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Développement durable
Construire avec le chanvre de Normandie

Stoppée en 2005, la production de chanvre en Normandie redémarre. La chènevotte normande pourrait bientôt se retrouver dans nos constructions !

Deux lignes de défibrage sont désormais installées dans notre région : l’une dans le sud de la Manche, portée par un groupe d’agriculteurs et d’artisans “Agrochanvre”, et l’autre dans l’Eure, au sein de la coopérative de teillage de lin du plateau du Neubourg. La chènevotte, équivalent aux anas en production linière, représente plus de 50 % du tonnage des produits à commercialiser. Les deux acteurs normands ont engagé une démarche pour sa commercialisation comme granulat pour béton de chanvre. Pour faire émerger ces projet, Nov&atech a réuni  les experts et les acteurs locaux : Constructions et Bioressources, Construire en Chanvre et la Capeb Haute-Normandie.

Un projet collaboratif dans la Manche
Pour assurer son développement, Agrochanvre cherche à développer les surfaces et travaille à la valorisation des produits. Une démarche a été initiée avec d’autres chanvrières ou groupes de producteurs de chanvre du Centre et de l’Est de la France pour valoriser la chènevotte dans la construction. La démarche collaborative, accompagnée par Constructions et Bioressources prévoit plusieurs volets : - la caractérisation des différents granulats pour béton et mortier de chanvre pour proposer une gamme commune  ;- le développement de blocs de béton de chanvre et d’un produit isolant vrac  ;- la commercialisation des produits et le partenariat avec les artisans locaux.Les partenaires étudieront également la faisabilité technique et économique du développement à long terme d’une filière commune depuis la recherche et l’innovation, la transformation et la mise en marché.Un partenariat avec les artisans dans l’Eure
Dans l’Eure, la coopérative de teillage de lin du plateau du Neubourg (CTLN) s’appuyera sur son savoir-faire dans la production et la commercialisation de fibre de lin pour développer une gamme de fibres de chanvre. Côté chènevotte, la coopérative a engagé une démarche auprès de Construire en Chanvre pour faire certifier la chènevotte comme granulat pour mortier ou béton de chanvre. Cette certification nécessite le respect d’un cahier des charges et la validation des couples “chaux-chanvre” avec un ou plusieurs industriels de la chaux intéressés. La Capeb Haute-Normandie, un des deux grands syndicats professionnels des artisans du bâtiment, a été associée à ce travail pour développer une filière locale. 

Un béton de chanvre “made Normandie” demain ?
Le béton de chanvre est un mélange d’un granulat isolant (la chènevotte) et d’un liant, en général la chaux. Matériau non porteur, il est aujourd’hui appliqué comme isolant sur une ossature. Ce béton a des propriétés mécaniques, thermiques et acoustiques spécifiques. Il se démarque particulièrement grâce à son fonctionnement hygrothermique (transfert de calories et d’eau, changement de phase..). Celui-ci confère aux bâtiments des bilans énergétiques nettement supérieur à ce que la seule capacité d’isolation des matériaux (coefficient de conductivité thermique) peut laisser prévoir. Utilisé en construction neuve et en rénovation, il apporte confort en hiver comme en été. Autre avantage, ce matériau stocke 35 kg de CO2 par m² sur une durée de 100 ans. C’est aussi un matériau qui demande deux à trois fois moins d’énergie pour sa fabrication qu’un complexe bloc béton -polystèrène ou qu’un bloc monomur en terre cuite. Que ce soit pour la rénovation du bâti traditionnel normand, (en torchis, pisé ou colombage) ou pour l’isolation de bâtiments neufs, le béton de chanvre “made in Normandie” saura prendre sa place dans le paysage de la construction durable.3 produits valorisés
La culture du chanvre génère trois produits. 
La fibre, encore majoritairement valorisée en papeterie mais dont les usages pour l’isolation et l’automobile se développent. 
Le chènevis, la graine, est utilisé en oisellerie et pour la fabrication d’appât de pêche ou avec lequel on fait de l’huile pour l’alimentation, la peinture ou la cosmétique. 
La chènevotte, la paille du chanvre, est valorisée en paillage horticole, litière pour les animaux et en granulats pour la construction (pour le béton de chanvre).

Les chambres d’Agriculture au côté des producteurs
Intégrer le chanvre dans la rotation présente de nombreux intérêts. Culture faiblement consommatrice en intrants, elle améliore la structure des sols et présente un pouvoir couvrant vis-à-vis des adventices. Les chambres d’Agriculture accompagnent les producteurs dans leur volonté de développement de la culture, de l’étude des projets à leur mise en œuvre. Dans la Manche, la chambre d’Agriculture a accompagné techniquement et financièrement la  reprise d’Agrochanvre par un groupement de producteurs et d’artisans.Dans l’Eure, la chambre d’Agriculture accompagne le groupement de producteurs de chanvre, créé en 1972, dans l’animation et le suivi agronomique de la culture. Elle a proposé une reconfiguration du PER porté par la communauté de communes de Beaumesnil pour associer, aux producteurs, un industriel de la peinture et la coopérative de teillage du Neubourg. Deux des trois unités de transformation prévues (production d’huile, défibrage, valorisation des huiles en peintures) sont déjà effectives.  Les chambres d’Agriculture sont soutenues, pour ces actions, par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche (programme de développement régional agricole) et les conseils Généraux de la Manche et de l’Eure.
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