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Ensilage
Consommation à l’ensilage de maïs : vous pouvez réduire la facture

L’ensilage, le transport et la confection du silo génèrent en moyenne une consommation de carburant proche de 60 l/ha.

Les variations les plus importantes s’observent au transport. l’éloignement des parcelles constituant le principal handicap. Dans un chantier bien organisé, les chauffeurs peuvent baisser la consommation, en adoptant une conduite “économique”.

Ensileuse : 2 litres par tonne de MS
Les consommations relevées en 2007, sur 8 ensileuses de 450 à 800 ch, oscillent entre 27 et 36 l/ha. Les rendements n’ont pas été mesurés, mais évalués par les chauffeurs et les exploitants dans une fourchette de 14 à 18 tonnes de MS/ha.
Les conditions climatiques favorables et la forte puissance des machines permettent d’obtenir des consommations plus faibles que celles relevées dans d’autres régions.
Ainsi dans le centre de la France, la Chambre d’Agricul-ture des Deux-Sèvres relève en moyenne 37 l/ha.
Sur ce poste les exploitants ont peu d’influence car les machines appartiennent toutes à des entreprises de travaux agricoles ou à des Cuma.

Transport : rouler “cool”
32 ensembles “tracteur-benne” ont été suivis. Le chantier moyen est de18 ha, avec une distance champ/silo légèrement inférieure à 4 km. La puissance moyenne des tracteurs atteint 130 ch (90 à 240), avec des bennes de 27 m3 (17 à 45). Dans ces conditions, le transport nécessite 25 l/ha sur la base d’un rendement de 14/15 t de MS/ha.
La consommation horaire des tracteurs varie de 5,1 à 19,2 l/h (10.7 en moyenne). Ramenée au voyage (5,6 l), les écarts de consommation sont encore plus larges (1,7 à 20,2 l) pour des trajets variant de 500 m à 11 km.
La consommation horaire des tracteurs augmente avec la distance du trajet champ/silo (tableau 1): dès qu’il y a de la route, les chauffeurs ont tendance à rouler à la vitesse maximum, avec l’obsession de ne pas faire attendre l’ensileuse. L’augmentation de la vitesse demande plus de puissance et donc plus de carburant. La vitesse est, par la force des choses, limitée pour les petits déplacements, sur les petites routes, sur les trajets accidentés et quand il y a suffisamment de bennes sur le chantier.
La consommation par hectare est en moyenne 3,5 fois plus élevée en passant de 1,6 km à 8,8 km: pour un chantier de 10 ha (avec un rendement de 14/15 t de MS), il faut compter 380 litres de fioul supplémentaire pour ensiler les parcelles éloignées.
Sur un trajet moyen équivalent de 2,5 km (tableau 2), les tracteurs équipés d’une transmission à variation continue ou d’une transmission “40 km/h économique” ont une consommation horaire légèrement plus élevée que ceux dotés d’une transmission classique. Cependant, ils sont plus puissants, ils roulent plus vite et tractent une benne plus grande. Au final, la consommation est plus favorable, à puissance équivalente et au m3 transporté.

6 chauffeurs sur le même chantier
La consommation de 6 tracteurs a été suivie sur le même chantier d’ensilage (tableau 3). Les pleins ont été réalisés sur l’exploitation, en début et en fin de chantier, et le nombre de bennes a été comptabilisé. Le chantier est composé de 6 tracteurs de 94 à 155 ch , dont 2 tracteurs de 135ch identiques, avec des bennes de 25 à 30 m3, dont 5 quasi- semblables (Rolland T140 et T20-30).On observe d’une part, un écart de consommation d’1,5 l/h entre les 2 tracteurs de 135ch (même marque, modèle et âge), ce qui montre dans ce cas l’influence de la conduite (surconsommation de 15 %). D’autre part, on voit des écarts importants entre les tracteurs utilisant les mêmes remorques ; jusqu’à 2,5 l/h. Le tracteur de 115 ch est sans aucun doute sobre et bien conduit : S’il n’y avait eu que des tracteurs de ce type sur le chantier, la consommation serait de 17,3 l/ha alors qu’elle atteint 25.4 l/ha avec le 135 ch le plus consommateur : A la fin de la journée, cela représente une différence de 145 litres.

7 l/ha pour la confection du silo
Sur les 13 matériels suivis, il apparaît que les besoins de carburant ne sont pas excessifs. La consommation moyenne du tracteur qui pousse monte jusqu’à 10l/h pour 130 ch, mais se limite à 7l/h avec 105 ch. En fait, ce tracteur travaille irrégulièrement, avec une demande de puissance lors de l’étalement de l’ensilage, mais un faible besoin de carburant lors des phases de manœuvres et de roulage sur le silo. Le tracteur qui n’effectue que du tassement consomme peu (4.2 l/h) : il se déplace à faible régime et vitesse modérée. Avec 2 tracteurs sur le silo (un qui pousse, un qui tasse), la consommation horaire atteint 11.2 l/h et 6,8 l/ha. Mais faut-il chercher à faire des économies sur ce travail, avec le risque d’un tassement insuffisant qui entraînera des problèmes de conservation ! C’est sur le transport que les économies de carburant sont envisageables : organisez un chantier cohérent avec un nombre de bennes adapté, ayez une conduite “souple” (couple moteur) plutôt que “sportive” (régime élevé), arrêter le tracteur si les temps d’attente sont trop longs (>5mn) et pour l’avenir, réfléchissez à vos assolements, à votre parcellaire… L’exploi-tation des parcelles éloignées demandera toujours plus d’énergie, de temps et de moyens.
Christian SAVARY
csavary@manche.chambagri.fr
www.manche.chanbagri.fr

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