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Cultiver sans labourer, économie de temps et d'argent

Implanter ses cultures avec la technique du sans labour rapide, Nicolas Fougères la pratique depuis quelques années avec succès, grâce au matériel acheté par la CUMA de Landelles.

© EC

Installé en 1995 à Saint-Martin-de-Landelles, Nicolas Fougères travaille en EARL avec son épouse. Le couple s'est lancé à l'époque dans la transformation directe de leur quota laitier. A la clé, un cheptel de 140 VL et 100 ha de SAU. Le chargement par UGB est loin d'être neutre, donc les terres doivent être minutieusement réparties entre pâtures et cultures. Grâce à sa CUMA locale, Nicolas Fougères a opté, voici 5 ans pour la technique de semis sans labour (TSL) ; il ne regrette pas son choix, d'autant plus qu'ici le temps est compté. "Nous transformons en crème fraîche et fromage blanc 900 000 litres. Pour la commercialisation, nous avons créé un GIE avec un autre transformateur en vente directe". Une inquiétude, l'après-quota. "Si personne ne nous achète le lait écrémé, nous arrêterons et reprendrons un circuit classique".

Temps de travail divisé par deux
La TSL rapide résulte surtout d'un agrandissement des exploitations et entre avant tout dans le cadre de la simplification du travail. Comme l'indique une étude de l'INRA, "L'intérêt des agriculteurs pour les techniques simplifiées s'est amplifié avec la pression des contraintes économiques. La recherche de techniques de production moins coûteuses et souvent plus rapides est sans doute l'un des arguments les plus forts dans l'adoption des techniques sans labour". Reste que quelques bémols sont à apporter : si l'aptitude des TSL à baisser les coûts de production est unanimement reconnue par l'ensemble de la profession, le résultat final dépend de la façon dont elles sont mises en oeuvre sur l'exploitation. Pour valoriser pleinement les TSL il est souvent nécessaire de repenser le système d'exploitation dans son ensemble : l'organisation du travail, les techniques culturales, les chantiers, l'équipement.
A St-Martin de Landelles, le semoir TSL rapide, lui, n'a pas chômé en début de saison. Le matériel est un classique du genre : déchaumeur à disques à l'avant, tracté par un 150 ch. "Pour moi, il s'agit d'un engin vraiment passe-partout, souligne Nicolas Fougères, cette année, j'ai semé 28 ha de maïs/ensilage et 7 ha de maïs/grain destinés à la vente". Premier constat, le temps de travail. "Il a été divisé par deux". Seul problème, les conditions climatiques. "Outre des conditions d'épandage difficiles, j'ai dû labourer à part certaines parcelles trop détrempées pour la TSL ; dans l'ensemble, j'ai pu toutefois semé dans des conditions optimales". Et avec ce type de semis, tout y passe ou presque : blé, orge, colza ou encore couverts végétaux. "Au départ, rappelle notre éleveur, nous n'étions pas tous convaincus au sein de la CUMA d'avoir un tel outil. Il nous fallait au moins quatre membres pour s'engager dans la démarche afin que cela soit rentable". Notre homme a donc fait partie de ces pionniers. Aujourd'hui, la CUMA possède deux semoirs en TSL. "L'ensemble des adhérents sème 600 ha. L'un d'eux s'occupe de l'entretien". Au niveau des coûts : 10 EUR/ha, hors semences et 3 ha à l'heure. La consommation de carburant s'élève à 16 l/heure. "Le travail s'effectue assez rapidement, à 14-15 km/h".
Nicolas Fougères a tout de même essuyé quelques plâtres au départ. "La première année, j'ai recassé 2 ha de blé trop clairsemé. Pas de doute, la TSL semis demande un réglage précis du matériel et un minimum d'expérience". L'outil, lui, coûte environ 35 000 EUR. "Autant dire qu'il n'est pas intéressant pour un éleveur d'acheter ce matériel en individuel. Par contre, il faut un minimum de puissance (150 chevaux) pour tracter l'outil. Globalement, la TSL rapide doit faire l'objet d'une réflexion de chaque exploitant, en sachant qu'à la clé il y a économie de temps et d'argent, sous réserve d'être en CUMA".

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