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Nuisibles
Corbeaux : tirer sur ce vol à la tire ?

A la Villette, le corbeau n’a toujours pas trouvé son maître. Le maire, les agriculteurs et le président de la société de chasse attendent toujours un plan de lutte collectif. Pour l’heure, les corvidés font les poches des agriculteurs. Semis et silos sont leur garde-manger.

© VM

“En septembre, j’ai lu, dans l’Agriculteur Normand, un article qui disait « le corbeau a trouvé son maître ». Plusieurs mois se sont écoulés. Sur le terrain, nous ne voyons rien évoluer. Aucune battue, aucune mise en place de lutte collective n’a été organisée. Sur le terrain, rien ne se passe”, estime Noël Toutain, agriculteur à la Villette.  Avec les corvidés, le vol à la tire est très volatile ! Sur cette petite commune de 217 habitants, les éleveurs tentent de se défendre. Les silos de maïs disposent de deux bâches et d’un filet de protection. “J’ai mis deux filets. Ils représentent un coût de 400 €. Et je ne compte pas la main d’œuvre, car ils sont difficiles à manipuler”, explique Noël Toutain.
Pour son silo à grain, l’agriculteur est également contraint de superposer trois couches de bâches.

Le corbeau croâ et croît
Son voisin rencontre les mêmes difficultés. 4 hectares de blé et 4 hectares de maïs ont dû être ressemés. “C’est un coût de 800 € de semences et je ne compte pas mon temps, ni le matériel”, explique Pascal Vivien, agriculteur. Les corbeaux prennent leurs aises. La population croit et “croâ”. Les corvidés franchissent le Rubicon. Ils n’hésitent plus à se nourrir directement à l’auge. Installé sur Clécy, Marc Férey s’interdit la culture d’orge de printemps sur certaines parcelles. “L’écologie, ce n’est pas que la préservation. C’est avant tout un équilibre”, estime-t-il. Reste que la lutte n’est pas organisée. De plus, la réglementation ne semble pas en faveur des agriculteurs ou des chasseurs. Dans ces conditions, difficile de voler dans les plumes de maître corbeau.

Coup de canon : les riverains migrent chez le maire !
A la Villette, les corbeaux sont devenus un fléau. La problématique inquiète surtout qu’elle s’accentue. “Lorsque nous sommes venus nous installer en 1998, nous n’avions pas de soucis. Les difficultés sont finalement récentes. L’utilisation de filets de protection ne date que de trois ans. Avant, ils n’étaient pas utiles”. Chez Noël Toutain, les épouvantails  poussent finalement mieux que les blés ou maïs. A défaut de sonner le tocsin,  les éleveurs disposent de canons. Mais, ce bombardement sonore ne perturbe plus les corvidés. Seule la population migre chez le maire du village. Pour l’instant, Daniel Bréard, le premier édile, évite l’échange de noms d’oiseaux. “Je suis pris entre deux feux. Je comprends que les agriculteurs usent de ce moyen de défense. Je comprends également que les riverains soient irrités par cette nuisance sonore”. La guerre des voisins est pour l’instant évitée. Même si les gendarmes sont intervenus… Les coups de canons et de fusils se confondent parfois. De son côté, la société de chasse semble désarmée face à l’administration. “Nous avons demandé de pouvoir faire une battue. Mais, les services de l’Etat ont mis plus d’un mois à nous répondre”, regrette Guy Launay, président de la société de chasse de Clécy.

Besoin d’un plan départemental
Le maire, le président de la société de chasse et les agriculteurs demeurent dans l’expectative. Ils espèrent la mise en place d’un plan de lutte collectif. “En ville, la lutte est organisée contre les étourneaux. Pourquoi devrions-nous être inactifs à la campagne face aux corbeaux ?”, s’interroge Marc Férey. Des propos complétés par Pascal Vivien : “l’application de « corbeau dort », sur les graines était efficace. L’étourdissement des corbeaux facilitait leur piégeage. On peut aussi regretter son interdiction”.  En attendant sur le terrain, les agriculteurs ne veulent pas se faire endormir. Ils attendent un plan. Histoire de faire pan sur le bec !

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