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Daniel Epron, Président du Crédit Agricole Normandie
Crise laitière : des réponses au cas par cas en complément de mesures nationales

En réponse à la crise laitière et en complément de mesures nationales, le Crédit Agricole Normandie propose des solutions au cas par cas. “Techniquement, tout sera prêt en début de semaine prochaine”, affirme son président, Daniel Epron.

Partout en France, le Groupe Crédit Agricole a constaté de réelles difficultés de trésoreries. Les dépôts à vue et les comptes à terme sont vidés pour être réinjectés dans l’exploitation.
Partout en France, le Groupe Crédit Agricole a constaté de réelles difficultés de trésoreries. Les dépôts à vue et les comptes à terme sont vidés pour être réinjectés dans l’exploitation.
© TG

On parle beaucoup des trésoreries des éleveurs laitiers qui sont dans le rouge. Disposez-vous de chiffres précis ?
Il faut rappeler en préalable que l’année 2008 avait été bonne pour la filière laitière. Les chiffres 2009 contrastent d’autant plus. Partout en France, le Groupe Crédit Agricole a constaté de réelles difficultés de trésoreries. Les dépôts à vue et les comptes à terme sont vidés pour être réinjectés dans l’exploitation. Voilà pourquoi notre Caisse régionale a décidé de mettre à la disposition de nos clients 22 millions d’euros de financements de trésorerie supplémentaires.

Vous avez été interpellé par les organisations syndicales pour venir en aide aux laitiers, qu’a fait ou que va faire le CA Normandie de façon concrète ?
Les interpellations me semblent naturelles compte tenu du partenariat historique, séculaire, qui nous unit au secteur agricole. Mais nous ne les avons pas attendues pour nous mettre en ordre de marche. En effet, nos équipes sont sur le terrain depuis plusieurs mois aux côtés de nos clients pour étudier, avec eux, les solutions les mieux adaptées pour les aider à traverser cette crise. Nos conseillers ont rencontré 4000 clients dans la filière lait depuis le mois de mai ! Mais rappelons avant toute chose que cette crise est structurelle. Seules des décisions politiques au plus haut niveau et à l’échelle européenne seront en mesure de réguler ce secteur. Notre rôle est de trouver les mesures conjoncturelles d’accompagnement les mieux adaptées. Dès le mois de mai, un courrier, adressé à toutes les Caisses locales, demandait aux collaborateurs de bien vouloir anticiper sur les dossiers qui présentaient des tensions de trésorerie. Les organisations syndicales étaient en copie de ce courrier. Notre réseau s’est mobilisé et les rendez vous clients consacrés à la gestion de trésorerie ont augmenté de 30%. En juin, nous avons enrichi les outils d’aide à l’analyse pour augmenter encore la rapidité de réaction de nos conseillers et leur permettre d’individualiser au maximum leurs solutions. Nous sommes convaincus que notre rôle consiste à fournir à nos clients des solutions adaptées, du sur-mesure car ce qui convient à l’un ne conviendra pas à l’autre. C’est le rôle de nos experts, notre force sur le terrain et c’est bien ce que nous demandent nos clients. Pendant l’été, nous avons relayé notre action à toutes les organisations syndicales auxquelles nous avons demandé de nous remonter les dossiers qu’elles jugeaient délicats. En septembre, nos conseillers ont suivi de nouvelles formations pour renforcer encore leur expertise.
Le résultat concret de ces actions de terrain est une augmentation de 20% des financements de trésorerie court terme. Voilà pour ce que le Crédit Agricole Normandie a déjà fait. Qu’allons-nous faire de plus aujourd’hui : nous nous préparons à mettre en place des mesures spécifiques de financements à court terme à un taux préférentiels de 3% destinés à accompagner les dossiers les plus sensibles chez les JA et les récents investisseurs. Techniquement, tout sera prêt en début de semaine prochaine. De plus, je tiens à souligner que nous avons décidé de ristourner les frais de dossier.

Une année blanche est réclamée, soutenez-vous cette revendication?
L’année blanche ne peut être qu’une mesure gouvernementale, or elle n’a pas été retenue. Face à cette demande, le groupe Crédit Agricole a décidé la mise en place d’une enveloppe de 200 millions d’euros à 3% réservée aux JA et aux récents investisseurs. La part revenant au Crédit Agricole Normandie sera d’environ 20 millions d’euros. La force conjuguée de cette mesure et des actions que nous mettons spécifiquement en place en Normandie nous permettra d’accompagner environ 2 500 de nos clients.

Deux agences du Crédit Agricole ont été murées par les agriculteurs la semaine dernière dans la Manche, quel est votre commentaire ?
Fort heureusement, cette action a été menée sans violence, sans dégât considérable. Au même titre que l’épandage, elle révèle le profond désespoir de certains. Mais il ne faut pas se tromper de cible. Cette crise laitière provient de la baisse des prix et de l’érosion des marges. Ce n’est pas un problème de financements bancaires. La Basse-Normandie est un bassin laitier et, plus généralement, un territoire agricole fort. Nous croyons en notre région. Notre accompagnement, tant financier qu’humain, est à la mesure de cette conviction.

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