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Ruralité
Coup de foudre dans Le Perche

Julie et Stéphane Lehembre, originaires de région parisienne, se sont installés dans la commune de Bellou-le-Trichard (61) dans le Perche en vue de créer un hôtel-restaurant. La commune a soutenu le projet. 

© PC

Cadres au sein de grandes sociétés de presse depuis vingt ans, Julie et Stéphane Lehembre décident de tout plaquer en 2015 pour travailler sur un bateau et proposer des voyages à la voile entre la Corse et les Caraïbes. Ils cherchent ensuite à s’installer pour mieux profiter de la vie familiale et par envie de sédentarité. « On est tombé sur le Perche : coup de foudre », avoue le couple. La région naturelle est fortement médiatisée, de plus en plus de Parisiens y vivent et le phénomène s’accentue par le biais des réseaux de connaissances. Le lieu choisi pour le projet est un ancien corps de ferme, également ancienne résidence secondaire à Bellou-le-Trichard. Les idées ne manquent pas : « On va transformer la maison en hôtel-restaurant de neuf chambres, on produira également des légumes dans un jardin en permaculture à côté ». Ce projet d’installation a été fortement soutenu par la commune : « il fallait vite savoir si c’était possible. Notre premier réflexe a été de rencontrer le maire pour voir si le projet serait bien accueilli. Il a fait plus, il nous a indiqué que la maison était en vente judiciaire, ça changeait tout question budget ». Le problème du certificat d’urbanisme s’est alors posé, le terrain, situé en zone agricole, ne pouvait servir à accueillir une activité commerciale. Jean-Pierre Deshayes, maire de Bellou-le-Trichard, a résolu le problème. Il s’indigne : « je ne comprenais pas ce refus, pour une fois qu’il y avait un projet. Si on ne favorise pas cela en tant qu’élu, on ne sert à rien ». La Région soutient également le couple en leur accordant un prêt à taux zéro à hauteur de 120 000 €.

Attirer dans le Perche

La commune de Bellou-le-Trichard compte 25 % de résidences secondaires et à l’heure actuelle, il n’y a plus de biens à vendre. Le maire souhaite « que les nouveaux arrivants se fixent » et se dit convaincu que ces nouvelles populations apporteront une dynamique qui sera bénéfique au territoire. Le rôle des élus est primordial pour lui, ceux-ci doivent « être capables de rencontrer des gens et de leur faire aimer la région ». La lourdeur des démarches administratives est dénoncée comme représentant un réel frein aux projets. « Les dossiers traînent », se plaint Julie Lehembre. Jean-Pierre Deshayes constate également qu’il faut « veiller à ne pas exclure les locaux face à l’envolé du prix de l’immobilier » et souhaite que soit mise en place une aide aux communes pour améliorer le parc d’habitations du centre-bourg.

Utiliser l’espace rural

Concernant le sujet de l’intégration des nouveaux arrivants au sein de l’espace rural, Jean-Pierre Deshayes constate en tant qu’agriculteur : « il y a parfois des problèmes. A 90 % on solutionne mais il peut y avoir des abus, et des deux côtés ». En cause notamment, la méconnaissance du fonctionnement de l’exploitation agricole par certains néo-ruraux, ou les mauvaises pratiques de certains agriculteurs. Le bilan reste néanmoins positif, comme l’illustre la situation de Julie et Stéphane Lehembre : « ici on est super bien, on est dans une sorte de cocon. Les désagréments liés à l’agriculture représentent à peine un millième de ce qu’on vit à Paris ». Le lien social existant entre les habitants est aussi apprécié.

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