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Fédération départementale des chasseurs de la Manche
Continuer de chasser dans la tourbière de Baupte

Lors de l'assemblée générale de la Fédération départementale des chasseurs de la Manche le 5 avril, Pierre-Arnaud Martin, directeur ad- joint de la DDTM (direction des territoires et de la Mer) a fait un point d'étape sur la tourbière de Baupte. La FDC veut avoir son mot à dire.

Les chasseurs veulent continuer à pratiquer leur loisir dans cette zone y compris quand celle-ci sera une réserve naturelle après fin 2026.
Les chasseurs veulent continuer à pratiquer leur loisir dans cette zone y compris quand celle-ci sera une réserve naturelle après fin 2026.
© SB

Après 80 années d'exploitation, la plus grande carrière de tourbe de France cesse son activité en décembre 2026. Le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin accompagne les acteurs du territoire dans la nécessaire adaptation à une submersion annoncée, à la croisée des enjeux actuels cruciaux : changement climatique, protection de la biodiversité, préservation quantitative et qualitative de l'eau dans les sols, sauvegarde de la profession agricole, attractivité des territoires ruraux.

Les enjeux de la reconversion

Le 2 avril, le comité de pilotage du projet de la tourbière de Baupte s'est réuni en présence du préfet de la Manche, Xavier Brunetière. Cette tourbière sera reconvertie en réserve naturelle à l'issue de l'arrêt de l'exploitation de la tourbe d'ici fin 2026. "Cette reconversion présente des enjeux qui dépassent la dimension locale en termes de biodiversité, de maintien des activités sur le territoire, de la sauvegarde de la profession agricole, de la préservation quantitative et qualitative de l'eau dans les sols. C'est un projet à dimension expérimentale puisqu'il n'y en a pas d'autres similaires en France. C'est pour cela que beaucoup de personnes regardent avec intérêt ce projet", débute Pierre-Arnaud Martin, directeur adjoint de la DDTM (Direction des territoires et de la mer) de la Manche.

Un projet de territoire ambitieux

Les sept communes ayant en partage la tourbière de Sèves, dite de Baupte, à savoir Auvers, Baupte, Gorges, Le Plessis-Lestelle, Méautis, Montsenelle, Terre-et-Marais sont accompagnées pour "définir un projet de territoire ambitieux et innovant", ajoute le représentant de l'État. Ce projet ne pourra aboutir que s'il associe "l'ensemble des partenaires et acteurs, y compris la Fédération des chasseurs qui participe au comité de pilotage", souligne Pierre-Arnaud Martin.

Une Fédération qui entend bien prendre part aux réflexions engagées. "La tourbière de Baupte et les limites de la future réserve naturelle ne changent pas aux yeux de la FDC. La pratique de la chasse se poursuivra. Ceci n'est pas négociable", martèle le président, Gérard Bamas qui reste "vigilant" sur la gestion et l'entretien de cette future réserve. "Il existe un réel risque de voir ce réservoir de biodiversité devenir un réservoir de grande concentration de sangliers", appuie-t-il.

L'eau commence à monter

La population va continuer d'être associée à cette évolution. Des ateliers de collecte d'idées ont été réalisés. La population peut toujours donner son avis, avec des boîtes à idées disposées dans les mairies des communes concernées (Auvers, Baupte, Gorges, Le Plessis-Lestelle, Méautis, Montsenelle, Terre-et-Marais) ou à l'adresse mail dédiée (monterritoire@parc-cotentin-bessin.fr).

Des ateliers thématiques vont aussi être organisés jusqu'à mi-juillet, avec un projet de territoire imaginé pour la fin de l'année. "On constate que l'eau commence à monter. Un projet de relocalisation des agriculteurs grâce à l'action de la Safer, du Conseil départemental et de la Chambre d'agriculture est en cours. Nous avons travaillé sur l'adaptation des activités par rapport à la montée des eaux. La réflexion de la création de cette réserve aboutira à l'horizon 2030. Le travail partenarial conduira à un projet équilibré qui satisfera l'ensemble des acteurs", conclut le directeur adjoint de la DDTM.

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