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Creully : un nouveau siège d’avenir

La coopérative de Creully a inauguré son nouveau siège social ainsi que sa plate-forme agrofourniture de 3 500 m2 samedi dernier. Un investissement de plus de 2 M€ destiné à pérenniser le développement de l’outil .

llll On peut avoir plus de 3/4 de siècle et se projeter à 30 ans. C’est la démonstration que fait la coopérative de Creully avec l’inauguration, samedi dernier, de son nouveau siège social accolé à sa plateforme agrofourniture. Prochain rendez-vous le 18 juin : elle soufflera les 80 bougies de son  gâteau d’anniversaire.

Pour aujourd’hui, demain et après-demain
Clin d’œil de l’histoire et du calendrier, c’est au lendemain d’une crise (1936) qu’est née la coopérative de Creully. 80 ans plus tard, c’est en plein cœur d’une crise agricole multiproductions qu’elle inaugure son nouvel outil. «Une décision qui a été prise en 2013, a tenu à rappeler Stéphane Carel, son directeur. Il s’agit de répondre aux besoins de nos adhérents et de structurer notre organisation administrative avec pour objectif d’être présent aujourd’hui, demain et après demain..., pour les 30 prochaines années».

Se donner les moyens de l’indépendance
Malgré la crise, la confiance reste donc de mise et cet investissement de 2M€ «ne doit pas nous affaiblir mais au contraire nous faire grandir», ont insisté les dirigeants. Dans son discours inaugural, le président Yves Julien a rebondi en réaffirmant les fondamentaux comme «la volonté d’indépendance de la coopérative qui représente 30 % de l’activité agricole départementale. Mais, pour cela, il faut s’en donner les moyens». Des moyens qu’ont pu toucher du doigt les très nombreux adhérents qui participaient à l’inauguration officielle. «C’est un très bel outil, pas du tout tape-à-l’œil et qui me semble très fonctionnel. L’ancien siège datait des années 1950, il a fait son temps et il faut penser aux générations futures», commentait l’un d’eux à l’issue d’une visite en famille.
Un moment festif donc mais avec, en filigrane, les difficultés du moment. Yves Julien n’a pas botté en touche. Il s’est même lancé sur le terrain syndical. «L’essentiel de la crise réside dans les distorsions de concurrence. Prenez l’exemple du plan Ecophyto. Plutôt qu’une politique punitive, nous avons besoin de plus de science, plus d’intelligence et plus de pragmatisme dans l’approche». Avant de conclure : «malgré la crise, la coopérative continue d’avancer en étant au plus proche de ses adhérents en difficultés. C’est une dimension humaine à laquelle nous tenons».

Yves Julien : faire du lobbying au bon endroit

>> C’est un sacré pari que d’investir dans une telle conjoncture ?
C’est une décision que nous avons prise avant la crise agricole. Crise agricole qui est aujourd’hui bien présente et durant laquelle nous, coopérative de Creully, accompagnons au mieux nos adhérents. Néanmoins, nous ne pouvons pas nous permettre de stagner, de ne pas nous développer... Ce serait extrêmement dangereux pour l’avenir de notre outil coopératif.

>> La crise, qui concernait au départ le monde de l’élevage, semble rattrapper le secteur végétal. Vous avez une explication ? 
Toutes les productions sont désormais quasiment impactées. L’essentiel de cette crise agricole, pour moi, s’explique essentiellement par une distorsion de concurrence. Les producteurs français ne sont pas à parité avec leurs homologues européens. Certaines molécules, interdites d’utilisation en France, ne le sont pas ailleurs. Je demande donc aux Ecologistes de faire pression, d’exercer leur lobbying auprès de la commission européenne et pas aux portes du ministère de l’Environnement. Ça doit être plus difficile, mais cela me paraitrait plus juste.

>> A quand le bout du tunnel ? 
On espère être au creux de la vague mais on ne voit pas d’embellie ni le paysage s’éclaircir. Nous évoluons dans un marché mondialisé où quelques pour cent de production en plus peuvent faire chuter les prix de 20 %. Parallèlement et pour faire suite à mes propos précédents, sur ce marché mondial, on voit des producteurs de maïs américains ou ukrainiens qui utilisent de l’atrazine alors que c’est fini chez nous depuis 15 ans. Sur ce sujet, c’est aux politiques d’assumer leurs responsabilités.

llll En quelques dates
1936 : ouverture du 1er dépôt à Saint-Vigor, 400 T en location. 1958 : première fosse vrac à Creully et installation de bureaux. 1965 : création d’un dépôt de 2 400 T à Norrey et installation d’un séchoir. 1972 : adhésion pour la création de la SICA Portuaire avec les autres collecteurs de la région (export céréales). 1980 : mise en place du système informatique sur IBM 32. 1982 : création du dépôt de Nonant, capacité 1 500 T (implantation sur le Bessin). 1987 : construction du dépôt d’Anisy,  capacité 10 000 T. 1990 : ouverture du dépôt de Creully Tierceville, capacité 20 000 T. 1990 : création du dépôt de Tour en Bessin. 1992 : création du dépôt de Vieux. 1999 : investissement dans le silo de Bretteville (33 000 T). 2000 : création de l’activité pommes de terre. 2002 : reprise des Ets Pottier à Sept Vents et installation d’un point de collecte. 2007 : investissement dans un silo dédié au colza à Bretteville, capacité 10 000 T et démarrage de l’activité de trituration Caliters. 2010 : achat d’un trieur optique pour les féveroles, site d’Anisy (spécialisation en féveroles humaines). 29 novembre 2011 : lancement du site internet www.coopcreully.com. 1er janvier 2013 : achat des ETS Née. 26 juin 2014 : inauguration du silo de Sept Vents.

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