Aller au contenu principal

Economie
Consommation d'énergie, à la recherche d’économies...

Il faut 80 à 95 équivalents litres de fioul pour produire 1000 litres de lait en Normandie. Avec une augmentation du prix du baril de 1$ par semaine ces derniers mois, l'énergie connaît une véritable flambée des prix jusqu’alors jamais observée.

Les postes carburant et engrais azotés sont les plus touchés avec une augmentation de plus de 70% en presque 2 ans. Mais ce ne sont pas les seules charges à subir cette envolée des prix, l’alimentation, le matériel et les services sont également en première ligne.
Puisqu’il faut de l’énergie pour tout fabriquer et tout transporter, les répercussions impactent tous les secteurs d’activité des exploitations.
Hier la préoccupation environnementale nous incitait à nous intéresser aux consommations d'énergie, aujourd'hui, avec la flambée des prix, c’est un enjeu économique prioritaire pour l'éleveur .
Pour apprécier les consommations d'énergie des différents systèmes, le dispositif des Réseaux d'Elevage de Normandie (Chambres d'Agriculture en partenariat avec l'Institut de l'Elevage) mènent un travail d'enquête sur les fermes laitières depuis plusieurs années. La méthode mise en œuvre consiste à analyser les consommations d’énergie des différents ateliers de l’exploitation, en privilégiant le ratio « énergie pour produire 1 000 litres de lait ». Ce niveau d’analyse rend les comparaisons plus aisées au sein de systèmes de production homogènes, mais aussi entre systèmes.

Plusieurs formes d’énergie sont consommées
Les analyses réalisées dans les Réseaux d'Elevage portent sur les quatre principaux postes de consommation d'énergie qui représentent 80 % des consommations totales d'une ferme d'élevage. Il s'agit des consommations d’énergies directes (électricité, produits pétroliers) et indirectes (fertilisation minérale, alimentation). Les résultats sont exprimés en Équivalent litres de Fioul (EQF). Cette unité permet d’additionner les différentes sources d’énergie utilisées sur les fermes en les transformant préalablement en joules (unité internationale de l’énergie). Un  EQF = 35.8 MJ soit 0,88 litre de fioul.
Dans cette méthode, ne sont pas pris en compte les énergies indirectes liée à la fabrication des matériels, la construction des bâtiments et l'élaboration des semences et phytosanitaires. Ces  éléments sont difficiles à évaluer et sont estimés en moyenne à 20% des consommations totales d'une ferme d'élevage.
L'électricité et les produits pétroliers correspondent à l'énergie directe, car directement consommables sur l'exploitation. La fertilisation minérale et les aliments sont quant à eux considérés comme de l'énergie indirecte. Dans ce cas, c'est l'énergie nécessaire à leur fabrication et à leur transport jusqu'à la ferme qui est comptabilisée.
L’ensemble de l’échantillon normand comprend 40 exploitations dont 10 sont en agriculture biologique. L’analyse globale du groupe en 2006 (graph.n°1), montre qu’un tiers des consommations d’énergie porte sur l’alimentation et qu’un autre tiers sur les produits pétroliers (fioul, carburants, huiles, etc.). L’électricité et l’énergie liée à la fertilisation (essentiellement due à la production de l’azote minéral) sont de postes moins importants.
D’une manière générale, dans les systèmes laitiers normands, les consommations sont principalement le fait de l’atelier laitier (82%), les cultures et la viande bovine sont moin,s consommatrices avec respectivement 12 et 6%.
Si l’on s’en tient à une simple analyse de consommation par hectare, on retrouve une consommation croissante avec le degré d’intensification et la part du maïs. Ces deux éléments étant généralement liés entre eux (graph. n° : 2).
Les consommations des exploitations biologiques sont en moyenne deux fois moins élevées que les systèmes conventionnels avec maïs. Ce sont les systèmes herbagers qui en sont les plus proches avec cependant avec un quart de consommation en plus.

Bien identifier les principaux postes de consommation
Parallèlement à ces observations, des enquêtes complémentaires ont été réalisées dans les exploitations des Réseaux d’Elevage pour évaluer les consommations en bâtiments où s’effectuent la plus grande part des dépenses d’énergies directes (fioul, électricité). Les pratiques en bâtiments mobilisent en moyenne un tiers des consommations de produits pétroliers des exploitations laitières. Le reste est essentiellement consommé par les pratiques culturales sur la SFP.
En moyenne, le poste « produits pétroliers » lié aux bâtiments représente 8 EQF / 1 000 litres de lait.
Pour une durée de stabulation de 6 mois, une vache dépense en moyenne 90 litres de fioul avec en premier poste, la distribution d’aliment (graph.n°4) qui compte pour près de la moitié de cette consommation.
Dans une exploitation laitière, l’électricité est essentiellement utilisée pour le bloc traite (grah.n°5). En moyenne, les consommations s’établissent à 16 EQF / 1 000 litres de lait et peuvent atteindre 31 EQF / 1 000 litres avec l’utilisation d’un robot.
Le tank à lait est le premier poste de consommation d’électricité (50%), vient ensuite le chauffe-eau (20 à 25%),  la pompe à vide (15 à 20%). Les autres postes tels que le nettoyage, l’éclairage représentent une plus faible part.

Un enjeu pour demain
L’absence de différences liées aux systèmes fourragers situe donc essentiellement les marges de progrès au niveau de l’exploitation elle-même. La structure du parcellaire plus ou moins groupée, le choix de puissance de traction adaptée aux  tâches, le niveau de fertilisation au regard de la productivité et le calage de l’alimentation sont les principales voies d'ajustement. Chaque système dispose donc de ses propres marges d’optimisation ce qui donne de réelles perspectives d’améliorations.
n La question des consommations d’énergie tient désormais une place importante dans l’évaluation de la durabilité des systèmes d’élevage herbivores. Travailler à l’optimisation de ces consommations est un enjeu économique pour chaque exploitation. Cela  permet, dans le même temps, d’agir directement sur 25 % des postes d’émission de gaz à effet de serre.
n Dans un proche avenir, la capitalisation des observations aux sein des fermes de références, mais aussi les nouvelles données sur les productions de gaz à effet de serre qui seront établies par le dispositif Réseaux d’élevage contribueront à étoffer les référentiels qui se construisent aux niveaux régional et national.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

[LES GAGNANTS DU JOUR] Race Blanc bleu : deux éleveurs normands se démarquent
Jeudi 29 février 2024, le concours général agricole de race Blanc bleu s'est déroulé sur le ring de présentation du hall 1 du…
[CÔTÉ JEUNES] TIEA 2024 : Le lycée agricole de Sées repart avec la médaille d'or
Cinq établissements normands ont fait le déplacement à Paris, pour participer au Trophée international de l’enseignement agricole…
La SCA normande mise à l’arrêt forcé par les agriculteurs à Lisieux
Lundi 29 janvier 2024, sous l’impulsion de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, la profession s’est mobilisée pour bloquer la SCA…
Lucie Lesieur, heureuse éleveuse de Salers
À Rônai, dans l'Orne en Normandie, Lucie Lesieur s'épanouit enfin à la ferme. Après une formation en commerce, elle décide, alors…
[NEWS DU SALON] Grande championne, Hamada renouvelle l'exploit
Et un, et deux victoires à Paris pour Hamada, une Normande, jugée exceptionnelle par le juge, Charles Delalande le jour du…
[EN VIDEO] La Normande devient la star du Salon international de l'agriculture 2024
Sur les billets d'entrée, ou encore sur les affiches, dans le métro, la Normande sera à l'honneur pour la 60e édition du Salon…
Publicité