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Crise agricole : “il va y avoir des morts”

Ils étaient plus de 70 jeunes à s’être mobilisés devant la préfecture lundi matin pour crier leur colère face aux difficultés rencontrées sur les exploitations. Ils voulaient rencontrer les parlementaires pour leur demander des engagements mais “nous sommes restés sur notre faim” déplore Jean-Hugues Lorault, président des JA 50.

Depuis un an, les Jeunes agriculteurs sont montés au créneau pour dénoncer les difficultés de la profession. Ils voulaient rencontrer les parlementaires pour exprimer une nouvelle fois leur détresse et décrocher des engagements. “Dans trois trimestres, on nous annonce un prix qui ne sera pas tenable. En Italie, ou en Allemagne, ils ont les politiques avec eux. Sans vous, nous n’y arriverons pas” lance Jean-Hugues Lorault, président des JA, attendant de leur part “un engagement”. Il n’a pas été le seul à s’exprimer. Ce fut le cas de Romaric Anquetil, responsable de la section lait ou encore Antoine Maquerel, responsable de la section porc, et des adhérents expliquant concrètement leur situation.

Les engagements non tenus
Les producteurs de lait attendent que les entreprises laitières leur reversent le bénéfice des négociations de juillet auprès des GMS, versé aux transformateurs pendant l’été. “C’est une enveloppe de 200 millions d’euros soit l’équivalent de 8 €/1 000 l qui restent dans la poche de la transformation”, dénonce le représentant syndical, auxquels s’ajoutent les 12 €/1 000 l de 2014. Chez les éleveurs porcins, le prix actuellement est descendu à 1,067 €/kg “alors que le ministre annonçait cet été un engagement des opérateurs à 1,40 €”,rappelle Antoine Maquerel.

L’Etat doit être arbitre
Aux yeux des JA, la sortie de crise est possible si et seulement si
l’Etat prend ses responsabilités. “Il faut qu’il devienne l’arbitre afin d’obliger les entreprises à respecter un prix rémunérateur comme négocié lors des tables rondes et à engager un travail sur la restructuration des filières. Il faut
pouvoir retrouver de la valeur ajoutée” martèle Jean-Hugues Lorault. Sinon, les messages de détresse se feront à nouveau crier comme cet agriculteur installé dans la région de Percy, arrivant tout juste à se dégager un salaire de 400 €. “Et je dis quoi à ma fille de 6 mois”, lâche-t-il.
Le désarroi se faisait pleinement sentir face à la préfecture de la Manche. L’ensemble des parlementaires avait fait le déplacement montrant ainsi “qu’on est à votre écoute” comme le souligne le député Philippe Gosselin. “On fait remonter vos difficultés”, assure-t-il.

2016 une année encore difficile
Après 90 minutes d’échanges, Jean-Hugues Lorault avoue
“rester sur notre faim”, déplore-t-il. “On attend toujours plus de réponses” ajoute-t-il relevant l’esprit gentilé de l’action de ce lundi 21 décembre. “C’est assez exceptionnel. Mais c’est la dernière fois. L’année 2016 s’annonce difficile. Dès janvier, des actions auront lieu dans les cantons qui ont envie de se mobiliser pour continuer à se faire entendre”.
L’année dernière, les JA avaient terminé 2014 en action. C’est le cas encore en 2015. “Pas question qu’on nous prenne pour des dindons. Il faut faire en sorte que les producteurs retrouvent un prix. Et sur le long terme, nous souhaitons pouvoir se mettre autour de la table avec vous les parlementaires pour écrire des lois afin que les producteurs aient des organisations fortes. C’est à
l’Etat de donner les règles du jeu. Cela va de l’intérêt des jeunes, et de l’ensemble de la profession” conclut le président des JA, annonçant qu’il passera la main au printemps. “Mais ne vous inquiétez pas, la relève est là, et elle saura ne pas se faire oublier”. Le message est entendu par les parlementaires. Et si, comme l’a demandé Philippe Gosselin, le ministre Stéphane Le Foll se déplace, c’est avec des engagements que les JA veulent le recevoir et non des paroles.

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