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Lin
Coopérative recherche hectares de lin

La coopérative linière de Cagny ne dispose plus d’aucun stock. Sans complexe, son président a réclamé une augmentation des surfaces de lin à ses adhérents. Philippe Pagny souhaite que les coopérateurs s’engagent, au minimum, à hauteur de leur capital social.

“Les prix des matières sont tous en augmentation, les étoupes  100 %, la graine +  35 % et les anas +  20 %”, constate Philippe Pagny (à gauche, avec son vice-président Emmanuel Frimoult).  (VM)
“Les prix des matières sont tous en augmentation, les étoupes 100 %, la graine + 35 % et les anas + 20 %”, constate Philippe Pagny (à gauche, avec son vice-président Emmanuel Frimoult). (VM)
© VM

Après plusieurs années moroses marquées par la baisse des emblavements, la tendance s’inverse. La coopérative a destocké. Elle espère désormais reconquérir des hectares de lin. “La baisse des hectares engagée depuis 3 ans, conjuguée à une bonne reprise des volumes, permet à la filière européenne d’aborder la nouvelle campagne plus sereinement”, a expliqué Philippe Pagny, président de la coopérative lors de l’assemblée générale.

Des liniculteurs disciplinés
À l’abondance d’une récolte 2009 succède 2010, année moyenne en rendement. Pour assurer la pérennité du teillage, Philippe Pagny demande aux liniculteurs d’augmenter leurs emblavements. Le président prône l’autodiscipline. Le discours se veut positif. Par le passé, les coopérateurs ont “trop” appliqué les consignes. Quand la filière réclamait 30 % de baisse, les coopérateurs de Cagny réduisaient leurs hectares de 40 %. Lorsque leur conseil d’administration a ensuite sollicité une hausse, l’augmentation s’est limitée à 3 %.  “Cette discipline volontaire, je souhaite que vous la respectiez en vous demandant d’emblaver au minimum votre engagement en capital social voire plus et ceci pour que notre teillage puisse exprimer son potentiel au maximum afin d’en obtenir le meilleur résultat possible”, insiste Philippe Pagny. Des propos complétés par son vice-président, Emmanuel Frimoult : “l’an passé, nous n’avons pas obtenu les 1500 hectares demandés. Nous avons subi un trou d’une semaine sur le plan de charge de l’usine. Aujourd’hui, l’augmentation prévue des emblavements se limite à 11 %. C’est insuffisant. La soudure entre les deux campagnes ne se fera pas”.

Approvisionner pour maintenir les débouchés
Lors de la dernière campagne, les ventes de la filière se sont révélées supérieures aux productions. Et depuis le mois de septembre, les prix se sont redressés de 15 à 20 %. Des signes qui devraient conforter les liniculteurs au moment de définir leur assolement. Après avoir régulé sa surproduction, la filière doit “maintenir quoi qu’il arrive, l’approvisionnement du marché sous peine de voir les débouchés disparaître”.

La recette moyenne à l’hectare atteint 2577 € pour la récolte 2009 (hors DPU), contre 1771 € en 2008. À titre indicatif, la moyenne des 10 meilleures recettes est de 1742 €. La recette des 10 recettes les plus basses s’établit à 1743 €.
Pour la récolte 2010, les adhérents ont engagé 1378 hectares. Soit une augmentation de 31 %. Mais, 220 hectares ont été détruits.  Sur 120 hectares teillés, le poids de paille est de 6.1 tonnes, d’un rendement de 21.70 %, soit 1311 kilo de fibres longues à l'hectare.

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