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Orne
Coup de pouce pour l’AOP bœuf de Normandie

Les candidats pour l’obtention de l’AOP du bœuf de Normandie se concertent avant la reconnaissance du dépôt de dossier et prennent note des conseils de leurs partenaires. L’obtention du prêt Créavenir du Crédit Mutuel d’un montant de 16 000 € doit aider à faire aboutir le projet.

Le Crédit mutuel de Normandie s’est également associé au projet en attribuant son prix “Créavenir”, d’une valeur de 16 000 €. Un apport essentiel afin de commander des études précises concernant le bœuf de Normandie. (HB)
Le Crédit mutuel de Normandie s’est également associé au projet en attribuant son prix “Créavenir”, d’une valeur de 16 000 €. Un apport essentiel afin de commander des études précises concernant le bœuf de Normandie. (HB)
© HB
Créer une AOP est un chemin semé d’embûches. Un constat partagé par les représentants du bœuf de Normandie qui souhaitent obtenir le précieux sésame. “Notre objectif est de déposer un dossier pour 2012. Nous devons obtenir la reconnaissance de notre demande auprès de l’INAO. Cependant, nous n’avons pas de visibilité sur la date de l’obtention définitive de l’AOP”, explique président de l’ODG, Franck Guesdon. Des travaux d’envergure ont été entrepris par la filière du bœuf de Normandie en 2011 pour favoriser la reconnaissance du dossier. La consolidation du partenariat avec l’ADEMA (Animation, Développement, Engagment, Maine Anjou), la création de l’ODG et du site internet de planification de vente des bovins ainsi que la collaboration avec les AOP laitières de Normandie en sont les clés de voûte. Le Crédit Mutuel de Normandie s’est également associé au projet en attribuant son prix “Créavenir”, d’une valeur de 16 000 €. “Une partie des excédents de la banque est reversé en faveur des actions sociales d’emploi de valorisation du territoire. Nous avons eu raison d’accompagner la filière du bœuf Normand et nous saluons leur initiative”, estime Jean-Claude Bechepois, chargé d’affaires territoire au Crédit Mutuel.

Etablir des caractéristiques précises
“Nous avons besoin d’éléments caractéristiques précis du produit afin de le valoriser et de le dissocier de la concurrence. Le persillé de la viande est un atout essentiel du bœuf de Normandie ainsi que le gras, et la tendreté. Nous avons entrepris des études afin de déterminer les spécificités d’élevage”, assure Julien Ligneau, responsable du projet AOP à l’ODG. D’après des études, le climat favorable à la pousse de l’herbe ainsi que les espèces prairiales semblent jouer un rôle déterminant. Une faible densité floristique (environ 12 espèces) est observée. La présence d’agrostides (favorable à l’engraissement) et de légumineuses (10 %) est identifiée dans les parcelles. “De plus, notre cahier des charges bannit l’ensilage de maïs lors de la phase d’engraissement (environ trois mois avant l’abattage) ainsi que l’utilisation d’OGM. Les animaux sont nourris à l’ensilage d’herbe enrubanné, au foin et au concentré (avec des doses jugées raisonnables)”.

Entrer dans une logique de filière
La distribution pose un problème de taille pour les éleveurs. “Envoyer des animaux en hiver est moins facile. Cependant, avec l’outil prévisionnel, nous pouvons nous organiser. De plus, il faut que nos éleveurs restent fidèles aux spécificités d’élevage”, affirme Franck Guesdon Des propos appuyés par Patrick Mercier, président de l’AOP des camemberts, associée au bœuf de Normandie, “Nous sommes confrontés au même phénomène. Certains éleveurs se dirigent vers le conventionnel quand les prix sont attractifs. Or, nous devons entrer dans une logique de filière sur toute la chaîne, sortir de la logique de volatilité des prix. Chacun doit tenir sa parole et fuir l’opportunisme de court terme”.
Un comportement qui pourrait plaire aux distributeurs qui se plaignent de la variation des volumes. Guillaume Lejal, directeur de l’ADEMA, certifie cette volonté des distributeurs, notamment des GMS.
Il ajoute “aujourd’hui, nous sommes prêts à contractualiser avec le premier qui souhaite acheter la viande. Les GMS travaillent avec de la viande de qualité, l’erreur serait de dénigrer ce débouché et d’opposer les filières”.
GAEC de la Botte Jonc
Jérôme et Vincent Crouillebois, installés à Torchamp (61), sont éleveurs de bœufs de Normandie. “Nous avons des parcelles éloignées du siège de l’exploitation ainsi que des terres pentues et des rivières. Nos surfaces ont conditionnés notre système d’exploitation”, signifie Vincent Crouillebois. Et d’enchérir “beaucoup d’exploitations historiques se trouvent dans cette situation dans la région. L’élevage du bœuf de Normandie permet d’exploiter cette spécificité sans augmenter considérablement la charge de travail. Ainsi, nous  pourrions mieux valoriser nos terres. Nous devons nous mobiliser dès maintenant”.
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