agricultrices et d’agriculteurs, normands et d’ailleurs, des centaines d’élus d’OPA (Organisation Professionnelle Agricole) et de techniciens y ont usé leur fond de culotte. Mais de fondements, c’est surtout ceux d’une agriculture en phase avec les attentes sociétales qu’on leur a inculqués. Cependant, tous les cursus scolaires sagiens ne conduisent pas au champ ou à l’étable. Le lycée agricole de Sées a toujours su cultiver ses spécificités : les métiers de la forêt, le service en milieu rural, la seconde générale et technologique...

40 000 emplois dans les 5 ans mais pas de candidats
En France et dans les 5 ans à venir, 40 000 emplois liés à la forêt devraient être créés. A n’en pas douter, une bonne nouvelle pour les instituts de formation. Mais à y regarder de plus près, ça frise presque le hara-kiri. A l’échelon régional, entre Sées, Giel et Pointel qui proposent les formations adéquates, 12 élèves toutes sections confondues. “Même si ça s’améliore, ce sont des métiers qui restent physiques et qui ne bénéficient par forcément d’une bonne image”, avance comme début d’explication Hugo Leroux (enseignant et responsable de la filière forêt au lycée agricole de Sées). Parallèlement, la filière bois manque cruellement d'organisation malgré une interprofession volontaire. Un manque qui se paie au prix fort. Notre outil scierie souffre de la mondialisation du bois. Pas de quoi pour autant réfréner la volonté de Stanislas Grzybowski (directeur du CFA) d’inscrire durablement à Sées une formation ayant pris racine à l’occasion de la rentrée 1987/88. “Nous cherchons à faire vivre cette filière qui s’inscrit dans l’aménagement du territoire et l’environnement”, insiste-t-il.

L’appel de la forêt : une question de motivation avant tout
L’année scolaire 2009/2010 marque la fin d’un cycle de formation en 4 ans (2 ans pour le BEPA “forestier” suivi de 2 ans pour la Bac pro). Alexandre Girard et Jérémy Decouture, respectivement originaires d’Eure et d’Eure-et-Loir, ont donc emprunté ce dernier wagon. Pourquoi Sées ? “C’est un lycée reconnu dans ce domaine et qui offre l’avantage d’être public”, répond Alexandre. La clé de la réussite ? “La motivation”, insiste Jérémy. “La motivation est effectivement la condition indispensable pour se lancer dans cette voie”, confirme René Vaudouer, directeur de l’ELPLEFPA d’Alençon-Sées. Autre passage obligé : “trouver un maître d’apprentissage pour cette formation en alternance avec contrat de travail à l’appui”. Le lycée agricole a d’ailleurs noué des partenariats avec les forêts publiques, les parcs régionaux et certains domaines privés. Alexandre a choisi l’ONF (Office National de la Forêt) de Rambouillet (78) alors que Jérémy affute son expérience dans le privé du côté de Conches-en-Ouche (27). 
Formations générale et technique complètent la formation en entreprise. “De la sylviculture à l’exploitation du bois, résume Hugo Leroux. Ce sont potentiellement de futurs chefs d’entreprises”. L’EPL dispose pour cela de la panoplie du parfait forestier : camion équipé avec son matériel classique, thermique et manuel. Du matériel et des techniques de sciage ou d’élagage qu’il faut apprivoiser. La sécurité est une donnée essentielle de la formation. En attendant l’examen final, Alexandre et Jérémy rentrent de Corse. Ils y ont découvert d’autres essences, d’autres modes de gestion de la forêt. L’esprit d’ouverture, c’est une autre marque de fabrique du Lycée agricole de Sées.

La filière forêt-bois compte en Basse-Normandie
• En 2006, la filière forêt-bois employait 14 510 personnes en Basse-Normandie. Même si notre région n’est pas fortement boisée, elle se classe sixième des régions de métropole pour sa filière forêt-bois, de la production à la commercialisation du bois en passant par les différentes étapes de sa transformation. Elle concentre 2,8 % des emplois de la région, la moyenne se situant à 1,9 %. Avec un chiffre d’affaires total estimé à plus de 2,1 milliards d’euros en 2007 et une valeur ajoutée estimée à 630 millions d’euros, cette filière a un poids économique qui se situe entre la métallurgie (540 millions de valeur ajoutée) et le secteur électronucléaire (860 millions d’euros de valeur ajoutée), deux poids lourds de l’industrie régionale. Globalement, le nombre d’emplois dans la filière a baissé depuis le début des années quatre-vingt-dix, où il était estimé à 15 100.

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