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Conseil colza : où en sont les semis à ce jour ?

Les tous premiers semis de colza ont déjà débuté autour du 10 août. Les pluies récentes de ces 15 derniers jours ont permis d’envisager beaucoup plus sereinement qu’en 2016 les préparations de sol et les semis de colza.

Globalement, les sols se sont bien ré-humidifiés.Soleil et températures sont annoncées jusqu’à la fin de la semaine. Une perturbation accompagnée d’averses devrait traverser l’ouest de la France dans les derniers jours du mois d’aout.
Pas d’hésitation ! Ces prévisions doivent inciter les producteurs de colza à saisir l’opportunité d’un créneau de semis optimal entre le 20 et 30 août dans la majeure partie de la région.
Les états hydriques et structuraux du sol sont nettement plus favorables que l’an passé, ce qui devrait augurer de bonnes levées de la culture si les pluies annoncées se concrétisent. Attention, ne négligez pas pour autant les risques de tassements de sols (sols limoneux) et des pailles du précédent (sols argilo-calcaires notamment).


La date de semis ou l’art du compromis
Les périodes de semis de colza commencent traditionnellement à partir du 20 août dans les secteurs les plus continentaux et s’échelonnent jusqu’au 5-10 septembre . Sous réserve que les conditions de sol soient propices, l’évolution des pratiques vers le semis direct, semis au strip till, colzas associés… s’accompagne de plus en plus d’un avancement significatif de la date du colza (semis vers le 10-15 août voire avant). A l’inverse, les semis tardifs de septembre à mi-septembre trouvent toujours des adeptes (notamment en Normandie) chez qui les conditions de croissance automnale sont jugées suffisamment bonnes pour préserver le potentiel de la culture.
Qu’il soit semé très tôt (avant le 20 août) ou très tard (après le 10 septembre) par rapport au créneau habituellement recommandé, le colza est généralement davantage soumis aux risques agro-climatiques (élongation, gels) pour les plus précoces et aux risques vis-à-vis des bioagresseurs (phoma, insectes) pour les plus tardifs. Le créneau de semis [20-30 août] est souvent le meilleur compromis.

Dans quels cas privilégier les semis plus précoces ?
- sols argileux, argilo-calcaires, groies, etc.
- semis direct, colza associé à des légumineuses gélives ;
- parcelles à risques élevés de ravageurs à la levée (limaces et altises d’hiver) : objectif = 3-4 feuilles au 20 septembre. Voir carte ci-contre ;
- parcelles à risques charançons du bourgeon terminal et larves d’altise d’hiver : objectif = des colzas bien développés et poussants lors de l’apparition des ravageurs ;
- parcelles à risques adventices : pour espérer une couverture rapide du sol
- Dans les situations de semis précoces et d’apports de matière organique des précautions doivent être prises : choix d’une variété à faible risque élongation et maitrise de la densité de semis (20-30 gr/m² maximum).  Si ces conditions ne sont pas respectées le risque élongation sera élevé.

Dans quels cas peut-on se permettre d’attendre fin août / début septembre ?
Du 31 août jusqu’au 5 septembre, et exceptionnellement jusqu’au 10 septembre sur le littoral de la Manche, les semis « tardifs » sont à réserver aux situations suivantes :
-  secteurs en bordure maritime a fortiori les parcelles qui reçoivent de la MO et sans risque particulier d’altises d’hiver fin septembre, début octobre.
-  colza érucique (variétés Ramses, Rocca, Restout) en Haute-Normandie et parcelles sans risque particulier d’altises d’hiver fin septembre, début octobre.
Mais attention, dans ces cas, il faut bien prendre la mesure des risques imprévisibles encourus vis-à-vis des ravageurs (altises, limaces), problèmes d’implantation et risques de faible croissance vécus comme en 2016 (sols sec) et 2015 (températures fraiches).
Plus le colza lève tard et de façon hétérogène, plus sa vigueur au démarrage et sa capacité à faire face aux attaques de ravageurs s’amenuisent!


Dans tous les cas, semez lorsqu’une pluie significative est annoncée
Petite graine = grande réactivité ! Scrutez les prévisions météo. La date de semis doit être guidée en fonction des pluies annoncées et de la qualité structurale du sol.
Les dernières actions de travail et roulage doivent être anticipées, en particulier en sols argileux. Dans les sols argileux, évitez tout travail du sol durant la phase d’assèchement.

Existe-t-il des risques de phytotoxicité dus à la rémanence des sulfonylurées appliquées en céréales précédant le colza ?
- Le pyroxsulame (ABAK, OCTOGON) l’amidosulfuron (GRATIL), le metsulfuron-méthyl (ALLIE, HARMONY..) et le tribénuron-méthyl (ALLIE MAX…) ne devraient poser aucun problème vu la rapidité de leur dégradation (à l’exception des applications tardives contre le chardon et sur un blé peu couvrant).
- La propoxycarbazone-sodium (ATTRIBUT-MISCANTI) reste la molécule plus agressive pour le colza si bien que le colza est déconseillé en année N+1, quel que soit le scénario climatique.
- Dans des conditions de printemps sec tel que ce fut le cas en 2004 et 2015, le iodosulfuron-méthyl seul ou associé au mesosulfuron-méthyl (ARCHIPEL, KALENKOA, etc..) et le sulfosulfuron (MONITOR) ont pu poser de sérieux problèmes de rémanence sur les levées de colza ultérieur.
Dans de tels cas, les conditions d’application (date du désherbage des céréales) et les séquences climatiques (périodes et intensité des épisodes de pluies / sécheresse au printemps) influent sur le niveau de dégradation des produits et donc le niveau de risque de rémanence pour le colza.
Alors, quid pour 2017 ? Compte tenu des pluies observées en mai et juin, on peut penser que l’activité microbienne qui dégrade ces molécules a été favorisée et globalement le risque reste modéré.
Toutefois, les risques ne sont pas à exclure si les cumuls pluviométriques ne dépassent pas 100-120 mm. Le risque le plus important concerne alors les parcelles argilo-calcaires (taux de calcaire actif important). Il est accru en l’absence de déchaumage post-récolte.
Dans ces situations, un travail profond (au moins 20 cm) et un semis de colza fin août sont alors recommandés après usage de iodosulfuron et/ou mesosulfuron.

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