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Bois
Cuber les haies pour bien les valoriser

Le cube des haies est le paramètre indispensable à leur gestion. Il permet de se rendre compte des résultats annuels d’exploitation du bois. C’est aussi la base de calcul de la “possibilité” de récolte annuelle.

Le travail des agriculteurs pour l’entretien et le maintien des haies est incontestable et reconnu.
Le travail des agriculteurs pour l’entretien et le maintien des haies est incontestable et reconnu.
© DR
Le coût des énergies fossiles ne cesse d’augmenter et favorise les énergies renouvelables. L’Europe et la France se sont engagées dans la lutte contre l’effet de serre avec le protocole de Kyoto (1997). En Basse-Normandie, le bois constitue la ressource d’énergie renouvelable dominante. La consommation de bois de chauffage en 2001 était de 9,1 stères par ménage. La principale ressource de bois de chauffage est le bocage avec 95 000 km (1) de haies productives.
Selon l’ADEME, il s’agit d’un véritable gisement d’énergie devenu concurrentiel des énergies fossiles qui “permettrait de chauffer…si les haies étaient bien gérées …plus de 50 000 maisons individuelles”(2).
Le travail des agriculteurs pour l’entretien et le maintien des haies est incontestable et reconnu (3). Cependant, il s’avère qu’une meilleure gestion des haies améliore leur production et engendre des économies(4). Cette amélioration est en cours avec le développement de la production de la plaquette de bois. Il ne s’agit plus d’entretenir les haies et de supporter les coûts mais de les récolter “mécaniquement”. Cependant, il faut le dire, ces changements génèrent des craintes. Le bocage pourrait-il subvenir à une récolte massive et mécanisée du bois et garantir un approvisionnement régulier ?

Les collectivités locales qui “investissent” dans l’achat de plaquettes d’origine locale demandent des garanties de gestion durable
Elles souhaitent développer l’activité économique générée par la production de bois à condition de préserver entre autres les paysages ruraux.
Ce sont les coupes rases massives et la crainte d’une rupture d’approvisionnement qui génèrent des doutes. Généralement, ils viennent de la méconnaissance des haies, en particulier de leur capacité de production et de régénération. De plus, l’absence de gestion formalisée rappelle trop les faiblesses de la filière bois bûche.

La gestion raisonnée des haies donne une vision à moyen terme de la capacité et des conditions financières de la production de bois des haies. Elle permet aussi de rassurer sur le professionnalisme des agriculteurs sur une activité bois peu à peu délaissée
A partir de la mise en place d’une gestion raisonnée, un résultat positif d’exploitation est possible dans les conditions d’une gestion dite “durable”. Les cubages permettent d’évaluer la production globale et de répartir les récoltes de bois sur la “révolution” choisie. A partir de cette base, les recettes annuelles prévisionnelles permettent de dégager les amortissements des investissements et les autres charges d’exploitation. La marge nette est calculée. Des changements d’itinéraires techniques permettent aussi d’envisager le report des coûts “de clôtures, d’élagage et de maintien…” vers l’amélioration de la production des haies et de leurs fonctions environnementales. Ainsi, il est possible de faire un programme de régénération et d’amélioration.  L’ensemble programme annuel de récolte, de régénération et tableau des résultats forme un plan de gestion des haies.

Les producteurs “référents en plan de gestion” initiés en 2007, témoignent de l’intérêt du “suivi de gestion” : le plan de gestion permet de répondre immédiatement à la traçabilité prévue dans le contrat de vente  
Vendre un bois local, identifié issu de l’entretien du paysage, permet de valoriser son bois par un meilleur prix de vente.
Réaliser son cubage et son programme de coupes et travaux constitue la base de la gestion raisonnée. C’est aussi le minimum nécessaire aux études de faisabilité bois énergie. Ensuite, c’est la qualité des interventions et la traçabilité qui vont rassurer sur la capacité de concilier “la valorisation économique” et “la réalisation des fonctions environnementales des haies”.

Du cubage au Plan de gestion en passant par le Guide des bonnes pratiques
- Le guide des bonnes pratiques
Les ASL de boisement de la Manche dont les adhérents sont des agriculteurs ont mis en place “des outils de gestion à l’exemple du guide de bonnes pratiques pour une gestion durable des haies”(5).
Ce document est destiné à accompagner les producteurs de bois dans la façon de récolter les haies. C’est la référence “qualité” des pratiques de gestion. Il souligne par exemple l’importance de conserver les arbres de hauts jets et de recruter des “jeunes balivaux”.
- Le plan de gestion des haies
A la demande du Conseil général de la Manche, avec le concours de la Chambre d’agriculture, la FDCuma, le PNRmcb et l’association Haiecobois, des plans simples en référence de gestion ont été réalisés sur le territoire du “Contrat d’Objectif bois énergie” du centre Manche. Ces plans présentent un double avantage : ils garantissent que les récoltes de bois effectuées ne sont pas supérieures à l’accroissement annuel moyen (aspect durable) et d’autre part, ils prennent en compte la régénération et le rôle des haies (aspect renouvelable).
Les outils d’une gestion rationnelle des haies sont opérationnels. Il est probable qu’ils soient rendus de plus en plus nécessaires par le besoin de bois. La mise en service de grosses et moyennes chaufferies pour les deux prochaines années va accentuer le besoin de bois. Les agriculteurs sont ils prêts à produire ce bois ? Les collectivités rurales qui installent des chaufferies sont prêtes à prendre en compte le coût réel d’exploitation et de distribution de la filière issue des haies. Mais il est aussi vrai qu’avec le développement du marché et la concurrence des déchets de bois de l’industrie, la valeur du bois de haie ne pourra être concurrentiel que si les producteurs apportent des garanties y compris sur la gestion. En effet, le choix des producteurs pour une gestion raisonnée s’avère toujours judicieux au moment de passer des marchés, et positionne clairement la plaquette de bois de haie comme un produit du terroir qu’il faut normaliser et pourquoi pas labelliser.


(1) Estimation sur linéaire corrigé, Chambre d’agiculture de la Manche, hors haies dégradées, à partir de l'Inventaire Forestier National et de l'enquête TERUTI “haies”.
(2) “Défi-Nergie Basse-Normandie” - le guide des aides. ADEME-Conseil régional de Basse-Normandie.
(3) Etude agriculture et paysage Chambre régionale d’agriculture de Normandie 2001.

(4) Le référentiel de production des haies en cours dans les Chambres d’agriculture a montré la nécessité d’introduire un coefficient de continuité. Ce coefficient est en moyenne de 0,7. En améliorant simplement la continuité des haies la production pourrait déjà être augmentée.

(5) Le guide pratique est disponible auprès des ASL de boisement, contacter la Chambre d’agriculture de la Manche au 02 33 06 49 91.
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