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Pour faire des économies
Consommation de carburant pour la distribution des fourrages

Dans les exploitations d’élevage, la distribution des fourrages mobilise un ou deux tracteurs sur une période pouvant se limiter à quelques mois, mais pouvant aussi s’étendre sur toute l’année. La diversité des matériels utilisés et l’organisation des éleveurs génèrent des temps de travaux très variables et des écarts de consommation importants.

La consommation a été enregistrée dans 22 exploitations utilisant les matériels suivants : désileuses pailleuses, remorques distributrices, godet désileur, distributrice pailleuse, mélangeuses et désileuses automotrices. Les résultats obtenus donnent un premier aperçu, sans avoir la prétention de faire le tour de la question. Les matériels ont été suivis sur des rations hivernales, essentiellement à base de maïs.

Temps de traction : des écarts énormes !
Lors des suivis de consommation, plusieurs paramètres sont enregistrés : la quantité de fioul consommée, le nombre et le type d’animaux alimentés, les aliments distribués, le temps de travail et le temps de traction nécessaire… Pour comparer les exploitations entre elles, les temps de traction sont ramenés en minutes par jour pour alimenter 100 UGB (mn/j/100 UGB).
Sur cette base, les temps de traction vont de 18 à 125 mn/j/100 UGB : le meilleur résultat est obtenu par une désileuse automotrice qui effectue très peu de déplacements et le moins bon avec un chantier mélangeuse sollicitant 2 tracteurs en permanence.
En moyenne, avec les désileuses-pailleuses, il faut tabler sur 42 mn de traction par jour pour 100 UGB ; On obtient des bonnes performances (25 à 35mn/j/100 UGB) avec l’ensemble “télescopique-godet désileur”, mais également avec des distributrices (31 à 38 mn/j/100 UGB) ou des mélangeuses qui assurent un bref mélange en fin de chargement (25 à 30 mn/j/100 UGB).
Dans le cas des mélangeuses, les écarts de temps de traction sont extrêmement importants en fonction des pratiques des exploitants. Pour ceux, y passant le plus de temps, cela entraîne à la fin de l’année énormément d’heures de traction : pour une distribution “toute l’année”, on peut utiliser l’équivalent d’un tracteur à plein temps.

Consommation : possibilités d’économie
Il faut en moyenne 4 litres de fioul par jour pour alimenter 100 UGB. Les meilleurs se contentent de 2 litres, alors que les plus “énergétivores” dépensent 8 litres. Les désileuses pailleuses, utilisées pour la distribution de rations simples (maïs, herbe, concentrés) demandent environ 3 l/j/100 UGB. Les éleveurs utilisent des tracteurs de puissance raisonnable et limitent le régime moteur. Avec un volume de 5-6 m3, ces machines sont bien adaptées pour différents lots d’animaux.
Le télescopique équipé d’un godet désileur permet d’alimenter 100 UGB/j avec 3,7 litres de fioul. Les aliments (maïs+concentrés, paille hachée, enrubannage) sont stockés à proximité et distribués en plusieurs étapes, par va et vient sur la table d’alimentation, pour assurer un mélange grossier.
Les distributrices et les remorques mélangeuses sont chargées avec un télescopique ou un tracteur, le plus souvent équipé d’un godet multiservice. On remarque que la consommation moyenne des télescopiques est plus élevée que celle des tracteurs (8.5 l/h contre 4,5 l/h). Les télescopiques ont l’avantage de charger plus rapidement, mais ils sont plus lourds, plus puissants et sont conduits avec un régime moteur plus élevé.
Le tracteur attelé sur la remorque distributrice ou la mélangeuse consomme en moyenne 4,7 l/h. Dans certaines situations, il ne fonctionne que pour les déplacements et la distribution, alors qu’avec la plupart des mélangeuses il tourne en permanence. Si la ration est assez complexe et les points de chargements nombreux et dispersés ; on augmente significativement les temps de travaux et la consommation quotidienne (au moins 5 l/j/100 UGB). A l’inverse, avec un stockage rationnel, de la fibre pré coupée et un mélange sommaire, on peut limiter la consommation entre 2 et 4,5 l/j/100 UGB.

Le cas de la désileuse automotrice
Les désileuses automotrices sont appelées à se développer pour la distribution des fourrages. Elles permettent d’alimenter très rapidement, en groupe ou individuellement, des troupeaux importants. Coté carburant, on observe une consommation horaire assez élevée, tant sur la route (17 à 20l/h) qu’en phase de désilage (12 à 15 l/h). Cela est dû au fait qu’elles utilisent de nombreux organes hydrauliques et qu’elles sont souvent accélérées à “haut régime”.
Dans le cas d’une utilisation avec des déplacements courts, la consommation est très raisonnable (2.3 à 4.4 l/j/100 UGB). Par contre, dès que le circuit s’allonge (déplacements entre exploitations), le bilan est moins favorable (10.8 à 17,5 l/j/100 UGB). Toutefois, il convient de rappeler que l’utilisation collective génère des coûts de distribution souvent inférieurs, main d’œuvre comprise, vis à vis d’une distribution individuelle avec mélangeuse.
Christian SAVARY
Chambre d’Agriculture de la Manche
csavary@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr

A retenir
On peut obtenir des consommations raisonnables (moins de 4 l/j/100 UGB) avec la plupart des matériels de distribution. Pour cela il est nécessaire de réunir un certain nombre de conditions :
- des aliments groupés et préparés (bâches relevées, concentrés pré pesés ou pré mesurés ;
- l’utilisation de fibre courte (paille ensilée, “Rotocut” sur la presse…) plutôt que de balles entières souvent longues et difficile à hacher ;
- des déplacements courts entre les différents stockages ;
- un tracteur de puissance raisonnable, qui travaille avec peu de régime et que l’on arrête si son fonctionnement n’est pas indispensable, y compris avec une mélangeuse (certains ne mélangent qu’en fin de chargement) ;
- un rationnement simplifié (nombre d’aliments, distribution tous les 2 jours pour les génisses…).
Au final, le nombre annuel de jours de distribution conditionnera la quantité de fioul consommée, et plus largement les coûts de mécanisation consacrés à l’alimentation.

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