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Contrôler ses charges de mécanisation : un levier important pour maîtriser son coût de production

Les charges de mécanisation pèsent lourd dans le budget des exploitations, près du quart des charges totales, avec une grande variabilité d’une exploitation à l’autre. En effet les charges de mécanisation représentent 20 à 27 % des charges d’exploitation et la traction (avec carburant) pèse, à elle seule, pour 50 % de ces charges.

© AS Normandie

Le poste de mécanisation reste complexe à analyser car il couvre un large panel de dépenses pouvant avoir une grande variabilité d’une année sur l’autre.
Parmi ces postes de dépenses nous retrouvons :
- la consommation de fioul : pour ce seul poste de dépense plusieurs facteurs influencent les surconsommations de carburant Un parcellaire groupé ou non, les types ou l’état des sols, les réglages et l’entretien du matériel, le mode de conduite,  le système d’alimentation des vaches favorisant le pâturage et permettant de réduire les heures de distribution de fourrages de paillage et de curage. Pour ce dernier exemple il est estimé en moyenne une économie de 30 litres de fioul par hectare SAU.

- L’entretien du matériel : avec un entretien régulier du parc matériel de l’exploitation il peut être espéré une amélioration de la longévité des machines limitant d’une part les coûts de réparations et d’autre part une réduction des amortissements. Une autre méthode pour limiter le poids de ce poste consiste à mutualiser un matériel performant pour optimiser, le cout d’entretien et d’amortissement avec le recours à une CUMA avec chauffeur, ou bien une ETA. Mais attention à adapter son propre parc matériel au sein de l’exploitation, afin d’éviter les doublons.

- Le choix des investissements : il est crucial de raisonner chaque investissement de manière à éviter l’écueil du parc matériel sur dimensionné. Car en période de crise la sur-mécanisation peut très vite pénaliser le cout de production. Un équipement inadapté représente un surcout de 15 à 20 €/1 000 litres. Le poste traction est un de poste fondamental à maitriser Ce dernier doit idéalement se situer sous la barre des 3 CV/ha de SAU, Un renouvellement des tracteurs de tête tous les 8 ans permet disposer d’un parc matériel récent et donc moins sujet à de lourdes réparations.

- La délégation des travaux, la solution ? Sous-traiter à un tiers (ETA, autre exploitant) ou faire appel à une CUMA peut permettre de répondre à la problématique de main de l’exploitation. Par ailleurs il est communément accepté qu’1 heure facturée par l’entreprise ou la CUMA avec chauffeur équivaut à 2 heures gagnées pour l’exploitant. En exploitation laitière les postes traction et carburant représente environ 50 % des couts de mécanisation. Il y a donc une réelle marge d’économie sur ces postes. La seule solution pour s’en convaincre est d’analyser le cout de revient d’un tracteur de tête en incluant les assurances, les dépenses d’entretien et réparation, la dépréciation du matériel et la carburant, et de rapprocher le budget ainsi constater au cout moyen d’une CUMA avec chauffeur. Dans la plupart des cas la délégation est une option gagnante. Si l’on se réfère à une étude menée par le pole herbivore de Bretagne, la solution de la délégation maximale est plus économique que la mécanisation individuelle quel que soit le système fourrager, plus ou moins pâturant. Le gain est estimé de 400 à 600 heures de travail et l’économie de charges est évaluée de 8 000 € à 16 000 €.

- Mais il existe aujourd’hui d’autres voies : telle que la plateforme
collaborative de prêt de matériels « We Farm Up » pour valoriser un outil sous utilisé.

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