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ERDF
Contrôle sous tension avec un hélicoptère

L’hélicoptère est équipé d’un laser. Armé de cet équipement high-tech, l’engin survole les lignes haute tension dans l’Orne. Seuls ennemis de la mission : les futures pannes et les zones à élaguer. Le rapport de l’équipage sera utilisé par l’armée des techniciens ERDF déployés sur le terrain.

Comme les agriculteurs, ils sont tributaires des conditions météorologiques. Noter et observer nécessitent un temps clément. L’équipe héliportée d’ERDF bat la campagne. Le travail aérien permet de surveiller jusqu’à 200 kilomètres de lignes par jour. En comparaison, un agent à pied inspecte 30 kilomètres de réseau par jour. Électricité Réseau Distribution France (responsable du transport de l’electricité) sous-traite donc la tâche à AirTourraine.

Végétation recensée
Dans l’Orne, les lignes de 15 000 et 20 000 volts sont contrôlées. A bord de l’appareil, trois hommes prennent place pour cette mission particulière : un pilote, un technicien et un opérateur technique. L’équipage est accompagné par un “quatrième homme électronique”, à l’œil particulièrement affûté. Le laser détecte la végétation au centimètre près et relève les coordonnées des points “trop verts”. “L’hélicoptère passe tous les trois ans. La végétation doit toujours être maintenue à moins de 3 mètres. Donc on anticipe. Il nous suffit de transmettre les coordonnées GPS à nos équipes d’élagueurs”, explique Jacky Lassale, responsable d’exploitation du réseau Orne.

Rase motte
Reste le regard humain, toujours pas remplacé pour détecter les dégâts sur le réseau électrique. A l’origine, la société Airtourraine s’est formée avec les agents d’ERDF. Le savoir-faire s’est ensuite transmis en interne. En moyenne, l’équipage détecte 2 anomalies tous les 3 kilomètres. La visite du réseau ornais prendra environ deux mois. “Dès qu’il pleut ou avec un peu de brouillard, on s’arrête. Avec des conditions adéquates, nous ne dépassons pas les six heures. Le vol en rase motte nécessite une forte concentration, et la fatigue s’en ressent”, note Mickaël Vaussion, le pilote. Ce dernier doit ainsi justifier de 2 000 heures de vol, 300 heures en rase motte et 25 heures de vol près de la ligne pour exercer ce métier si spécifique.
Mickaël Vaussion a débuté comme opérateur technique dans l’appareil, avant de devenir navigateur puis pilote. Si ERDF représente 60 % de l’activité d’Airtourraine, la compagnie réalise également du transport de personne. Mais pour le pilote, sa préférence est clairement identifiée : “en mode transport, je décolle, je vole en ligne droite pendant une heure et j’atterris. La surveillance du réseau électrique est beaucoup plus technique. Là, nous passons à quelques mètres des lignes”.

L’activité agricole prise en compte
Depuis les airs, le technicien observe des aléas techniques invisibles depuis la terre. Conducteurs, transformateurs ou interrupteurs aériens télécommandés sont scrutés. “Nous bénéficions de rapports hyper détaillés. Avec la photo, nos agents comprennent instantanément l’intervention”, insiste Jacky Lassale. D’en haut, la question de la sécurité des agriculteurs se pose également. Même au mois de janvier, le pilote songe déjà à la moisson. “Le laser vérifie la hauteur des lignes, notamment pour le passage des moissonneuses batteuses”, précise le pilote. Reste la question des troupeaux effrayés par le vrombissement des engins. Mickaël Vaussion se montre rassurant. “Nous évitons les haras et les bâtiments d’élevage. Pour les vaches, nous prenons de l’altitude et nous nous approchons progressivement. Avec l’expérience, tout se passe bien”.Du travail pour 3 ans
Dans l’Orne, 2 310 km de ligne ont déjà été visités sur les 4 000 km du programme. Cette surveillance par hélicoptère se déroule tous les 3 ans. Elle permettra de prioriser les interventions. Le rapport délivré devrait occuper les agents ERDF jusqu’au prochain passage de l’hélicoptère. “Nous dépouillons les données. Avec les photos, nous nous apercevons que les lignes sont, par exemple, abîmées par les chasseurs”, constate Jean-Pierre Triboult, responsable du réseau d’Argentan. Dans l’Orne, ERDF compte 180 salariés.
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