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Courants parasites : ils perturbent la traite

Patrick Broc enregistrait depuis quelques années des taux de cellules élevés. L’éleveur suppose que des courants vagabonds parasitent sa salle de traite en décembre 2016. Patrick Broc appelle alors le technicien spécialisé du Groupement de défense sanitaire (GDS) de l’Orne.

© JP

« Je ne comprenais pas pourquoi mon taux de cellules au tank faisait les montagnes russes. » Patrick Broc élève une quarantaine de vaches laitières à Canapville. Dès 2014, il relève des taux cellulaires très élevés, en fin comme en début de lactation. « Avant, je ne dépassais pas les 300 000 cellules en fin de lactation. » En décembre 2016, il atteint 400 000 cellules.
Il observe, dans le laps de temps, une nervosité des vaches dans la salle de traite. « Les laitières reniflaient par terre, elles s’écartaient de l’entrée de la salle de traite et regardaient les glissières de sécurité. Certaines tapaient au trempage. » L’éleveur en discute avec son contrôleur laitier. Le problème pourrait venir de courants parasites. « Les cellules sont des signes d’infections, qui augmentent avec le stress. » En décembre 2016, Patrick Broc contacte le Groupement de défense sanitaire (GDS) du département. Une première visite est réalisée.

De la terre aux trayons
La salle de traite constitue un milieu humide qui cumule les appareils émetteurs d’électricité : tank, pompe à vide, pompe à lait, machine à laver, chauffe-eau, pompe de lavage. Le lieu comprend aussi de nombreux éléments conducteurs : « le courant s’évacue par le chemin le plus facile et le plus court. Si la prise de terre est de mauvaise qualité, il y a des fuites. C’est ce qu’on appelle le courant parasite. Dans ce cas, l’électricité se promène par le lactoduc, peuvent passer par la chambre de réception en inox et peut remonter jusqu’aux trayons », expose Dominique Lamour, technicien spécialisé courants parasites au
GDS 61. Joffrey Hareau travaille en binôme avec lui sur le sujet.

Diagnostic et préconisations
Si les bottes en caoutchouc isolent l’éleveur, les bovins ressentent les courants parasites, ou vagabonds. « L’homme a une résistance au courant de 5 000 ohms, contre 400 chez les bovins. Les vaches sont les animaux de production les plus sensibles aux courants », expose Dominique Lamour. Le spécialiste réalise un diagnostic des installations. « La première chose consiste à comprendre d’où vient le courant. » Il mesure les tensions, vérifie la qualité des prises de terre, les disjoncteurs et les continuités des masses métalliques comme le pont-levis. « EDF demande 50 ohms de résistance à la terre pour une maison. En élevage, nous devons trouver une valeur inférieure à 18 ohms. Nous sommes restés deux heures sur place. » Dominique Lamour en tire un compte rendu recensant une soixantaine de points, jugés satisfaisants ou non satisfaisants. Des recommandations sont établies.

Retour à la normale
« J’ai tout appliqué. J’ai appelé un terrassier, nous avons creusé une tranchée, refait la prise de terre et déplacé la clôture électrique. Cela m’a pris une journée de travail », raconte Patrick Broc. L’éleveur a également nettoyé les lices et vérifié les connecteurs des lactoducs. « Les vaches circulent normalement et ne tapent plus », constate-t-il. Dominique Lamour et Joffrey Hareau sont revenus à l’exploitation pour une visite de contrôle. « L’oxydation, due à la présence d’ammoniac, dégrade les connecteurs. En un an, ils peuvent être détériorés et être vecteurs de courants parasites », insiste Dominique Lamour. À surveiller.

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